L'évolution récente des apports alimentaires en France

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Afin de mesurer les évolutions des consommations alimentaires individuelles et des apports nutritionnels en France, l'Afssa et le Crédoc ont réalisé en 1998-1999 l'étude INCA1 et l'Afssa et l'InVS ont mené en 2006-2007 les études INCA2 et ENNS.

Méthodologie

« L’évolution récente des apports alimentaires en France » - Crédit photo : www.regime-dietetique.net Un des avantages principaux du maintien de la méthodologie d’étude entre INCA1 et INCA2, à savoir le carnet de consommation de 7 jours et l’utilisation d’une même codification a permis, pour une majorité d’aliments, une mesure des évolutions entre les deux études. Seules les boissons et les matières grasses ajoutées n’ont pas pu être comparés en raison d’améliorations méthodologiques dans l’étude INCA2.

La taille de l’échantillon a été augmenté entre les deux études pour se conformer aux recommandations internationales. L’étude INCA1 a porté sur 1985 adultes de 15 ans et plus et 1018 enfants et adolescents de 3 à 14 ans soit au total 3003 personnes, alors que l’étude INCA2 a recueilli les consommations de 1455 enfants et adolescents de 3 à 17 ans et 2624 adultes de 18 à 79 ans soit au total 4079 personnes.

Dans les deux études, les consommations alimentaires étaient relevées pendant les différentes saisons de l’année. Une autre amélioration méthodologique apportée dans l’étude INCA2 a concerné l’échantillonnage qui s’est appuyé sur la base du recensement de l’INSEE et qui est donc aléatoire alors que l’échantillonnage pour INCA1 était basé sur la méthode des quotas.

Le taux de participation à INCA2 était satisfaisant pour les enfants et adolescents (69%) ainsi que pour les adultes (63%). Les échantillons étaient conformes à la répartition de la population française selon l’âge, le sexe, la profession, la région et la taille d’ agglomération. Cependant, la participation des femmes a été un peu plus élevée que celle des hommes et celle des personnes âgées un peu plus faible. Un redressement selon la méthode classique du calage sur marge a donc été appliqué pour corriger ces écarts.

Une nouvelle table de composition nutritionnelle CIQUAL 2008 a été réalisée grâce à la participation des professionnels et de multiples pourvoyeurs de données, ce qui a permis de tenir compte également des évolutions de composition nutritionnelle des aliments.

Résultats

En matière de consommation alimentaire, les principales tendances de consommation observées entre 1999 et 2006 étaient chez les adultes une stabilité de la consommation des féculents (ensemble des pains et biscottes, pâtes et riz) et une diminution de la consommation des produits laitiers. La consommation des viandes était en décroissance chez les femmes alors que celle des poissons et produits de la mer était stable.

Les consommations de produits sucrés étaient décroissantes. Alors que la consommation des légumes était stable chez les adultes, on observait une légère augmentation de la consommation de fruits chez les 35-45 ans et les femmes de plus de 55 ans.

Chez les enfants et adolescents de 3 à 17 ans, on observait une stabilité de la consommation de féculents, une baisse de consommation de produits laitiers et de viandes, une stagnation de la consommation de fruits et légumes mais une augmentation de la consommation de produits transformés à base de fruits tels que les compotes.

Les conséquences de ces évolutions de consommations alimentaires en termes d’apports en macronutriments étaient peu sensibles, sans doute en raison de compensations entre les différentes évolutions constatées pour les aliments. Les trois principaux constats étaient les suivants :

  • stabilité des apports énergétiques chez les adultes et légère baisse chez les enfants de moins de 14 ans,
  • maintien d’une alimentation trop lipidique et insuffisamment glucidique par rapport aux recommandations,
  • stagnation des apports en fibres à un niveau nettement trop bas, pour les adultes comme pour les enfants.

En outre, on observait une légère diminution des apports en protéines chez les femmes, de l’apport en amidon chez les hommes et les femmes ainsi qu’une légère augmentation des apports en glucides simples chez les hommes et les femmes.

Le renouvellement à un rythme régulier des études nationales de consommation alimentaire permettra dans le futur de savoir si ces évolutions sont provisoires ou si elles marquent une évolution plus structurelle des apports alimentaires en France.

(J-L VOLATIER, AFSSA - Université d’été de Nutrition 2008, Clermont-Ferrand, 17-19 septembre 2008)

SOURCE : Centre de Recherche en Nutrition Humaine Auvergne

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