La baisse des prix du lait confisquée tantôt par les industriels, tantôt par les distributeurs, ne profite pas aux consommateurs

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A l'occasion de la présentation de l'enquête de la DGCCRF sur les marges de la filière laitière, l'UFC-Que Choisir alerte les pouvoirs publics sur l'absence de baisse significative du prix du lait de consommation, et somme les fabricants et les distributeurs de répercuter aux consommateurs la chute du prix de la matière première.

« La baisse des prix du lait confisquée tantôt par les industriels, tantôt par les distributeurs, ne profite pas aux consommateurs » La hausse du prix du lait payé aux éleveurs survenue en 2007-2008 a été immédiatement répercutée sur les prix en rayon de tous les produits laitiers, notamment pour la brique de lait qui a alors augmenté de +15 % (prix du lait demi-écrémé). Depuis, le prix du lait matière première s’est effondré et a perdu près de la moitié de sa valeur. Mais, alors que pour la plupart des produits laitiers, cette baisse a été plus ou moins bien répercutée aux consommateurs (-12% pour le yaourt nature, -9 % pour le beurre, -6 % pour le camembert, etc ...), pour le lait de consommation, le prix n’a baissé que de 2 %, alors qu’en toute logique, il aurait pu baisser de 20 % !

Sachant que le prix du lait agricole, qui représente l’essentiel du coût de revient [1], coûte désormais moins cher qu’avant la hausse de 2007-2008, il est clair que s’opère actuellement une confiscation inadmissible de cette baisse de prix aux dépends des consommateurs.

En fonction du type de produit, ce sont tantôt les industriels, tantôt les distributeurs qui accaparent cette marge. Dans le cas des marques nationales, les indices de l’Insee démontrent que ce sont les fabricants qui ont maintenu leurs prix à un niveau élevé. Le caractère très concentré du secteur, où deux industriels –Lactalis et Sodiaal- accaparent 75 % du marché, a surement favorisé cette politique tarifaire préjudiciable aux consommateurs.

A l’inverse, dans le cas du lait à marque de distributeur (MDD), le prix sortie d’usine ayant baissé de 10% depuis décembre, c’est la distribution qui n’aurait pas répercuté la baisse de prix aux consommateurs [2].

Ce phénomène n’est pas nouveau : déjà entre 2002 et 2007, alors que le prix du lait matière première baissait de 15 %, aucune baisse n’avait alors été consentie aux consommateurs. Selon le même mécanisme, la baisse du prix du lait n’avait été répercutée ni par les fabricants pour leurs marques nationales, ni par la distribution pour les MDD.

L’UFC-Que Choisir refuse que se répète cet " effet cliquet " qui pendant 5 années consécutives a privé les consommateurs de baisse de prix sur le lait, et demande aussi bien aux industriels, qu’aux distributeurs de baisser sans délai le prix de la brique de lait en rayon.

Références :

  1. La part du lait matière première dans le prix de la brique de lait ‘sortie usine’ représente 60 % pour les marques nationale et 74% pour les MDD - Source Association de la Transformation Laitière Française.
  2. L’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (Insee) publie des indices de prix " sortie usine " distincts pour les marques nationales, les marques de distributeurs (MDD) et les premiers prix. En revanche, l’Insee ne publie qu’un seul indice de prix à la consommation qui est une moyenne pondérée des prix relevés en rayon pour les marques nationales, les MDD et les premiers prix. Mis à part cette réserve méthodologique qui concerne la part de responsabilité de la distribution, les indices de l’Insee démontrent sans ambiguïté que la baisse du coût de la matière première n’a toujours pas été répercutée dans le prix aux consommateurs.

SOURCE : UFC-Que Choisir

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