L'exercice prévient le déclin cognitif lié aux maladies coronariennes

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Une étude menée par le Dr Anil Nigam, professeur à la Faculté de médecine de l'UdeM et chercheur à l'Institut de cardiologie de Montréal (ICM), montre qu'un entrainement physique alternant les périodes intenses et modérées permet aux personnes ayant un surplus de poids de retrouver un indice de masse corporelle plus équilibré et même d'améliorer certaines fonctions cognitives.

Les six participants à cette étude étaient âgés de 40 à 60 ans et présentaient un ou plusieurs facteurs de risque de maladie cardiovasculaire dont un surpoids. Leur indice de masse corporelle se situait entre 28 et 31, la normale étant de 19 à 25. Pendant quatre mois, ils ont pris part à un programme d'activités physiques comprenant des séances de vélo stationnaire et de musculation. Cet entrainement était pratiqué par intervalles, c'est-à-dire qu'il était composé de brèves séquences d'intensité élevée suivies de brèves séquences d'intensité faible.

« L'entrainement par intervalles est plus bénéfique qu'un entrainement toujours soutenu pour les personnes obèses ou souffrant d'une maladie coronarienne parce que cette alternance permet une meilleure tolérance à l'effort », précise le Dr Nigam.

Les sujets ont passé une batterie de tests portant sur leur résistance à l'effort, leur capacité aérobique, l'oxygénation de leur cerveau et leurs fonctions cardiaques ainsi que des tests mesurant leurs habiletés cognitives.

« À la fin du programme, nous avons constaté que le tour de taille des participants, et particulièrement la masse graisseuse au tronc, avait diminué. Nous avons aussi observé que la consommation maximale d'oxygène et la sensibilité à l'insuline avaient considérablement augmenté », affirme le Dr Nigam.

Les résultats montrent également une amélioration des fonctions cognitives exécutives (flexibilité dans les changements de tâches, concentration, attention) et de la mémorisation. L'amélioration va de 10 à 20% selon les tests.

« Il est connu que les maladies cardiovasculaires, qu'elles soient causées par l'hypertension, le diabète, le tabagisme, la sédentarité ou le surpoids, sont associées à un déclin cognitif, explique le chercheur. Notre étude a révélé que non seulement ce déclin est stoppé par l'exercice physique par intervalles mais également que les capacités cognitives sont améliorées.»

Cette amélioration serait due à une meilleure circulation sanguine dans le cerveau. Pour l'instant, le professeur n'est pas en mesure de dire si l'amélioration est permanente ou si les capacités cognitives déclinent de nouveau lorsque l'exercice est abandonné. D'autres études sont en cours afin de clarifier ce point et de mieux comprendre le mécanisme à l'œuvre.

Les résultats de cette étude, effectuée en collaboration avec l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal, seront présentés au Congrès canadien sur la santé cardiovasculaire, qui se tient à Toronto cette semaine.

(Par Daniel Baril)

Source : Université de Montréal (@UdeM)

SOURCE : Université de Montréal

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