L'alimentation influence nos rythmes biologiques

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Les rythmes biologiques jouent un rôle important dans la construction de nos comportements habituels (alimentation, sommeil...). Il existe de nombreux modèles de rythmes biologiques et des chercheurs viennent de faire une découverte qui permet de mieux comprendre comment nos horloges peuvent être « remises à l'heure ».

« L’alimentation influence nos rythmes biologiques » - Crédit photo : www.tc.gc.ca Notre vie est dirigée par les rythmes biologiques : nous sommes soumis au rythme du jour et de la nuit, avec des cycles comme le cycle veille-sommeil, qui suivent ce rythme et que l’on appelle rythmes circadiens. Certains autres cycles sont plus longs que celui du jour et de la nuit, comme le cycle menstruel de la femme par exemple. Leur fréquence est moins grande que celle des cycles circadiens et l’on parle alors de cycles infradiens. D’autres encore surviennent plusieurs fois par jour : leur fréquence est supérieure à celle des cycles circadiens et on les appelle supradiens.

Centrale et périphériques

Pour les cycles circadiens, on sait depuis longtemps qu’ils sont réglés par une glande profondément enfouie dans le cerveau, sensible à la lumière et reliée aux voies optiques. Cette glande appelée épiphyse ou glande pinéale, est en quelque sorte notre horloge biologique centrale. Elle participe, chez nous comme chez les autres mammifères, à la coordination de nos comportements et du fonctionnement de notre corps en activant et en mettant alternativement au repos des milliers de gènes de nos cellules.

Cette horloge centrale est elle-même influencée par des horloges secondaires cachées dans nos organes, notamment dans le foie. Ce qui est étonnant, c’est que l’horloge du foie est régulée, non pas par la lumière mais par ... l’alimentation. Elle anticipe la prise d’aliments et optimise le temps des processus métaboliques (transformations biochimiques qui se déroulent dans les organismes vivants, dont le nôtre).

On et off

Une question difficile était de comprendre comment cette horloge du foie pouvait être informée de notre état alimentaire. En étudiant des cellules en culture, des chercheurs ont montré qu’au cours de la réponse à la prise d’aliments, une enzyme appelée AMPK déclenche un signal qui sert de messager pour transmettre cette information au foie, en fonction de l’alimentation. Cette enzyme a une activité rythmique et est capable de déstabiliser l’horloge hépatique et ainsi d’engendrer des modifications de fonctionnement de l’horloge centrale. On pourra peut-être en déduire un jour des applications pratiques en vue d’une meilleure gestion de nos rythmes de sommeil ou de nos rythmes alimentaires.

(Science 16 Octobre 2009: 378-379.)

SOURCE : Diffu-Sciences

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