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L’intestin : un organe intelligent ?

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L’intestin : un organe intelligent ?

Chacun sait aujourd’hui que l’intestin ne se contente pas de digérer les aliments : il est un organe véritablement « intelligent ». Les recherches sur le microbiote (anciennement « flore intestinale ») montrent aujourd’hui que celui-ci est corrélé avec les maladies chroniques, en particulier l’obésité et les pathologies intestinales.

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La recherche commence à mettre en évidence les interactions entre le microbiote et l’organisme

Le microbiote est l’ensemble des micro-organismes (bactéries, virus, parasites, champignons non pathogènes) qui vivent dans un environnement spécifique. Dans l’organisme, il en existe au niveau de la peau, de la bouche… Le microbiote intestinal est le plus prépondérant. Comme l’empreinte digitale, il est propre à chaque individu. Parmi les 160 espèces de bactéries que comporte en moyenne le microbiote d’un individu sain, une moitié est retrouvée d’un individu à l’autre.

D’un point de vue théologique et philosophique, le microbiote pose la question de « Qui sommes-nous ? »

Partie de nous-mêmes, le microbiote est notre symbiote. Il vit en symbiose avec notre organisme et nous aide à vivre en harmonie avec notre environnement social, biologique, temporel.

D’un point de vue de la recherche clinique, il constitue un organe avec des fonctions à part entière

Sa biologie lui permet de se développer et d’interagir avec l’être humain de deux façons : d’une part il détecte les aliments, les toxines…, et d’autre part il les transforme afin d’apporter de l’information sur la qualité et quantité nutritionnelle à l’organisme. Il existe un axe intestinorgane. Parmi ceux-ci l’axe intestin-cerveau est essentiel pour notre comportement alimentaire.

L’intestin, qui possède son propre cerveau, appelé le deuxième cerveau, envoie des messages au cerveau cortical afin de contrôler notamment nos comportements alimentaires et un grand nombre de fonction de l’organisme telle que la digestion et l’utilisation des nutriments.

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Grâce aux récentes techniques de séquençage à ultra haut débit du matériel génétique bactérien et aux capacités d’analyse informatique et mathématique, il est désormais possible de cartographier le microbiote afin d’en préciser la signature individuelle mais également de décrire la nature des interactions hôte-microbiote, celles des micro-organismes entre eux. Il est ainsi possible de définir leur incidence sur la santé et d’identifier et classifier toutes variations de la composition du microbiote en tant que facteurs de risque d’un développement pathologique (de diabète, obésité, par exemple).

On ne sait pas encore rééquilibrer spécifiquement pour chaque individu le microbiote à titre préventif. En revanche, sur le plan thérapeutique, il existe davantage d’outils : l’élimination du risque par des pré-probiotiques ou des antibiotiques (essais en cours), l’identification de molécules bactériennes à fonction bénéfique ou délétère pour la santé, enfin, la mise au point de vaccins grâce composés de bactéries intestinales précises capables d’induire une réaction immunitaire spécifique pour la prophylaxie et la thérapie.

(Pr Rémy Burcelin, directeur de recherche, Inserm U1048, Université de Toulouse Paul Sabatier, Institut des maladies métaboliques et cardiovasculaires, Hôpital Rangueil, Toulouse - 55e Journées d’Études de l'AFDN, 1er - 3 juin 2017)

SOURCE : AFDN

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