L’intolérance au lactose : plus de peur que de mal

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A force d’en parler comme d’une évidence, on finirait par croire qu’elle menace tout le monde ! L’intolérance au lactose, le sucre du lait, n’est pas si fréquente ni si absolue qu’on a tendance à le croire. Beaucoup de personnes se croient à tort intolérantes. Et parmi celles qui le sont, beaucoup tolèrent un apport quotidien modéré de lactose, en une ou plusieurs prises alimentaires. Enfin, il y a aussi des produits laitiers sans lactose...

Elle a bon dos, l’intolérance au lactose ! De nombreux travaux scientifiques le soulignent aujourd’hui : on attribue trop de malaises digestifs au fait de ne pas digérer le lactose. A preuve, une étude [1] menée chez les patients qui viennent faire un test au lactose en laboratoire. Certains se révèlent vraiment intolérants, les autres pas du tout.

Mais chez les uns comme chez les autres, les troubles constatés au laboratoire – avec des fortes doses de lactose - sont bien moins intenses que ceux qu’ils disent ressentir à la maison avec une faible consommation de lait. « L’intolérance » peut donc avoir d’autres causes, et notamment des impressions subjectives.

Une autre étude [2] confirme que lors des tests d’intolérance au lactose, beaucoup de patients souffrant de douleurs abdominales ont un test négatif.

Face à une authentique intolérance au lactose, il faut évidemment diminuer la consommation de lait. Mais diminuer n’est pas supprimer. Le degré d’intolérance est très variable d’un individu à l’autre, indique aujourd’hui l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) [3].

La grande majorité des intolérants au lactose peuvent tolérer sans symptôme une dose de 12g de lactose par jour correspondant à un bol de lait, en une seule prise, surtout si elle est accompagnée de nourriture. Chez les enfants, il y a très peu de cas d’intolérance.

Pour les petits comme pour les grands, l’exclusion totale des produits laitiers n’est pas justifiée. Les études montrent que les intolérants au lactose, vrais ou supposés, diminuent beaucoup trop leur consommation de produits laitiers.

D’où des apports plus faibles en calcium et un risque accru pour la santé osseuse. Pourtant, ni les yaourts ni les fromages ne contiennent de lactose à dose significative… (Nutrinews hebdo)

[1] Clinical Gastroenterology and Hepatology, volume 8, n° 7, p. 581-586.

[2] Digestive and Liver Disease, volume 42, n° 9, p. 616-619.

[3] EFSA Journal, volume 8, n° 9, p. 1777. EFSA Question n° : EFSA-Q-2008-307.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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