L’étiquetage nutritionnel en Europe

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Les données nutritionnelles figurant sur les étiquettes des denrées alimentaires ont pour but d’aider les consommateurs à faire des choix alimentaires plus sains et équilibrés. Mais quelles sont les données nutritionnelles réellement présentées sur les emballages des produits alimentaires en Europe ? Une étude européenne exhaustive menée par l’EUFIC répond à cette question.

Projet de recherche FLABEL

« L’étiquetage nutritionnel en Europe » Le projet FLABEL (Food Labelling to Advance Better Education for Life) financé par la Commission européenne a pour but d’étudier l'impact de l'étiquetage nutritionnel sur les consommateurs européens afin de mieux comprendre son influence sur leurs choix alimentaires et leurs comportements d'achat [1]. Dans la mesure où il existe très peu de données sur la diffusion des informations nutritionnelles figurant sur les étiquettes des denrées alimentaires dans l’Union européenne (UE), la première phase de ce projet s’est attachée à évaluer l’exposition des consommateurs à l’étiquetage nutritionnel dans les 27 États membres de l’UE et en Turquie.

Les données recueillies dans le cadre d’une étude antérieure avaient montré des différences notables entre les pays dans la nature et l’exhaustivité des informations, mais cette étude avait été menée dans un petit nombre de pays et ne concernait que quelques produits par catégorie [2].

L’étude FLABEL a été menée dans trois catégories de magasins de détail, dans chacun des 28 pays concernés, afin de couvrir l’éventail le plus large possible de fabricants :

  • 1) une des 5 plus grandes enseignes de détail à l’échelle nationale en termes de parts du marché,
  • 2) une coopérative de consommation ou un détaillant national,
  • 3) une enseigne pratiquant le discount [3].

Les cinq catégories suivantes de denrées alimentaires et de boissons ont par ailleurs été étudiées :

  • 1) biscuits sucrés,
  • 2) céréales pour petit-déjeuner,
  • 3) plats cuisinés conditionnés et réfrigérés,
  • 4) boissons gazeuses sucrées,
  • 5) yaourts.

La grille de collecte des données a été conçue pour pouvoir consigner sur quelle partie du conditionnement figuraient les informations nutritionnelles (soit sur la face avant du conditionnement, soit sur sa face arrière), le format privilégié (tableau nutritionnel, par exemple), les informations fournies (nutriments, calories), ainsi que la présence éventuelle d’allégations nutritionnelles ou de santé ou encore de logos indiquant si le produit en question constituait ou non un choix équilibré. Après six mois de recherche et le contrôle de plus de 37 000 denrées alimentaires dans 84 établissements, les chercheurs sont en mesure de présenter les résultats suivants :

Large diffusion des informations nutritionnelles

Comparaisons entre les pays

Les données nutritionnelles et plus particulièrement les informations sur la valeur nutritionnelle sont largement répandues sur l’emballage des cinq catégories de produits étudiées. En moyenne, 85% des produits contrôlés présentent des informations nutritionnelles sur la face arrière de l’emballage, dans des proportions allant de 70% pour la Slovénie à plus de 95% pour l’Irlande, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Une moyenne de 48% des produits présentent ces informations sur la face avant de leur conditionnement, selon des proportions variant de 24% pour la Turquie jusqu’à 82% pour le Royaume-Uni3.

Le format de présentation le plus répandu des informations nutritionnelles reste le tableau ou l’énumération linéaire, sur la face arrière des produits (84 % des denrées alimentaires étudiées) ; on y retrouve la valeur calorique et la liste des différents nutriments, avec des indications sur la teneur en calories, protéines, glucides et matières grasses (les « big 4 », dans 34% des cas), ou sur les 4 catégories précédemment citées ainsi que sur la teneur en sucre, graisses saturées, fibres et sodium (les « big 8 », dans 49% des cas). Les allégations nutritionnelles et repères nutritionnels journaliers (RNJ) sont les informations nutritionnelles les plus répandues figurant sur la face avant des emballages (25% dans les deux cas), les allégations nutritionnelles allant de 12% pour l’Estonie à 37% pour l’Irlande et le Portugal, et les RNJ de 2% en Turquie à 63% au Royaume-Uni.3 La Suède et les Pays-Bas sont les deux seuls pays où les logos santé sont les plus répandus (la serrure pour la Suède, le logo des choix santé ou en forme de trèfle pour les Pays-Bas) puisque plus de 10% des produits considérés dans leur ensemble sont concernés (sur la face avant de l’emballage).

Étiquetage nutritionnel par catégorie de produits

Parmi les cinq catégories de produits contrôlées, les céréales pour petit-déjeuner sont les denrées dont l’emballage fournit le plus d’informations nutritionnelles : 94% de ces produits présentent des informations nutritionnelles sur la face arrière et 70% sur la face avant. La présentation sous forme de tableau ou de liste, sur la face arrière, est la plus fréquente et précise soit les huit (78%), soit les quatre grandes catégories de nutriments (15%). Les RNJ, généralisés sur le conditionnement des boissons sucrées gazeuses, concernent 71% des céréales pour petit-déjeuner au Royaume-Uni. Les allégations nutritionnelles sont aussi plus fréquentes sur les emballages des céréales pour petit-déjeuner : 82% (sur la face arrière) en France et 76% (sur la face avant) au Portugal ; il en va de même pour les logos Choix santé qui sont plus nombreux sur les emballages des céréales pour petit-déjeuner en Suède (47%) et sur les yaourts aux Pays-Bas (27%). Dans les deux cas, ces logos figurent sur la face avant.

Pour les cinq catégories de produits considérées dans leur ensemble, 5% (Danemark) à 16% (France) des produits présentaient des caractéristiques attrayantes pour les enfants (présence de personnages de bandes dessinées ou de couleurs et formes attrayantes sur l’emballage). Pratiquement tous ces produits fournissaient également des informations nutritionnelles, la plupart du temps sur la face arrière de l’emballage.

De solides bases

Bien que l’étiquetage nutritionnel s’inscrive dans une démarche volontaire en Europe, sauf lorsque des allégations nutritionnelles ou de santé sont formulées, une large majorité des produits contrôlés présentaient des informations nutritionnelles. L’étiquetage nutritionnel semble être plus répandu qu’auparavant2. Les prochaines étapes de l’étude FLABEL se concentreront sur la lecture, l’appréciation, la compréhension et l’utilisation que les consommateurs font des différentes formes d’étiquetage nutritionnel et sur l’attention qu’ils y prêtent.

Références :

  1. Site Internet FLABEL.
  2. European Advisory Services. The introduction of mandatory nutrition labelling in the European Union: An impact assessment. (Belgique DG SANCO, 2004):32.
  3. Fernández Celemín L, Storcksdieck genannt Bonsmann S (2009). "Current penetration of nutrition information on food labels in the EU 27 & Turkey". Webinaire FLABEL.

Source : « Conseil Européen de l'Information sur l'Alimentation (EUFIC) »

SOURCE : « Conseil Européen de l'Information sur l'Alimentation

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