L'obésité, une préoccupation de poids en Europe

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L'Europe grossit : pour 27 Etats-membres, elle compte près de 14 millions d'enfants en surpoids, et 3 millions d'obèses. Dans certains pays européens, la moitié des adultes sont déjà trop gros. Avec des conséquences graves : problèmes cardiaques, diabète, ou cancers. L'obésité est un véritable problème de santé publique, qui affecte aussi les enfants et adolescents. Pour y remédier, un rapport qui sera bientôt voté propose des mesures concrètes : éducation, sport et information en font partie.

« Vive les fruits ! » La raison pour laquelle le tour de taille moyen des européens augmente est pourtant simple : nous avons tendance à trop manger, et à peu nous dépenser. Résultat ? Dans certaines parties de l’Union Européenne (UE), jusqu’à 27% des hommes et 38% des femmes sont obèses. Et ce phénomène s’accentue, notamment chez les enfants : le nombre de jeunes en surpoids augmente rapidement, de 400 000 cas par an.

L’obésité entraîne pourtant de graves problèmes de santé, parmi lesquels les maladies cardiaques, le diabète, l’hypertension, les attaques cérébrales ou certains types de cancer. On estime que 7% des dépenses de santé dans l’UE sont liées à à un problème d’obésité.

Le Parlement européen favorable à une Europe plus « légère »

« Promouvoir une alimentation saine et l’activité physique: une dimension européenne pour la prévention des surcharges pondérales, de l’obésité et des maladies chroniques » : tel est l’intitulé d’un rapport qui sera voté pendant la session plénière de février au Parlement, et qui répond aux propositions du même nom de la Commission européenne.

Le rapport de la députée belge Frédérique Ries (Groupe ALDE) recommande des mesures concrètes pour lutter contre l’embonpoint européen :

  • éviter la discrimination et la stigmatisation des obèses en reconnaissant officiellement l’obésité comme maladie chronique ;
  • informer les consommateurs dès l’enfance, et jusqu’à des âges avancés ;
  • s’assurer que tous les enfants aient accès aux activités physiques et au sport à l’école ;
  • fournir suffisamment de moyens aux écoles pour que leurs cantines offrent des produits frais aux enfants ;
  • encourager les médias à donner des conseils au grand public sur la santé par les aliments ;
  • en terminer avec la promotion d’aliments riches en graisses, sucre ou sel à destination des enfants.

« Faible en graisses » ou « riche en calcium » : des promesses sous surveillance

Les questions de santé et de nutrition étaient d’actualité au Parlement l’année dernière déjà : le rapport d’Adriana Poli Bortone (UEN, Italie) renforçait les contrôles sur les « allégations nutritionnelles ». Ce terme renvoie à toutes les indications présentes sur les produits et qui vantent les mérites de leur impact sur la santé ou sur l’équilibre nutritionnel. Ainsi, il a été prouvé que les consommateurs sont plus sensibles aux produits qui indiquent « réduit le cholestérol », « faible teneur en graisses » ou « riche en fibres » que les autres. Mais ces indications sont elles toujours justes ?

Mi-2007, une nouvelle règlementation européenne va entrer en vigueur à ce sujet. Elle aura pour but d’éviter la publicité mensongère, ou qui cache une réalité moins séduisante, avec des produits riches en graisses ou en sucre. Ainsi, toutes les allégations nutritionnelles devront être prouvées scientifiquement, et elles ne seront pas autorisées pour les boissons contenant plus de 1,2% de volume d’alcool. L’Agence Européenne de Sécurité des Aliments, l’EFSA, enregistrera toutes les nouvelles allégations.

L’obésité, priorité européenne

Dès 2005, diverses actions avaient été entreprises pour lutter contre ce phénomène croissant, avec le lancement en particulier d’une grande consultation publique sur le sujet.

La nutrition, l’activité physique et la lutte contre l’obésité sont des priorités clés de la politique européenne de la santé, et en particulier du « programme d’action dans le domaine de la santé publique » (2003-2008).

Vous voulez savoir si vous êtes sujet à l’obésité ? Calculez votre Indice de Masse Corporelle (Poids en kg ÷ (taille en mètres)²). Si le résultat est compris entre 25 et 29, vous êtes en surpoids. Supérieur à 30, on parle alors d’obésité.

SOURCE : Communautés européennes

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