L'allaitement joue un rôle primordial dans la programmation immunitaire du nouveau-né

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Deux équipes de chercheurs de l'INRA de Jouy-en-Josas et du centre de recherche Nestlé de Lausanne en Suisse, ont étudié l'influence de l'allaitement maternel dans la mise en place de la flore microbienne intestinale du nouveau-né. Elles ont montré que des bactéries ayant pour origine l'intestin de la mère transitent par le lait. La mère transmet donc par l'allaitement, des éléments qui vont contribuer à la colonisation de l'intestin de son enfant et auront un impact sur la mise en place de son immunité.

A la naissance, le nouveau-né ne possède aucune bactérie dans son tube digestif. Ce dernier est rapidement colonisé par une flore microbienne provenant, principalement de la mère et de l'environnement. Sa flore microbienne intestinale se constitue peu à peu, et va jouer un rôle essentiel dans l’éducation du système immunitaire. Ainsi l’intestin sera capable de reconnaître et tolérer certaines bactéries utiles ou neutres pour l’organisme pour les héberger et d’identifier d’autres bactéries pathogènes pour les combattre.

Il a déjà été démontré que la colonisation bactérienne et la susceptibilité aux maladies sont différentes chez les nouveaux-nés allaités et ceux nourris avec des formules infantiles. Pour mieux comprendre l’influence de l’allaitement maternel dans la mise en place de la flore intestinale des bébés, les chercheurs ont étudié des couples mère/nouveau-né de la naissance à 4 semaines post-partum. Ils ont démontré qu’il existe un lien entre la flore intestinale des nouveau-nés nourris au sein et celui de leur mère.

Les mêmes espèces bactériennes, appartenant aux genres Bifidobacterium, Streptococcus et Staphylococcus, sont présentes dans le lait des mères allaitantes et dans la flore intestinale de leurs enfants. Les composantes bactériennes de ces espèces sont également retrouvées dans les cellules sanguines des mères, ce qui suggère leur transit depuis les cellules intestinales aux glandes mammaires à travers le sang. Ces composantes sont par la suite transmises au bébé allaité à travers le lait maternel.

Ces résultats indiquent donc que la mère peut transmettre au nourrisson, via l’allaitement au sein, des composantes bactériennes de sa propre flore intestinale et qui pourront s’implanter dans le tube digestif du nouveau-né et donc contribuer à la programmation de son système immunitaire.

Une étude complémentaire chez la souris a montré que des bactéries de l’intestin sont présentes dans les ganglions et dans les glandes mammaires dès la fin de la gestation. Chez les rongeurs, ce transfert de bactéries se met donc en place avant même la naissance du nouveau-né.

Les chercheurs étudient actuellement de manière plus fine les mécanismes en jeu dans ce nouveau mode de communication mère-enfant et la variabilité du phénomène sur une cohorte plus importante de couples mère-enfant.

Ces nouvelles connaissances pourront être utiles à la formulation de recommandations en terme de nutrition pour la femme enceinte et allaitante, ainsi que le nouveau né.

(Pediatrics, vol 119, n°3, Mars 2007)

SOURCE : Service Presse INRA

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