L'homme est devenu un « Homo obesus »

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« Pourquoi Ben Laden boit-il beaucoup de thé vert ? Parce que c'est un anti-Occident ! » a lancé Richard Béliveau à l'auditoire rassemblé à l'amphithéâtre Ernest-Cormier le 17 février pour une activité de sensibilisation et d'information sur « la médecine préventive au quotidien », soulignant que l'alimentation saine est une excellente arme contre les maladies chroniques.

« Un verre de lait ça va, mais deux c'est trop » - Crédit photo : www.italiq-expos.com Organisée par la section Santé et sécurité au travail de la direction Prévention et sécurité, la Direction des ressources humaines et les comités mixtes de santé et sécurité au travail, la conférence de M. Béliveau avait pour objectif de faire comprendre le rôle de l'obésité dans l'apparition d'affections chroniques telles que la maladie d'Alzheimer, le diabète, le cancer et les maladies cardiovasculaires.

Le titulaire de la Chaire de neurochirurgie Claude-Bertrand, au CHUM, a bien fait rire son public avec ses blagues, sans pour autant faire oublier le sérieux de sa communication. « De nos jours, ce qui nous tue, ce sont les maladies chroniques, a-t-il dit au début de son intervention. Celles-ci résultent d'une interaction entre une prédisposition héréditaire et un mode de vie. Notre style de vie crée un environnement favorable ou défavorable à l'expression d'une prédisposition héréditaire ».

Selon Richard Béliveau, l'obésité est le dénominateur commun de toutes les maladies chroniques. « Le problème a pris des proportions si gigantesques à l'échelle de la planète que l'Organisation mondiale de la santé ne parle plus d'obésité mondiale mais de “globésité” ». Citant en exemple le cas du Mexique, où 60 % de la population est en surpoids comparativement à 10 % il y a une décennie, M. Béliveau a rappelé que nos habitudes de vie ont considérablement changé au cours des 50 dernières années.

Ainsi, la sédentarité et la malbouffe qui accompagnent le phénomène contribuent elles aussi à l'apparition des maladies chroniques. «La mauvaise alimentation entraine une carence en végétaux, a-t-il mentionné. Or, une telle carence pose, sur le plan physiologique, les conditions de croissance pour l'expression d'une prédisposition à la maladie ».

Les derniers chiffres du Fonds mondial de recherche contre le cancer publiés en 2007 révèlent en effet que 30 % de tous les cancers sont directement liés à la nature du régime alimentaire des individus. « Cette proportion peut même atteindre 70 % dans le cas des cancers de l'œsophage, de l'estomac et du côlon », a signalé l'auteur des bestsellers Cuisiner avec les aliments contre le cancer et La santé par le plaisir de bien manger.

La bonne nouvelle? La consommation de fruits et de légumes est associée à une baisse significative du risque d'être atteint de cancer. «Dans les études cliniques, les personnes qui consomment le moins de fruits et de légumes sont environ deux fois plus susceptibles d'avoir certains cancers que celles ayant la plus forte consommation de ces aliments », a précisé le conférencier.

Raisins rouges, ail, graines de lin...

Richard Béliveau a parlé entre autres des bienfaits de certaines molécules, comme le resvératrol du raisin, qui «agit sur les trois stades du processus de développement du cancer», et la génistéine du soja, «un inhibiteur puissant de plusieurs protéines en jeu dans la croissance incontrôlée des cellules cancéreuses». Rappelant les vertus du thé vert, de l'ail, des épinards, des graines de lin, des agrumes, des légumineuses et du curcuma, il a invité les auditeurs à intégrer davantage ces « alicaments » dans leur régime alimentaire.

L'intégration de ces aliments revêt d'autant plus d'importance que nous sommes constamment à risque de souffrir d'un cancer, selon lui. «La majorité des individus ont des cellules transformées précancéreuses qui ne demandent qu'un environnement favorable pour se développer, a indiqué M. Béliveau. L'utilisation des molécules anticancéreuses présentes dans l'alimentation comme arme préventive constitue donc une approche essentielle pour maintenir ces tumeurs dans un état latent et éviter qu'elles progressent jusqu'au stade de cancer avancé ».

Aucun aliment, a précisé Richard Béliveau, ne contient à lui seul toutes les molécules anticancéreuses pour agir sur tous les processus. D'où l'importance de varier son alimentation.

(Dominique Nancy - Université de Montréal - Journal FORUM du 22 février 2010)

Source : Université de Montréal (@UdeM)

SOURCE : Université de Montréal

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