L’obésité infantile : une fracture sociale qui se soigne !

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L’obésité infantile : une fracture sociale qui se soigne !

En maternelle, les obèses sont 4 fois plus nombreux chez les enfants d’ouvriers (5,8%) que chez ceux de cadres (1,3%) confirme la dernière étude de la DREES (*). De même, la proportion d’enfants en surpoids ou obèses est plus élevée de 61% chez les enfants d’agriculteurs que chez ceux de cadres. Ce constat dramatique illustre la persistance des inégalités sociales marquées qui touchent de plein fouet les plus vulnérables : les enfants nés dans les populations défavorisées et ce, dès leur plus jeune âge.

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Les enfants obèses plus nombreux chez les ouvriers et agriculteurs que chez les cadres... Que faire ?

Pour lutter contre cette « maladie de pauvres », et répondre à cette urgence sociale et de santé publique, nous disposons aujourd’hui de deux atouts-clés :

  • Une forte volonté politique de renforcer la prévention santé, comme en témoigne l’annonce de la Ministre de la santé, Agnes Buzyn : « La prévention doit être marquée par des investissements significatifs et de long terme. Demain, nous investirons d’avantage pour prévenir que pour guérir ».

  • Parallèlement, des démarches originales tel que le programme VIF®, déployé dans 252 villes, montrent que des programmes efficaces peuvent être déployés à coût réduit, à l’heure où le coût social de la surcharge pondérale a été évalué par le Trésor Public à 20 milliards d’euros.

Le programme VIF® (Vivons en Forme) vient de démontrer que des démarches de terrain peuvent fait reculer durablement des inégalités sociales de santé et que la prévention de l’obésité chez les enfants est efficace lorsque l’adoption de nouvelles habitudes de vie est favorisée par des expériences émotionnelles, co-construites avec les parents et les acteurs terrain.

Déployer des actions évaluées comme efficaces

L’enjeu actuel est de déployer des actions à impact déterminant sur les habitudes de ces populations les plus vulnérables. Certes, elles connaissent de mieux en mieux en effet les repères alimentaires promus par le PNNS pour une meilleure santé, aussi bien que les autres CSP, mais cela ne suffit pas à faire changer leurs comportements. Cet objectif est néanmoins atteignable, comme le démontrent les résultats obtenus par le programme VIF®. Avec un surpoids et une obésité infantile en recul de -6,6% à -48% depuis 7 à 11 ans dans les premières villes où il a été mis en oeuvre, y compris dans les quartiers les plus prioritaires (cf encadré résultats), VIF® constitue aujourd’hui une référence en terme de retour sur investissement.

Etudier et comprendre précisément les modes de vie, le socle fondateur

Ces résultats sont le fruit d’une démarche sans précédent. L’idée fondatrice : construire des actions après une étude très précise des modes de vie et des motivations qui conduisent certaines familles plus défavorisées à adopter des habitudes favorisant le surpoids et l’obésité.

Côté enfants : moindre consommation de légumes, faible activité physique, temps passé devant les écrans, portions plus généreuses,…

Côté parents : comment stimuler le choix d’une alimentation saine et variée, les liens entre plaisir et quantités servies … tout est passé au crible pour identifier les multiples causes sociologiques, psychologiques, économiques… de leur situation.


Au plus proche de la réalité du terrain, ces études concluent à la nécessité d’agir au niveau de l’enfant, de ses parents et de tout son environnement.

Ainsi, l‘organisation mise en oeuvre par VIF®, associe une équipe de coordination nationale, des partenaires experts et un réseau d’acteurs locaux solidement structuré grâce à l’implication de 252 villes. C’est dans ce cadre que l’association réalise des actions selon un processus qui a démontré, depuis plus de 10 ans, sa pertinence.

Expériences émotionnelles, déculpabilisation et mobilisation communautaire, les ingrédients du succès

Concrètement, un comportement à faire évoluer est ciblé par an et des actions tangibles sur ce thème sont développées en 5 actes :

  1. Imaginer des expériences concrètes et émotionnelles autour des apprentissages, attractives pour les enfants et leurs parents ;
  2. Co-construire des actions avec les acteurs de terrain qui identifient les freins et les leviers à prendre en compte, nourrissent le travail de conception, améliorent actions et outils ;
  3. Valider en conditions réelles, par des démarches pilotes, la pertinence des outils, étape essentielle d’optimisation ;
  4. Former des acteurs relais – éducateurs du périscolaire, assistantes maternelles, travailleurs sociaux, enseignants…, au niveau local pour faciliter leur appropriation et les motiver à utiliser les outils fournis ;
  5. Mettre à la disposition des parents et des enfants des livrets qui, face à leurs difficultés, proposent des solutions pratiques et accessibles.

A chaque problématique majeure, des actions spécifiques

Parmi les thèmes traités ces dernières années figurent : la taille des portions consommées par les enfants et les rythmes alimentaires puisque les écarts de portions étaient importants entre les familles plus favorisées et les plus vulnérables; le sommeil et l’usage des écrans, d’avantage regardés chez les enfants plus démunis ; ou encore l’objectif de 60 minutes d‘activité physique par jour pour tous, dans le cadre du temps périscolaire.

En démontrant son efficacité, l’expérience de VIF® ouvre la voie à de nouvelles approches de la prévention santé : une prévention démédicalisée, structurée autour d’actions définies via un processus axé sur l’efficacité, portée par des acteurs locaux qui interagissent au quotidien avec les familles, qui ne les stigmatisent pas, mais leur proposent des solutions concrètes, dans le respect de la parentalité.

En savoir plus sur le programme Vivons en Forme

Vivons en Forme (VIF®) est un programme de prévention santé dont l’objectif est d’aider les familles à modifier en profondeur et durablement leur mode de vie afin de prévenir l'obésité chez l'enfant, garantir la santé et le bien-être de tous et contribuer à réduire les inégalités sociales de santé en matière d'alimentation et d'activité physique.

VIF® c’est aujourd’hui 252 villes mobilisées et de 2012 à 2016:

  • 600 à 700 actions par an dans les villes
  • 222 formations et 3302 acteurs formés
  • 236 000 personnes touchées dont 78 000 enfants de 3 à 12 ans

Le programme repose sur la mobilisation communautaire, la formation continue des acteurs locaux autour d’outils testés et validés et l’animation d’un réseau actif de chefs de projets. C’est notamment la volonté politique du maire et de ses élus qui va susciter, encourager et faciliter l’implication de l’ensemble des acteurs locaux – services municipaux, professionnels de l’éducation, du sport et de la restauration, tissus associatif et économique et, bien entendu, les professionnels de santé et les familles. Ces acteurs deviennent alors des relais permanents, oeuvrant à la mise en oeuvre d’initiatives et d’interactions auprès des enfants et des populations locales.

(*) Direction de la Recherche, des Etudes, de l'Evaluation et des Statistiques drees.solidaritessante.gouv.fr

SOURCE : Vivons en Forme (VIF®)