La certification : un label de qualité des sites santé sur Internet

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Selon l'enquête de l'Inserm « Qui sont les internautes en quête d'informations en santé ? », 30% des utilisateurs du web en France ont déjà cherché des informations concernant la santé sur Internet. Les médecins et les professionnels de santé s'informent également via Internet pour rechercher des documents de référence, accéder à des banques de données, approfondir des connaissances... Deux sites Internet santé ou disposant d'un espace d'information dédié à l'information santé figurent parmi les vingt cinq sites les plus visités en France. C'est dans ce contexte de recours croissant à l'Internet santé que le législateur français a confié à la Haute Autorité de Santé (HAS) la mission d'établir une procédure de certification des sites Internet santé. La HAS a choisi la fondation « Health On the Net » (HON) pour mettre en oeuvre la certification des sites Internet santé en France.

« La certification des sites informatiques dédiés à la santé par la fondation Health On The Net (HON) en partenariat avec la Haute Autorité de santé (HAS) »

HON : L’organisme qui certifiera tous les sites français de santé

Dans le cadre de la loi française du 13 août 2004, relative à l’assurance maladie et répondant aux recommandations européennes du eEurope 2002, la Haute autorité de santé (HAS) a reçu pour mission de déterminer les règles de bonnes pratiques devant être respectées par les sites français d’information de santé.

Au vue de la notoriété internationale de la Fondation « Health On the Net » et de sa longue expertise dans la certification des sites de santé, la HAS a choisi la fondation HON pour mettre en oeuvre cette certification en France. HON a été accrédité par la HAS et devient ainsi la structure qui certifiera tous les sites français de santé selon les huit principes du HONcode dans le cadre de la loi française sus mentionnée.

Qu’est ce que la fondation « Health On the Net » ?

Créée en 1995, la Fondation « Health On the Net » (La Santé sur Internet) est une organisation non gouvernementale, sans but lucratif, accréditée par le conseil économique et social des Nations Unies. HON a une activité de certification des sites santé depuis 1996. Sa renommée est internationale, elle est présente dans 72 pays dont la France. Environ 5700 sites sont certifiés HON dont plus de 300 sites français.

Les enjeux de la démarche de certification :

  • Sensibiliser les éditeurs de sites, installés sur le territoire français, en les mobilisant autour de la démarche de certification de leur site.
  • Aider les internautes à identifier les sites de qualité.
  • Informer les professionnels de santé de l’existence de cette démarche de certification pour les aider à orienter leurs patients et à échanger avec eux autour de l’information recueillie.

Le choix de HON par la HAS s’explique pour trois raisons : la gratuité de la démarche pour l’éditeur, la simplicité de la procédure et la volonté de privilégier la visibilité d’un label international déjà existant ayant une notoriété importante.

La certification HONcode repose sur le respect des 8 critères de qualité du HONcode :

  1. Autorité : Indiquer la qualification des rédacteurs
  2. Complémentarité : Complémenter et non remplacer la relation patient-médecin
  3. Confidentialité : Préserver la confidentialité des informations personnelles soumises par les visiteurs du site
  4. Attribution : Citer la/les source(s) des informations publiées et dater les pages de santé
  5. Justification : Justifier toute affirmation sur les bienfaits ou les inconvénients de produits ou traitements
  6. Professionnalisme : Rendre l’information la plus accessible possible, identifier le webmestre, et fournir une adresse de contact
  7. Transparence du financement : Présenter les sources de financement
  8. Honnêteté dans la publicité et la politique éditoriale : Séparer la politique publicitaire de la politique éditoriale

Le respect de ces principes doit concourir à améliorer la qualité des sites Internet santé. Le contrôle de HON ne porte pas sur le contenu même de l’information : « La HAS n’a pas une mission de police. S’agissant du contenu, nous voyons bien que nous franchissons une étape dans la limite de la normalisation de l’information (...) Nous ne sommes pas dans une logique de labellisation de l’information officielle mais dans une démarche favorisant la lecture critique », a souligné Etienne Caniard, membre de la Haute Autorité de Santé.

La démarche de certification s’applique aux sites Internet santé (ou espaces d’information dédiés à la santé d’un site), y compris les forums de discussion traitant de questions de santé. La certification répond à une démarche volontaire de la part de l’éditeur de site. La procédure est gratuite pour ce dernier.

La France est le premier pays a avoir pris l’initiative de standardiser la qualité de l’information de santé disponible en ligne. Le citoyen français disposera ainsi d’un ensemble de sites dignes de confiance et il pourra donc rechercher de l’information dans cet espace en toute assurance.

Consultez ici les documents d’information et d’accompagnement de la certification des sites Internet santé réalisés par la HAS

« La collaboration entre HON et HAS démontre le besoin d’avoir de l’information fiable et de qualité, et ainsi la nécessité d’organismes de standardisation telle que la fondation HON » ajoute le Président de la Fondation, le Professeur Antoine Geissbühler.

