L'alimentation pré et postnatale laisse une « empreinte » nutritionnelle

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Pendant le dernier trimestre de la grossesse, le poids du foetus est multiplié par trois et, après la naissance, le poids du bébé triple à nouveau en un an. Cette croissance fulgurante traduit l'impact, connu de longue date, de la nutrition périnatale.

Depuis peu s’y ajoutent des enjeux de santé : des études épidémiologiques ont en effet montré une corrélation entre un petit poids de naissance, signe de dénutrition in utero, et un risque accru d’obésité, de maladies cardiovasculaires, de diabète, d’hypertension ou de cancer à l’âge adulte. De même, plusieurs études laissent penser que l’alimentation des premiers mois de vie postnatale influe sur les risques ultérieurs d’obésité ou de diabète. L’exposition à certains nutriments (ou leur carence) dans la période périnatale laisse une « empreinte » métabolique qui aurait des conséquences sur la santé de l’adulte.

Les mécanismes en jeu ne sont pas connus. Une équipe de neurophysiologistes de l’Inra de Nantes étudie actuellement la piste d’éventuelles modifications épigénétiques d’une partie de notre cerveau, l’hypothalamus, qui pourraient perturber à long terme la régulation de la prise alimentaire. Bien que l’alimentation précoce affecte la maturation de tous les organes, ses effets sur l’intestin, organeclé de la nutrition, sont mal connus. Ils sont abordés par une autre équipe de chercheurs.

Nous entamons sur ces thèmes des études expérimentales et cliniques grâce à la présence de néonatologistes dans notre unité de recherche. Il s’agit notamment de mesurer les conséquences de l’apport néonatal de plusieurs nutriments des laits maternels et artificiels : d’une part, le rôle des oligosaccharides, qui ont un impact majeur sur le côlon et sont spécifiques du lait humain ; d’autre part, le rôle de certaines protéines dont la teneur est renforcée dans les laits infantiles par rapport au lait maternel pour accélérer la croissance.

Or, s’il est de tradition de vouloir faire rattraper au plus vite le retard de croissance aux nouveau-nés de faible poids, la controverse scientifique s’accentue sur le fait de savoir si cette accélération de croissance n’a pas des effets négatifs à long terme sur plusieurs organes du futur adulte.

(Dominique Darmaun directeur de l’UMR « Physiologie des adaptations nutritionnelles » Inra-Université de Nantes)

SOURCE : INRA

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