L’alimentation des 1 à 3 ans : 10 conseils pour un tournant décisif

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Après l’alimentation essentiellement lactée de la 1ère année, les deux années qui suivent sont une période charnière. Entre 1 et 3 ans, l’enfant entre dans une période de croissance très rapide. Il acquiert aussi son répertoire alimentaire et développe ses goûts, qui influenceront ses choix nutritionnels et sa santé à l’âge adulte. D’où l’intérêt de le familiariser avec un maximum d’aliments. Et d’éviter quelques écueils parmi les plus courants.

C’est bien connu : ils préfèrent les pâtes, les frites, les steaks hachés. Et ont moins d’attrait pour les légumes verts ou le poisson. Or, entre 1 et 3 ans, c’est précisément le moment où il faut habituer les enfants à faire connaissance avec le plus grand nombre possible d’aliments.

Les emmener au marché. Leur montrer le jardin où poussent les légumes. Les arbres où l’on cueille les fruits… Dans ces premières années, l’enfant doit apprendre à diversifier son alimentation. Il va fixer peu à peu ses goûts. Mettre en place les jalons de l’équilibre alimentaire.

Dans cette période clé, il est bon d’éviter certaines erreurs. Et de savoir franchir quelques obstacles :

  • N’abandonnez surtout pas le lait. L’ANSES a mis en garde contre son remplacement par des jus végétaux, une dérive qui sévit dès la 1ère année de la vie de l’enfant. Les jus de soja, d’amande ou autres ne répondent pas aux besoins nutritionnels de l’enfant. Ils mettent en péril sa croissance et ne sauraient se substituer aux produits laitiers.
  • Evitez d’encourager la consommation de produits hautement caloriques et à faible valeur nutritionnelle : frites, chips, pizzas, sauces ketchup et mayonnaise, pâtes à tartiner, confiseries, charcuteries… Pas d’interdit absolu, bien sûr, mais surtout pas d’excès !
  • Attention aussi aux excès d’aliments sucrés et de jus de fruits. Les biscuits et boissons sucrées entre les repas sont à limiter le plus possible. A table, l’eau est la boisson idéale. Le lait est nécessaire pour la croissance et la minéralisation osseuse.
  • Les apports de produits laitiers doivent fournir l’équivalent de 500 ml par jour (1/2 litre).
  • Les apports de matières grasses (huiles diverses, beurre…) doivent être suffisants. Les acides gras essentiels sont nécessaires notamment pour le développement du cerveau. Or, après l’âge de 1 an, l’enfant ne reçoit plus que 500 ml de lait au lieu de 800 ml et il a besoin de lipides pour compenser cette diminution d’apports.
  • Les excès de sel sont un risque possible, surtout si l’enfant est nourri avec des produits industriels conçus pour les adultes. Mieux vaut lui préparer des plats ou choisir des produits adaptés à son âge.
  • L’enfant de 2-3 ans entre dans une période où il a tendance à s’opposer, à dire non. Notamment à tout aliment nouveau. La néophobie alimentaire, peur de la nouveauté, est une attitude courante. Sans perdre patience, il est conseillé de lui représenter plusieurs fois l’aliment. Voire sous des formes nouvelles : par exemple, des épinards à la crème… En tout cas ne jamais insister.
  • On ne devrait être ni trop laxiste ni trop autoritaire. Surtout, ne jamais forcer l’enfant à manger un aliment ni à finir son assiette. Le repas doit s’ancrer dans son esprit comme un moment de plaisir, non comme l’occasion d’un combat sans cesse répété.
  • Les parents sont aussi invités à donner l’exemple, à manger devant l’enfant ce qu’ils lui proposent. Leur propre alimentation a une influence déterminante sur l’enfant.
  • A cet âge, le challenge est de rassurer l’enfant sur tous les aliments qu’il ne connaît pas. Et qu’il doit découvrir non par la contrainte, mais de la manière la plus attractive et agréable…

Un rythme idéal à respecter : 4 repas par jour

  • Au petit-déjeuner : produit céréalier (pain, biscotte, etc.), lait et fruit. Un repas qui devrait être suffisamment copieux pour éviter la faim et la collation en milieu de matinée.
  • Au déjeuner : une entrée (un légume cru ou cuit) ; un plat de viande (ou volaille ou jambon ou œuf ou poisson) ; une purée de légumes verts + pomme de terre (ou un produit céréalier) + matière grasse ; du lait ou un fromage de texture adaptée ; un fruit cuit ou cru en dessert.
  • Au goûter : lait ou laitage, produit céréalier (pain, biscuit) et fruit en morceaux ou en compote.
  • Au dîner : des féculents et/ou des légumes, un biberon de lait ou un laitage, un fruit cru ou cuit.

(D’après une conférence du Dr Michel Vidailhet, Professeur émérite de pédiatrie à la Faculté de Médecine de Nancy), organisée à l’initiative du Fonds français pour l’alimentation et la santé (FFAS).)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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