L'obésité : le déséquilibre entre les acides gras joue un rôle

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L’augmentation régulière de l’obésité suscite de nombreuses recherches. Globalement, on grossit sans doute parce qu’on mange trop. Mais il n’est pas prouvé que ce soit parce que l’on mange trop gras. Durant les 20 dernières années, la quantité totale de graisses consommées n’a pas augmenté. L’obésité, si. Alors ?

« L'obésité : le déséquilibre entre les acides gras joue un rôle » - Crédit photo : www.tag-nutrition.fr Au cours des quarante dernières années, l'obésité a régulièrement augmenté avec les générations dans les sociétés occidentales. Parallèlement, l'alimentation des pays industrialisés est marquée par une augmentation de la consommation d’ acides gras oméga 6 (+ 250%) et une diminution des acides gras oméga 3 (-40%), déséquilibrant ainsi le rapport oméga 6/ oméga 3. Alors que l’AFSSA préconise un rapport de 5 oméga 6 pour 1 oméga 3, les Français consomment 15 oméga 6 pour 1 oméga 3.

Dans ce contexte, les travaux de l’équipe du Pr Ailhaud interpellent tout particulièrement en mettant en cause la nature des acides gras polyinsaturés que nous consommons : en particulier le déséquilibre entre des apports excessifs d’oméga 6 et des apports insuffisants d’oméga 3 (huiles de colza et de noix, poissons gras). L’hypothèse vient d’être testée sur des souris, soumises à ce régime alimentaire déséquilibré de type occidental.

Chez quatre générations de souris, un régime qui mime l’alimentation occidentale avec un rapport oméga 6/oméga 3 élevé, entraîne une augmentation régulière du poids corporel et de la masse grasse, sans que les souris ne mangent plus. Ce qui est tout à fait nouveau, c’est le fait que cette augmentation s’aggrave progressivement au fil des générations. L’hypothèse est que le déséquilibre en acides gras altère le fonctionnement des gènes et que ce dysfonctionnement se transmet aux générations suivantes, qui deviennent alors prédisposées au surpoids et à l’obésité.

On expliquerait ainsi pourquoi nous ne cessons de grossir. Depuis la vie intra-utérine jusqu’à un âge avancé, notre alimentation nous fait abuser des oméga 6 et manquer d’oméga 3. En rétablissant un rapport plus favorable entre ces deux types d’acides gras, peut-être donnerait-on un coup de frein à l’obésité. C’est en tout cas le pari des chercheurs.

Cela ne signifie évidemment pas qu’il faille traquer les omégas 6 dans son alimentation. Mais qu’en matière de nutrition, il faut se méfier des excès et des modes : celle du « tout tournesol » des années 80-90 est en partie responsable du déséquilibre oméga6/oméga 3. Alors qu’il suffit de manger varié : on trouve des oméga 3 dans les huiles de colza ou de noix, les poissons gras ainsi que dans les produits laitiers et le beurre, qui constituent la première source d’oméga 3 dans l’alimentation des Français.

(Docteur M. - C. Bertière, Directeur du CERIN - Journal of Lipid Research, volume 51, p. 2352-2361)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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