L'union sacrée autour du grand combat pro-nutrition...

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Tous ensemble, tous ensemble, tous ! C’est comme un doux rêve. Tout le monde s’y colle : distributeurs, industriels, villes, collectivités, administrations s’engagent dans le combat pour le « mieux manger ». L’avènement de l’assiette militante ?

« L'union sacrée autour du grand combat pro-nutrition... » Il ne viendrait désormais plus à l’idée d’un responsable politique de faire l’impasse sur le chapitre Ecologie dans ses discours ou son programme. De même, plus une seule grande entreprise ne se permettrait aujourd’hui de diffuser un rapport annuel d’activité sans lui adjoindre son supplément dûment estampillé « Développement durable ». La certitude que le combat en faveur de la nutrition a rejoint le camp des causes incontournables et politiquement correctes se forge à la vitesse de la lumière. Sous la bannière des Croisés du PNNS, ou en référence à ses saintes écritures, les documents d’information nutritionnelle se multiplient comme des petits pains, les programmes d’action concertée se mijotent dans les cantines. Villes, entreprises, associations de tout poil s’agitent comme si elles avaient reçu leur feuille de route après l’appel à la mobilisation générale.

Avant la plage ou après le réveillon ?

On serait bien mal venu de se plaindre de la soudaine passion que la nutrition provoque dans notre pays. Durant des années et des années, les seules rares occasions qui s’offraient à la sensibilisation aux bases nutritionnelles étaient impitoyablement et immédiatement balayées par les indéracinables régimes anti-bourrelets d’avant plage ou les sempiternels conseils anti-gueule de bois d’après réveillon. Avouons que, même si le chapitre Vénus en maillot n’est pas clos, il a été complété par une véritable approche de santé, une politique nutritionnelle au sens propre.

En réalité, on croule sous les initiatives. Depuis deux ans, la Ministre de la Santé a signé en grandes pompes des « engagements nutritionnels » avec des villes, les plus grands groupes industriels de l’agroalimentaire et les principaux acteurs de la grande distribution.

Les acteurs économiques aux fourneaux

Que les villes se jettent dans le grand bain nutritionnel est une excellente démonstration de l’implication citoyenne que nécessite le traitement des grandes causes de santé publique. Que les entreprises de l’agroalimentaire et de la distribution décident, non pas de leur emboîter le pas mais quasiment de leur damer le pion est plus surprenant. Car ces géants de l’économie ont, non seulement accepté avec humilité de décorer tous leurs outils publicitaires avec des avertissements sanitaires au look pas très attrayant, mais de révolutionner véritablement leur approche, leur discours et parfois la composition même de leurs produits dans le secteur alimentaire. Celui-ci s’engage ainsi à ne plus diffuser ses spots télévisés aux heures où l’on sait les enfants seuls devant le petit écran. Celui-là recompose entièrement sa gamme de produits en marque propre, les « grands Satan » de la restauration rapide règlent leur compte aux acides gras trans. Bref, il y a tant d’initiatives que l’on se demande comment les instances un peu solennelles et lourdes chargées d’attribuer le sésame PNNS vont pouvoir répondre à toutes les sollicitations qui leur sont faites.

Engagez-vous, rengagez-vous...

17 entreprises du secteur de l’agroalimentaire ou de la distribution ont à ce jour signé un « engagement nutritionnel » avec le Ministère de la Santé dans le cadre du Plan National Nutrition Santé. Si ces groupes font figure de pionniers, ils font aussi un peu figure de martyres car les contraintes qu’ils s’engagent à respecter sont fortes (voire même excessives). Le label PNNS est sans doute l’un des plus exigeants dans l’univers des marques. A tel point d’ailleurs que bon nombre d’enseignes ont décidé de construire leur propre programme en franc-tireur. On ne s’en offusquera pas : aujourd’hui, pas un acteur du secteur ne peut se permettre d’ignorer les nouvelles normes nutritionnelles, notamment dans les rayons des premiers prix dont la qualité doit impérativement correspondre au niveau d’exigence du marché.

Pour en savoir plus : www.sante.gouv.fr

Cette révolution des palais prouve au moins une chose : si les exigences des consommateurs rejoignent les préoccupations de santé publique, on arrive toujours à trouver des terrains d’entente avec les acteurs économiques. Lorsque la loi de l’offre et de la demande tranche en faveur de l’intérêt commun, il n’y a pas lieu de se plaindre !

(BIENSÛR Santé Magazine n°17)

SOURCE : BIENSÛR Santé

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