L'impact redoutable des mauvaises habitudes alimentaires

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L’excès de repas-minute, les choix alimentaires malavisés et les mauvaises habitudes alimentaires augmentent les cas de surpoids et d’obésité au Canada. Malgré cette tendance, les personnes qui ont une alimentation équilibrée courent 20 % de risques en moins d’être obèses, selon une étude menée par des économistes de l’Université Concordia et publiée dans le Journal of Primary Care & Community Health.

« Le risque d’obésité ou de surpoids est directement lié aux mauvaises habitudes alimentaires comme le fait de sauter des repas, de manger au restaurant ainsi que de consommer beaucoup d’aliments prêts à manger ou transformés, mais peu de fruits et de légumes, explique l’auteur principal de cette étude, Sunday Azagba, doctorant au Département de sciences économiques de l’Université Concordia. Au Canada, les repas achetés dans les restaurants représentent plus de 30 % des dépenses alimentaires hebdomadaires des ménages. »

Dans le cadre de leur étude, les chercheurs ont examiné les données de l’Enquête nationale sur la santé de la population canadienne pour évaluer le rôle des habitudes alimentaires sur les tendances en matière d’obésité parmi les adultes âgés de 18 à 65 ans. L’Organisation mondiale de la Santé, qui utilise l’indice de masse corporelle (IMC) pour mesurer le poids par rapport à la taille, définit le surpoids par un IMC égal ou supérieur à 25, et l’obésité par un IMC égal ou supérieur à 30.

« Plus de 25 % des Canadiens âgés de 31 à 50 ans dépassent la limite recommandée dans leur consommation totale de calories provenant des matières grasses », ajoute Mesbah Sharaf, coauteur de l’étude et également doctorant au Département de sciences économiques de l’Université Concordia. M. Sharaf souligne en outre que les progrès réalisés dans la transformation des aliments expliquent peut-être la difficulté que certaines personnes éprouvent à résister à certains aliments et l’augmentation des taux d’obésité.

Des mesures pour encourager de meilleures habitudes alimentaires

Les économistes laissent entendre qu’une augmentation des taxes sur les aliments riches en matières grasses pourrait encourager de meilleures habitudes alimentaires, mais que l’élévation des prix n’incitera pas tout le monde à choisir un meilleur régime alimentaire.

« Certaines personnes ne réagissent pas du tout à une hausse des taxes et l’augmentation du prix des repas-minute ne fera que réduire leur pouvoir d’achat, sans pour autant modifier leurs comportements alimentaires », explique M. Azagba, qui ajoute que les gouvernements devraient peut-être envisager de subventionner les aliments moins denses en calories comme les fruits et les légumes. « Cela pourrait inciter davantage de personnes à remplacer les aliments mauvais pour la santé par des aliments plus sains ».

Au nombre des mesures destinées à encourager de meilleures habitudes alimentaires figurent le subventionnement de menus sains et équilibrés dans les écoles et universités, la restriction de la malbouffe dans les établissements scolaires et l’amélioration des programmes d’éducation physique dans les écoles.

« Les programmes éducatifs qui sensibilisent aux bienfaits de l’activité physique et aux conséquences des choix alimentaires sur la santé, ainsi que l’obligation de faire figurer sur l’emballage des produits des mises en garde sur les risques de certains aliments pour la santé, à l’instar des avertissements figurant sur les paquets de cigarettes, pourraient contribuer à diminuer les taux d’obésité », explique M. Sharaf.

Il est impératif que les taux d’obésité reculent au Canada, explique Sunday Azagba : « Le coût de la prise en charge des personnes obèses pour les systèmes de santé est, selon les estimations, 42 % plus élevé que pour les personnes dont le poids est normal. Les recherches ont montré que le surpoids et l’obésité sont des facteurs de risque de nombreuses maladies chroniques comme les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, l’hypertension artérielle, les maladies hépatiques ainsi que les cancers de la prostate, du sein et du côlon. »

L’obésité et le surpoids constituent une véritable épidémie qui ne se limite pas aux seules frontières du Canada. En effet, d’après l’Organisation mondiale de la Santé, un milliard d’adultes sont en surpoids et l’obésité est mise en cause dans plus de 2,6 millions de décès chaque année. L’Union européenne estime que les coûts directs et indirects combinés de l’obésité s’établissent à 33 milliards d’euros par année, alors qu’aux États-Unis, le coût annuel de l’obésité est évalué à 139 milliards de dollars.

(Par Sylvain-Jacques Desjardins - Université Concordia)

SOURCE : Université Concordia

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