L'aluminium : ami ou ennemi ?

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La croûte terrestre est faire majoritairement de silice et d'aluminium... rien d'étonnant à ce que nous soyons donc entourés d'alu, et qu'il participe à de nombreuses activités anthropogéniques comme le traitement de l'eau, la dépollution, la fabrication du papier, des mastics, des adjuvants de vaccins et d'aliments en poudre comme le sel ou le lait, des additifs alimentaires...

L'alu est aussi présent en alliage dans nombre de matériels, appareils, cosmétiques, antiperspirants, et - bien sûr ! - dans des ustensiles de cuisine. Si les études restent contradictoires entre aluminium et altération du cerveau, elles laissent les patients très craintifs devant des médecins sceptiques.

Que faut-il en penser ?

D'un strict point de vue scientifique, le lien entre exposition à l'aluminium et maladies neurodégénératives n'est démontré que chez les animaux (rats, drosophiles) et les populations humaines fortement en contact avec l'aluminium, pour des raisons professionnelles. Rien n'a été démontré pour la maladie d'Alzheimer.

Plus que la teneur des aliments en aluminium, il importe de considérer que cet élément peut s'accumuler dans l'organisme et qu'effectivement, certains groupes de patients européens ont des apports qui semblent bien trop importants.

Alu dans les aliments

L'alimentation est la plus importante voie d'apport : fruits et légumes contiennent environ 0,5 mg/100 g quand les produits cuisinés en fournissent le double (pain : 1 mg/100 g). Les aliments les plus riches sont le thé, les herbes, le cacao et les épices.

L'exposition alimentaire totale à l'aluminium varie de façon importante selon le pays et la source : entre 1,6 et 13 mg d'aluminium par jour (source : EFSA 2010). Les enfants et surtout, les bébés nourris au lait maternisé, ont en général des apports alimentaires rapportés au poids corporel plus importants. L'aluminium des matériaux en contact avec les aliments ne représenterait qu'une faible fraction de l'apport total...

Étant donné la tendance de l'aluminium à s'accumuler dans l'organisme après une exposition alimentaire, le groupe scientifique de l'EFSA a considéré qu'il était plus approprié d'établir pour l'aluminium une dose hebdomadaire tolérable (DHT) plutôt qu'une dose journalière tolérable (DJT).

Une DHT de 1 mg d'aluminium/kg de p.c./semaine a été proposée. L'aluminium sous forme de chlorhydrate ou de chloride, est fortement soupçonné d'interférer avec les récepteurs à œstrogène (MCF7) sur les cellules cancéreuses du sein, ce qui allonge la liste des métaux capables d'interférences avec l'œstrogène. L'exposition alimentaire journalière à l'aluminium, estimée pour la population générale et évaluée dans plusieurs pays européens, variait de 0,2 à 1,5 mg/kg de p.c./semaine en moyenne et pouvait atteindre 2,3 mg/kg de p.c./semaine chez les gros consommateurs exposés. (Source : FFSA et diverses études)

La DHT de 1 mg/kg de p.c./semaine est donc dépassée dans une proportion significative de la population européenne. Les céréales et les produits à base de céréales, les légumes, les boissons et certaines préparations pour nourrissons (à base de soja et celles pour les prématurés) s'avèrent apporter la plus grande contribution à l'exposition alimentaire à l'aluminium.

(Consultation Nutrition n°1 - Décembre 2010)

SOURCE : NUTRIMARKETING SA

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