L’obésité, un problème d’ampleur...

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Partout dans le monde l’obésité progresse. Elle est source de maladies, de morts plus précoces. Elle occasionne des coûts considérables. En France comme dans les autres pays, les pouvoirs publics sont en quête de stratégies préventives.

« L’obésité, un problème d’ampleur... » - Crédit photo : © Peter Hince | istockphoto.com En France, 14,5 % des adultes sont obèses et, si rien ne vient ralentir la tendance, ils devraient être 22 % en 2025. Avec comme conséquence une détérioration sensible de leur qualité de vie.

L’obésité est en effet un facteur de risque de nombreuses maladies. L’OMS lui impute près de la moitié des cas de diabète dans le monde, près d’un quart des problèmes cardiovasculaires, plus de 10 % des décès, et d’innombrables années d’invalidité... L’obésité entraîne aussi des phénomènes de stigmatisation. Elle peut retentir sur la profession et le statut social. Sur la vie quotidienne aussi, avec des problèmes de mobilité, voire des difficultés d’accès aux soins...

Le coût économique de l’obésité est par ailleurs inquiétant. A l’échelle mondiale, il est de 15 milliards d’euros, un montant appelé à doubler d’ici 2015. En France, les seuls coûts médicaux liés à l’obésité et aux facteurs de risque associés ont été évalués entre 2,5 et 5 milliards d’euros en 2002.

D’où vient l’épidémie ? On lui attribue des causes biologiques, psychologiques, culturelles et environnementales. La génétique interviendrait dans 25 à 40 % des cas. Des gènes actifs au niveau du cerveau peuvent intervenir à la fois sur le métabolisme des lipides, la régulation de la prise alimentaire, la dépense énergétique, le circuit cérébral du plaisir et de la récompense. On ne saurait toutefois oublier le bouleversement lié au mode de vie : plus grande sédentarité, évolution des comportements et des rythmes alimentaires. Des disparités sociales sont apparues : les groupes faiblement diplômés paient un plus lourd tribut à l’obésité. A côté de la méconnaissance de la cuisine et des aliments sains, le besoin de compenser le stress conduit aussi à choisir des produits tout prêts, gras, sucrés et bourratifs...

Jusqu’à présent, les campagnes d’information ont surtout mis l’accent sur les risques pour la santé. Avec un succès mitigé. Pas facile de modifier les comportements dans un environnement potentiellement créateur d’obésité, débordant d’incitations publicitaires et de fast-food. Sans parler des messages mal interprétés : les bandeaux appelant à la prudence sous les publicités télévisées sont parfois compris comme une incitation à acheter le produit ! D’autres idées sont lancées, plus ou moins réalisables ou efficaces. Des efforts sur les étiquettes (pas très lues). Des logos positifs sur les produits « sains » et recommandables.

Pour les enfants : la limitation de la taille des portions, la sobriété des emballages, l’information des parents sur la composition des menus de la restauration rapide. Pour l’avenir, des stratégies se dessinent. Restaurer la dimension du plaisir en utilisant pour promouvoir l’alimentation équilibrée les mêmes techniques que celles du marketing. Et surtout agir dès le plus jeune âge, compenser le matraquage publicitaire par l’éducation alimentaire et l’apprentissage du goût dans les écoles. Pour contrer l’avancée de l’obésité, mieux vaut prévenir que guérir !

(La note de veille n° 166 - Centre d’analyse stratégique)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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