L'index glycémique : encore d'actualité ?

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L'Index glycémique (IG) permet une classification des aliments contenant des glucides en fonction de leur réponse glycémique en comparaison avec un glucide de référence, le glucose ou l'amidon du pain blanc. Un IG bas traduit une diffusion lente de l'énergie (notion de sucre "lent"). L'intérêt de ce concept est actuellement remis en cause...

C'est Jenkins qui, le premier (1981), a introduit le concept d'index glycémique (IG). L'IG permet une classification des aliments contenant des glucides en fonction de leur réponse glycémique en comparaison avec un glucide de référence, le glucose ou l'amidon du pain blanc. L'IG correspond à l'aire sous la courbe de la glycémie de l'aliment testé rapportée à celle obtenue avec le glucide de référence. Un IG bas traduit une diffusion lente de l'énergie. A la naissance de ce nouveau concept, toutes les instances spécialisées en nutrition en ont reconnu l'intérêt dans toutes les situations où la maîtrise de la tolérance glucidique est essentielle, notamment dans le traitement et la prévention de pathologies comme le diabète. Ainsi, la consommation d'aliments à faible IG permettrait un meilleur contrôle de l'équilibre glycémique chez le diabétique, mais aussi une réduction du LDL-cholestérol et du triacylglycérol des sujets hyperlipémiques. De plus, elle serait associée à des taux élevés de HDL-cholestérol et à un risque réduit de développer un diabète, un problème cardiovasculaire et même certains cancers.

L'intérêt de ce concept est actuellement remis en cause. Les conditions mêmes du calcul de l'IG soulèvent des questions, notamment le choix de faire la mesure d'un IG à jeun, alors que des résultats différents seraient obtenus pour une mesure pratiquée après le déjeuner ou le dîner. En outre, le choix de faire un test sur 2 heures est totalement arbitraire, et celui du glucose ou de l'amidon de pain blanc comme référent donne des valeurs d'IG différentes.

Des facteurs de variation intrinsèques à l'aliment entrent également en jeu : par exemple, la maturité du fruit ou du légume (différentes teneurs en amidon et en glucides simples), l'espèce considérée (l'IG du riz varie selon la proportion d'amylose et d'amylopectine de son grain, différente selon l'espèce), le procédé de transformation (un traitement thermique qui modifie la structure de l'amidon le rend plus ou moins disponible à l'attaque par les enzymes digestives) ou de préparation (les pommes de terre en purée, frites ou à l'eau ont des IG différents suivant la température appliquée, la quantité d'eau utilisée, le temps de cuisson).

Des facteurs extrinsèques interviennent également : l'IG est mesuré pour un aliment consommé isolément ; or, dans la majorité des cas, il est consommé dans le cadre d'un repas, ce qui modifie considérablement la réponse glycémique à son ingestion et à son absorption en fonction de la répartition entre protéines, lipides et glucides, de la présence de fibres, d'acides organiques…

Enfin, la réponse glycémique à l'ingestion d'un aliment ne peut pas être considérée comme proportionnelle, ni donc prédictive, de la réponse insulinique. L'intérêt de l'IG dans toutes les pathologies mettant en cause celle-ci, et souvent une insulinorésistance, est donc diminué ; d'autres facteurs sont tout aussi primordiaux (remplissage gastrique, cinétique de sécrétion des autres hormones digestives, degré d'obésité, âge, etc.)

Aujourd'hui, tout le monde s'accorde sur la nécessité d'études cliniques à long terme visant à évaluer l'intérêt des aliments à faible IG dans la prévention ou le traitement de maladies chroniques. Les arguments mettant en doute le concept d'IG ne permettent pas sa promotion auprès du grand public.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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