Des actions de communication spécifiques auprès du grand public seront lancées courant 2008 par la HAS qui publiera également, à partir de mars 2008, la liste des sites français bénéficiant du label HON, mise à jour tous les trois mois.

Rappelons que le site « Toute la diététique ! » est certifié HonCode depuis le 2 novembre 2007

Qui sont les internautes en quête d’informations en santé ?

En janvier 2007, l’équipe de recherche DS3 (Déterminants sociaux de la santé et du recours aux soins) de l’Inserm lançait une grande enquête sur Internet (*) pour identifier et mieux connaître les internautes cherchant des informations relatives à la santé. En 2005, entre 54 et 77% des internautes avaient déjà fait ce type de recherche en Europe. En France, les premières estimations de l’Insee montrent que 30% des utilisateurs du web ont déjà cherché des informations concernant la santé sur Internet. Qui sont ces « internautes santé » ? Que cherchent ils ? Voici les conclusions de l’étude :

« L’internaute santé » est une femme... ou un professionnel de santé

Selon les résultats de l’enquête menée par l’Inserm auprès de 4500 personnes, si l’on exclut les professionnels de santé, l’internaute « santé » est une femme, d’âge moyen (50% ont entre 29 et 53 ans), avec un niveau d’étude élevé, en activité, vivant en couple, ayant une grande expérience de l’Internet et confrontée à un problème de santé (personnel ou dans son entourage proche). Globalement, ces internautes se sentent plus concernés par les questions de santé que la plupart des gens.

Premier constat, les recherches qu’ils effectuent sont conduites dans 80% des cas pour eux même ou pour un proche. Les personnes ont recours à Internet en premier lieu pour mieux comprendre les informations données par les médecins ou pour trouver d’autres informations que celles qu’ils leur ont fournies.

Les thématiques de recherche varient avec l’âge. Ainsi, si les plus jeunes sont nombreux à s’informer sur les démarches liées au système de protection sociale ou aux centres de soins, l’actualité médicale est beaucoup plus suivie par les personnes plus âgées. Une différence notoire est également observée pour les recherches portant sur les médecines douces et alternatives : près de deux fois plus de recherches sont faites par les femmes sur ce sujet. Les médecins et pharmaciens sont les professionnels de santé qui s’informent le plus via Internet. Leurs recherches concernent diversement l’actualité médicale, les maladies, les symptômes ou les traitements et les associations de malades.

Des utilisateurs d’Internet peu vigilants sur leurs sources

Malgré une augmentation et une multiplication constante des sources d’information sur Internet (sites, blogs, forum de discussion etc), à peine plus de 40% des internautes déclarent vérifier l’origine des informations qu’ils obtiennent. Pour les chercheurs de l’Inserm, il apparaît donc primordial d’offrir aux internautes des sites dédiés à la santé de confiance et de grande qualité.

Dans le même temps, il semblerait nécessaire aussi de développer et poursuivre les actions de formation à l’utilisation d’Internet pour rechercher des informations, d’autant plus lorsqu’il s’agit de questions liées à la santé. « Les médias d’information « classiques » comme la radio, la télévision ou la presse apparaissent comme de bonsvecteurs pour diffuser des informations liées à la santé et conseiller des sites fiables et reconnus par les professionnels » ajoute Emilie Renahy allocataire de recherche, qui réalise cette étude dans l’équipe DS3.

Enfin quel que soit le thème ou le bénéficiaire de l’information, plus de 3/4 des requêtes se font via un moteur de recherche.

L’utilisation d’Internet ne remplace pas la consultation médicale

Dans la majorité des cas, l’utilisation d’Internet comme source d’information en santé ne semble pas modifier les autres comportements de recherche d’information (information par d’autres sources telles que la presse, la télévision, le personnel soignant...).

Une grande majorité des personnes interrogées (84%) affirme que cela n’a pas modifié leurs comportements de recours aux soins et consultent leur médecin à la même fréquence. En revanche, les internautes « santé » sont souvent insatisfaits de leur relation avec les médecins, dont ils attendent beaucoup en terme de communication notamment. Entre la moitié et les 3/4 d’entre eux souhaiteraient notamment que les médecins les écoutent davantage et leur donnent plus d’explications sur leur état de santé ou sur les traitements existants.

D’autres travaux restent à conduire pour établir des estimations plus précises de l’ampleur de ces comportements en population générale. Mais, l’étude permet d’ores et déjà de dégager des points importants pour mieux comprendre l’impact d’Internet sur les relations entre patients et médecins, sur la façon de se soigner ou de percevoir le système de soins de manière plus générale.

(*) Pour en savoir plus, les résultats complets de l’enquête sont disponibles.

Communiqués de presse INSERM - 27 novembre 2007

(APM International, 28 novembre 2007 - Communiqué HAS, 27 et 30 novembre 2007 - Communiqué HON, 30 novembre)

Source : Alexandre Glouchkoff, Diététicien - Nutritionniste

SOURCE : Toute la diététique !

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