L'amélioration des habitudes de vie est plus bénéfique que les médicaments contre l'obésité

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Le professeur Jean-Pierre Després, de la Faculté de médecine de l'Université Laval, a rendu publics ce matin les résultats d'une vaste étude menée auprès des hommes obèses. Les conclusions de l'étude SYNERGIE sont claires : l'amélioration des habitudes alimentaires et la pratique régulière d'activité physique supervisée par des professionnels génèrent des bénéfices cardiovasculaires et métaboliques qui se comparent avantageusement à ceux obtenus à l'aide des médicaments contre l'obésité.

L’amélioration des habitudes de vie est plus bénéfique que les médicaments contre l’obésité - Crédit photo : www.fondationsante.com Les résultats ont été dévoilés à l’occasion du Congrès de la Fédération des kinésiologues du Québec, qui se sont déroule au Mont-Sainte-Anne du 30 avril au 02 mai. Les chercheurs ont recruté 144 hommes qui présentaient un surpoids avec obésité abdominale et un profil anormal des lipides sanguins. Ils les ont suivis pendant trois ans. Plutôt que de prendre des médicaments contre l’obésité, les participants se sont vu prescrire des menus élaborés à partir de leurs préférences alimentaires ainsi qu’un programme d’exercices personnalisé.

« Nous ne voulions pas leur imposer des changements majeurs qu’ils n’auraient pas été en mesure de respecter, précise le professeur Després. Les nutritionnistes et les kinésiologues de l’équipe ont plutôt élaboré des menus à partir des aliments sains que les participants consommaient déjà, et ils leur ont proposé des activités physiques qui convenaient à leur style de vie ».

Les données recueillies au terme de l’étude indiquent que les participants ont perdu environ 4 kg et que leur tour de taille a diminué de 5 cm. Ces modifications ont entraîné une perte de 18 % du tissu adipeux viscéral, un type de graisses qui accroît le risque de maladies cardiovasculaires et de diabète. Ces changements ont aussi eu une incidence sur les indicateurs de santé des sujets. Les fréquences cardiaques, la tolérance au glucose et la concentration de triglycérides ont sensiblement diminué.

Le professeur Després, qui est aussi directeur de la recherche en cardiologie à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, va encore plus loin dans ses conclusions. Selon lui, « il n’est pas nécessaire de normaliser le poids corporel et d’atteindre le “poids santé” pour réduire les facteurs de risque cardiovasculaire. Les hommes qui réduisent leur adiposité abdominale viscérale, la fameuse “bedaine de bière”, ont de meilleures chances d’améliorer leur profil de risque cardiovasculaire, même si certains sont encore considérés comme obèses. » Tout est dans la répartition du poids corporel.

Pour l’équipe de chercheurs, de tels programmes devraient être implantés dans les unités de médecine familiale pour les patients qui présentent un symptôme d’obésité viscérale. Les coûts raisonnables du programme, environ 1 200 $/patient annuellement, se comparent avantageusement avec la médication et les avantages sont bien plus intéressants à long terme.

Le projet SYNERGIE a coûté 1 M$ et a été financé par les Instituts de recherche en santé du Canada. Les professeurs Paul Poirier, Angelo Tremblay, Natalie Alméras et Jean Bergeron ont contribué à cette étude, dirigée par Jean-Pierre Després.

(Par Martin Guay - Université Laval - Communiqué du 01 mai 2009)

SOURCE : Université Laval

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