L'eau : bonne pour les malades comme pour les bien-portants

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Faudrait-il déconseiller l'eau du robinet aux personnes atteintes de cancer ? Un titre alarmiste dans un journal a pu le laisser croire un instant. Explications scientifiques à l'appui, l'heure est aux nuances et à l'apaisement : « globalement bonne » - même si sa qualité peut encore être améliorée dans certains endroits -, l'eau est un des composants les plus sûrs et les mieux surveillés de notre alimentation.

« L’eau : bonne pour les malades comme pour les bien-portants » - Crédit photo : www.wikio.fr « Malades du cancer, ne buvez pas l’eau du robinet ». A priori, l’injonction parue dans Le Parisien Libéré du 23 juin dernier pouvait paraître surprenante. Après le tabac et l’alcool, régulièrement mis en cause sur la foi de statistiques épidémiologiques indiscutables, après une kyrielle d’aliments ou de composants alimentaires soupçonnés, eux, de manière souvent discutable, d’être « cancérigènes», voici que l’eau du robinet, l’aqua simplex, l’eau dans toute sa simplicité municipale, pourrait à son tour entretenir ou favoriser le cancer ? A l’heure où le principe de précaution est mis à toutes les sauces et la culpabilité des aliments recherchée dans la moindre feuille de salade, l’interdit jeté sur l’eau pouvait inquiéter. D’autant plus qu’il venait, outre du très médiatique Dr David Servan-Schreiber, rien moins que du Fonds mondial pour la nature (WWF) et d’une vingtaine de scientifiques...

Les Académies de médecine, de pharmacie et de l’eau s’en sont émues, soucieuses de ne pas inquiéter inutilement malades et bien-portants. L’eau du robinet bénéficie de contrôles réguliers et de filières de traitement parmi les plus performantes du monde. C’est un des composants les plus surveillés, les plus sûrs et les plus sains de notre alimentation, notent les académiciens. Des dépassements des normes de toxicité peuvent parfois avoir lieu ici ou là : mais dans les conditions habituelles, ils ne constituent pas pour autant un risque pour la santé, car les normes ont été fixées bien en deçà des zones de dangerosité. « Boire l’eau du robinet n’est pas boire l’eau des rivières », tiennent à préciser les académiciens.

L’évaluation des risques sanitaires demande la plus grande rigueur et il n’existe pas à l’heure actuelle de preuve scientifique d’un effet néfaste de l’eau du robinet. A bien y regarder d’ailleurs, les médecins qui ont paru un instant vouloir déclencher une tempête dans notre verre d’eau sont un peu plus nuancés que le titre catastrophiste du Parisien Libéré. Ils reconnaissent que l’eau en France est « globalement bonne ». Leur inquiétude porte sur la présence de composés potentiellement cancérigènes comme les nitrates et les pesticides, retrouvés selon eux en teneur trop élevée dans l’eau de certaines communes... Il est tentant de voir leur intervention comme un aiguillon, qui poussera à améliorer encore les contrôles et la qualité de l’eau. Une grande partie de la population du globe ne dispose pas d’eau potable : il ne faudrait sans doute pas que le privilège qui est le nôtre suscite des réactions de panique injustifiée !

Pour de plus amples informations, lire également :

(Le Parisien Libéré, 23 juin 2009 - « Faut-il déconseiller l’eau du robinet en cas de cancer ? » Mise au point de l’Académie nationale de médecine, de l’Académie nationale de pharmacie et de l’Académie de l’eau.)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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