L’obésité : des conséquences graves peu connues des Français

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A l’occasion de la journée européenne de l’obésité qui se déroule aujourd'hui 21 mai, la Fondation Coeur et Artères a commandé un sondage auprès de la TNS Sofres [1] afin de mieux cerner la façon dont les Français perçoivent l’obésité et ses conséquences. Si la moitié des Français savent que l’obésité peut entraîner des maladies cardiovasculaires, ils semblent mal connaître les autres conséquences de cette pathologie.

« L’obésité : des conséquences graves peu connues des Français » - Crédit photo : www.weightlosssurgerychannel.com A la question, « Selon vous, quelles sont les conséquences de l’obésité ? » 52% des Français citent les maladies cardiovasculaires. Cette réponse massive est la preuve d'une sensibilisation forte de la part des Français sur le sujet. Cependant, des disparités sont constatées.

En effet, les personnes qui ont les revenus les plus élevés et la tranche des 35/49 ans apportent en majorité cette réponse. La tranche des 18/24 ans semble beaucoup moins au fait. Les maladies cardiovasculaires paraissent clairement identifiées par une majorité de Français comme une conséquence de l’obésité. Cependant, d’autres facteurs de risque sont sous-estimés.

Obésité et diabète

En effet, seulement 14% des Français identifient le diabète comme une conséquence de l’obésité. Pourtant, le lien entre obésité et diabète ne fait aujourd’hui plus aucun doute. Les recherches scientifiques démontrent clairement que l'accumulation de graisse abdominale est associée au développement d'une résistance à l'insuline, au diabète de type 2 et à terme, aux maladies cardiovasculaires. Le diabète n'est pas une maladie anodine car l’Organisation Mondiale de la Santé prévoit que les décès consécutifs au diabète augmenteront de plus de 50 % dans le monde au cours des dix prochaines années [4].

Obésité et dyslipidémies

Il paraît établi que l'obésité est également un facteur de risque des dyslipidémies (dont fait partie l’excès de cholestérol). De nombreuses études expliquent ce phénomène en rendant l’obésité abdominale responsable d’une élévation du taux de triglycérides et d’une diminution du taux de bon cholestérol. Pourtant, seulement 7% des Français identifient le cholestérol comme conséquence possible de l'obésité.

Obésité et hypertension artérielle

De la même façon, il existe des liens étroits entre obésité et hypertension même si tous les patients obèses ne sont pas hypertendus. Plusieurs études épidémiologiques américaines ont conclu qu'il existe un rapport de causalité entre l'augmentation des problèmes de surpoids et l'élévation de la tension artérielle. On constate une prévalence plus élevée d'obésité et de surpoids chez les patients hypertendus. Et pourtant, seulement 5% des Français citent l’hypertension artérielle comme conséquence de l’obésité. L’hypertension artérielle concerne aujourd’hui près d’un tiers de la population française âgée de 18 à 74 ans [5].

Obésité et apnée du sommeil Le syndrome d'apnée du sommeil est fréquent chez les obèses. Près de 40% des obèses sont concernés et 70% des patients souffrant d'un symptôme d'apnée du sommeil sont obèses [2].

Ce phénomène s'explique en partie par le dépôt de graisse au niveau du système respiratoire qui provoquerait une diminution ou un arrêt du flux respiratoire. Pourtant, seul 1% des Français pense à citer le syndrome de l’apnée du sommeil comme conséquence de l’obésité.

L’ensemble de ces conséquences sont lourdes et graves. Le diabète, les dyslipidémies, l’hypertension artérielle et l’apnée du sommeil sont des facteurs de risque importants des maladies cardiovasculaires qui constituent elles-mêmes la plus grande cause de mortalité dans le monde. Chaque jour, en France, 500 personnes décèdent des maladies cardiovasculaires. Ces facteurs de risque sont d’ailleurs amenés à se développer eu égard à l’augmentation constante de l’épidémie d’obésité en France et dans le monde. En 2009, l’obésité concernait 6,5 millions de Français contre 3,5 millions en 1997 [3].

« C’est dans ce contexte que la Fondation Coeur et Artères soutient la recherche afin de trouver de nouvelles solutions de prévention et de traitement de l’obésité » explique le Professeur Jean-Charles Fruchart, Président de la Fondation. Aujourd’hui, plusieurs programmes de recherche d’envergure autour de l’obésité sont en cours. Parmi lesquels :

  • « Comment promouvoir efficacement une alimentation équilibrée et une activité physique régulière chez l’adolescent ? » - programme porté par le Professeur Serge Briançon - Nancy
  • « Recherche de nouveaux gènes augmentant le risque cardiovasculaire » - programme porté par le Professeur Philippe Froguel – Lille
  • « Influence de l’alimentation de la mère sur le risque cardiovasculaire de son enfant » - programme porté par le Professeur Claudine Junien – Paris
  • « Mise en place d’un changement de mode de vie durable pour réduire le risque cardiovasculaire chez les seniors. Identification des causes de retour aux mauvaises habitudes » - programme porté par le professeur Daniel Courteix

La Fondation soutient également un programme co-porté par le Professeur François Pattou, chirurgien de l’obésité, et dont les recherches portent sur le lien entre diabète et obésité.

  1. TNS Sofres : institut d'études marketing et d'opinion international Enquête commandée par la Fondation Cœur et Artères, réalisée les 29 et 30 avril 2010, auprès d’un échantillon national de 1 000 personnes représentatif de l’ensemble de la population âgée de 18 ans et plus.
  2. Institut Français pour la Nutrition (IFN)
  3. Enquête épidémiologique ObÉpi-Roche 2009, initiée par Roche en partenariat avec la KantarHealth SOFRES
  4. Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
  5. Institut National de la Santé Et de la Recherche Médicale (INSERM)

SOURCE : Fondation Coeur et Artères

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