L'assiette des Français : du mieux mais encore des progrès à faire

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Selon les résultats de « l'étude nationale nutrition santé » (ENNS) réalisée par l'Unité de surveillance et d'épidémiologie nutritionnelle (USEN), la consommation en fruits et légumes des adultes montre globalement des signes encourageants, mais pas chez les enfants qui en consomment encore insuffisament au profit de glucides simples provenant des produits sucrés. La prévalence du surpoids et de l'obésité confirme cependant une stabilisation chez les enfants par rapport au début des années 2000 mais encore un adulte sur six est obèse. Ces résultats ont été présentés le 12 décembre à l'occasion du colloque du Programme national nutrition santé (PNNS) sur « la situation nutritionnelle en France en 2007 ».

« Cahier de l’AFSSA, n° 1 : Nutrition et risques alimentaires » L’étude ENNS a été réalisée auprès de 3 115 adultes et 1 675 enfants sur l’ensemble de l’année 2006. Son objectif était de fournir des données actualisées sur les consommations alimentaires, l’état nutritionnel et l’activité physique de la population. Ces informations sur la situation nutritionnelle en France en 2006 selon les indicateurs d’objectif et les repères du Programme national nutrition santé (PNNS) sont utiles pour le suivi de celui-ci lancé en 2001.

Parmi les principaux résultats, 35% des adultes et 58% des enfants sont des petits consommateurs de fruits et légumes (consommant moins de 3,5 portions par jour) alors que le PNNS s’est fixé comme objectif de santé publique moins de 45% de petits consommateurs. Quant aux apports en lipides, ils sont trop élevés chez 65% des adultes et 59% des enfants. La moyenne des apports en sel est de 8,5 g par jour chez les adultes et 6,9 g par jour chez les enfants, montrant l’atteinte globale de l’objectif de santé publique fixé à 8 g par jour en moyenne. L’objectif de santé publique relatif à l’anémie ferriprive semble également atteint : celle-ci ne concerne en effet que 3% des femmes en âge de procréer dans l’étude ENNS.

L’étude ENNS montre que près de la moitié des adultes sont en surpoids (57% des hommes et 41% des femmes) et parmi eux, 17% sont obèses. Compte tenu des méthodes de mesure utilisées dans l’étude ENNS, ces résultats sont cohérents avec les données nationales récentes. Par ailleurs, un tiers des adultes ont une pression artérielle élevée ou prennent un traitement anti-hypertenseur. Chez les enfants, 18% sont en surpoids dont 3,5% sont obèses, prévalences comparables à celles observées au début des années 2000 dans d’autres études. Les deux tiers des adultes et des adolescents déclarent pratiquer quotidiennement une activité physique équivalente à au moins 30 minutes de marche rapide. Mais le temps moyen passé devant un écran (télévision, ordinateur, jeux vidéo) est de trois heures ou plus chez 53% des adultes et 39% des enfants de 3 à 17 ans.

Réalisée dans le cadre du PNNS, l’étude ENNS présentée aujourd’hui permet de disposer de données récentes sur la situation nutritionnelle des adultes et des enfants vivant en France. Cette étude montre des résultats encourageants mais des progrès restent à accomplir, notamment dans les catégories socioéconomiques chez lesquelles la situation est actuellement la plus défavorable.

L’Étude Nationale Nutrition Santé 2006

Le Programme national nutrition santé (PNNS) a été mis en place en 2001 par le ministère de la Santé. Son but général est d’améliorer la santé de la population en agissant sur l’un de ses déterminants majeurs, la nutrition. Cinq de ses neuf objectifs prioritaires portent sur l’alimentation (fruits et légumes, calcium, lipides, glucides, alcool), trois sur l’état nutritionnel (LDLcholestérol, pression artérielle et corpulence) et un sur l’activité physique.

Chacun a été défini par une amélioration attendue d’un ou plusieurs indicateurs quantifiés. Ces objectifs ont été traduits en repères de consommation portant sur différents groupes d’aliments et l’activité physique, repères diffusés auprès du public par des guides et des campagnes de communication. L’Unité de surveillance et d’épidémiologie nutritionnelle (Usen) a été chargée de réaliser une étude dont l’une des finalités était de décrire la situation nutritionnelle en France selon ces indicateurs d’objectifs et ces repères.

L’Étude nationale nutrition santé (ENNS) a donc été mise en place pour décrire les consommations alimentaires, l’état nutritionnel et l’activité physique d’un échantillon national d’enfants (3-17 ans) et d’adultes (18-74 ans) résidant en France métropolitaine. Suite à l’inclusion des sujets sur la base d’un plan de sondage aléatoire à trois degrés, le recueil des données alimentaires a consisté en trois rappels des 24 heures répartis sur une période de 15 jours, réalisés par téléphone chez les personnes de 15 ans et plus, et en face-à-face chez les plus jeunes.

Pour les adultes, les mesures anthropométriques, de pression artérielle et les prélèvements biologiques ont été réalisés dans un Centre d’examens de santé (CES) de l’Assurance maladie ou à domicile grâce au passage d’un infirmier, selon des procédures standardisées. Les enfants ont été pesés et mesurés à domicile par les diététiciens en charge du recueil des données. Celui-ci comprenait également des questionnaires portant notamment sur l’activité physique et la sédentarité, les caractéristiques sociodémographiques, la consommation d’alcool, la prise de médicaments, l’exposition environnementale aux métaux lourds et pesticides...

Les analyses descriptives présentées dans le rapport complet sont pondérées en tenant compte du plan de sondage et redressées selon des caractéristiques sociodémographiques. Ce rapport présente la situation nutritionnelle observée dans l’étude ENNS selon les indicateurs d’objectifs et les repères du PNNS chez les adultes et les enfants, de façon globale, par sexe et par classe d’âges. Ces résultats mettent en évidence les thèmes nutritionnels ainsi que les groupes à risque qui devraient faire l’objet des prochaines priorités de santé publique.

Ces analyses seront complétées par l’identification des déterminants associés aux caractéristiques nutritionnelles, en particulier d’un point de vue socio-économique, et par la comparaison avec les données ayant servi à établir les bases épidémiologiques du PNNS.

(Communiqué et dossier de presse de l’Institut de Veille Sanitaire - 12 décembre 2007)

Source : Alexandre Glouchkoff, Diététicien - Nutritionniste

SOURCE : Toute la diététique !

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