L'avantage oméga-3 pendant la grossesse

lu 7086 fois

Les enfants qui profitent d'un généreux apport d'acides gras d'origine marine pendant la grossesse auraient un meilleur développement sensoriel et psychomoteur pendant leur première année de vie.

« L’avantage oméga-3 pendant la grossesse » - Crédit photo : www.tripadvisor.fr La consommation d’oméga-3 par la mère pendant les derniers mois de grossesse favoriserait le développement sensoriel, cognitif et psychomoteur de son enfant, révèle une étude publiée dans The Journal of Pediatrics par une équipe de recherche canado-américaine. Les chercheurs arrivent à cette conclusion après avoir examiné le lien entre la concentration de DHA (acide docosahexanoïque) dans le sang du cordon ombilical de 109 enfants inuits et leurs performances à une série de tests de développement effectués quelques mois plus tard.

Gina Muckle, de l’École de psychologie, Pierre Ayotte et Éric Dewailly, de la Faculté de médecine, et leurs collègues américains Joseph Jacobson, Sandra Jacobson et Melissa Kaplan-Estrin ont voulu savoir si l’exposition prénatale au DHA - un oméga-3 qui entre dans la composition des neurones et de la rétine - avait une incidence mesurable sur le développement de l’enfant. Grâce à la collaboration de femmes inuites du Nunavik, les chercheurs ont prélevé un échantillon de sang de cordon ombilical immédiatement après l’accouchement pour mesurer son contenu en DHA. « Cette valeur constitue un bon indicateur de l’exposition intra-utérine aux oméga-3 pendant le dernier trimestre de grossesse, une période cruciale pour le développement des photorécepteurs de l’oeil et des neurones du cerveau », signale Éric Dewailly.

Des tests effectués lorsque les enfants ont atteint l’âge de six mois et de onze mois ont révélé que leur acuité visuelle ainsi que leur développement cognitif et psychomoteur étaient étroitement liés à la concentration de DHA dans le sang de leur cordon ombilical à la naissance. Fait à signaler, les résultats obtenus aux différents tests se sont révélés sans lien avec la concentration de DHA dans le lait maternel chez les enfants nourris au sein. « Ceci démontre le rôle crucial de l’exposition prénatale aux oméga-3 dans le développement de l’enfant », souligne la professeure Muckle.

Des effets subtils mais significatifs

Cette étude constitue la première démonstration des effets bénéfiques des oméga-3 sur le développement d’enfants nés à terme. « Il s’agit d’effets subtils mais significatifs qui placent l’enfant dans des conditions avantageuses pour profiter des stimulations de son environnement, soutient la chercheuse. Nous avons suivi ces enfants sur une période de dix ans de sorte que nous pourrons bientôt savoir si l’exposition prénatale aux oméga-3 a un effet à long terme sur leur développement. »

La concentration de DHA dans le sang de cordon ombilical était proportionnelle à celle retrouvée dans le sang de la mère, un rappel du lien étroit entre l’alimentation maternelle et la disponibilité des oméga-3 pour l’enfant. Les chercheurs ont aussi constaté que la concentration en DHA était plus élevée dans le sang du foetus que dans celui de sa mère. « Pendant la formation du système nerveux, le foetus a de grands besoins en DHA, explique Éric Dewailly. Il convertit même d’autres acides gras en DHA pour construire son cerveau. »

Au Nunavik, plusieurs facteurs peuvent nuire au développement de l’enfant pendant la grossesse, notamment la présence de contaminants comme les BPC, le mercure et le plomb dans l’environnement ainsi que des habitudes de vie néfastes chez les femmes enceintes. « Une alimentation riche en oméga-3 pendant la grossesse ne règle pas tous les problèmes, mais elle entraîne des effets bénéfiques sur le développement des enfants inuits », constate le professeur Dewailly.

Le chercheur encourage toutes les femmes enceintes - et pas uniquement celles du Nunavik - à consommer des oméga-3 d’origine marine. « Nous croyons que les oméga-3 peuvent produire les mêmes bienfaits chez les enfants dont la gestation se déroule dans un environnement moins à risques. Les avantages que procure la consommation de poissons peu contaminés et riches en oméga-3, comme la truite, le saumon et les sardines, dépassent largement les risques, même pendant la grossesse », estime-t-il.

(Jean Hamman - Le journal de la communauté universitaire - Volume 43, numéro 27 - avril 2008)

SOURCE : Université Laval

Cela pourrait vous intéresser

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s