L'alimentation de votre enfant : réponses à quelques petits « soucis »

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Vous saurez tout sur l'alimentation de l'enfant en lisant le livre récent du Dr Jean-Michel Lecerf (*). Tout ou vraiment presque tout, car on voit mal ce qui pourrait manquer à cet ouvrage aussi scientifique et explicatif que pratique et proche du quotidien pour « concilier plaisir, éducation et santé »... Nutrinews résume ici quelques réponses concrètes à diverses questions que se posent quotidiennement les parents.

« Concilier plaisir, éducation et santé »

Comment « marche » l’alimentation de l’enfant dès avant la naissance ? Quels sont les besoins réels de l’enfant au cours de sa croissance ? Quels sont les principes et les bases d’une bonne alimentation et que peut-on en attendre pour la santé et le développement de l’enfant ? Comment faire l’éducation du goût de votre enfant et comment le nourrir au quotidien ? A travers les différents chapitres de leur livre, Jean-Michel Lecerf et Bernadette Ragot répondent à toutes ces questions et à beaucoup d’autres qui préoccupent les parents, comme les difficultés de la diversification, la prévention de l’obésité ou encore des allergies. Comme ils l’annoncent eux-mêmes en sous-titre de l’ouvrage, ils souhaitent « concilier plaisir, éducation et santé »...

Comment lui faire manger des fruits ?

On peut les proposer en collation, dans la matinée ou au goûter, lorsque les enfants ont faim et non pas seulement en fin de repas. En « apéritif » aussi, en rentrant d’une promenade, après une activité physique...

Un détail utile : les enfants sont parfois rebutés par la peau et les fruits « tels quels », et il peut être efficace de bien les préparer : une pomme ou une poire épluchée et coupée en petits morceaux, une clémentine ou une orange présentée en quartiers appétissants et bien nettoyés peuvent emporter l’adhésion. Une présentation délicate et élégante est toujours plus tentatrice...

Comment lui faire aimer les légumes ?

L’habitude des crudités peut s’acquérir avec des légumes coupés en petits bâtonnets, trempés dans une sauce au yaourt ou au fromage blanc, et proposés en début de repas... Carottes, choux-fleurs, concombres, tomates, peuvent ainsi être mangés avec les doigts : ce qui est encore meilleur et donne toute sa place au toucher, un des sens qui participent à la connaissance et à l’acceptation des aliments ! Comme pour les fruits, la présentation compte aussi beaucoup : jouez sur la beauté de l’assiette, sur les couleurs, en associant les légumes, mais sans excès (car les enfants n’aiment pas toujours les mélanges) et surtout en les faisant participer à la préparation des plats. Quand arriveront l’automne et l’hiver, pensez aux soupes, qui sont un très bon moyen de faire découvrir les légumes : même les plus difficiles, comme les brocolis ou les endives, peuvent obtenir du succès en veloutés. Enfin, vous pouvez faire aimer les légumes cuits à vos enfants en les intégrant dans de véritables plats comme les gratins (endives, choux-fleurs, courgettes...), les tourtes, etc.

Comment lui éviter l’excès de poids ?

Encouragez chez lui l’activité dès le plus jeune âge : le tapis d’éveil plus souvent que le transat ! Méfiez-vous aussi d’une diversification alimentaire trop précoce. Lorsqu’il grandit, encouragez chez votre enfant toutes les activités qui font « bouger » : vélo, trottinette, piscine, sport...

Evitez lui les grignotages, en l’habituant à quatre repas par jour bienstructurés, pris le plus possible dans le calme, et sans télévision. Apprenez lui aussi à bien mâcher ses aliments. Attention aux produits « tout prêts » et aux tailles des portions, qui ont une nette tendance à augmenter. Et, d’une manière générale, aux excès de toutes sortes...

Peut-on éviter les allergies alimentaires ?

L’allergie menace surtout les enfants prédisposés, en raison d’un terrain familial favorable. On ne peut pas toujours la prévenir efficacement, mais on sait que l’allaitement maternel et une diversification alimentaire tardive (après 6 mois) ont un effet protecteur.

Comment lui faire prendre un petit déjeuner le matin ?

D’abord en lui donnant l’exemple et en prenant le temps d’en faire un vrai repas de famille, quitte à se lever un quart d’heure plus tôt... Le petit déjeuner permet de mieux réguler les prises alimentaires des autres repas. Si votre enfant n’a pas faim en se levant, essayez un jus de fruit pour lui ouvrir l’appétit. Au pire, faites-lui emporter du pain, une part de fromage ou une briquette de lait, mais le mieux est vraiment de petit déjeuner à la maison.

Faut-il encore donner un goûter à un enfant un peu gros ?

Oui, car ce « quatrième repas » rythme les prises alimentaires au cours de la journée. Un temps trop long entre le déjeuner et le dîner risque d’entraîner une surconsommation le soir. Mieux vaut donc entre-temps une collation légère, telle un yaourt ou un fruit...

Que faire si mon enfant mange trop peu ?

L’essentiel est de surveiller sa courbe de croissance, car un enfant, en principe, ne se laisse jamais mourir de faim ! Par contre, il peut tout à fait être irrégulier dans ses apports : un jour chipoter, un autre dévorer... Car il équilibre lui-même ses apports sur plusieurs jours. Il faut en tout cas éviter de le forcer et de faire des repas un moment de tension ou de conflit. Et s’interdire aussi de vouloir compenser à tout prix un petit appétit par des grignotages.

Que faire si mon enfant mange trop ?

Là encore, il faut s’en remettre à la courbe de corpulence. Si elle est normale, veillez simplement à bien calibrer les rations alimentaires et à lui faire éviter les grignotages. Face à un solide appétit, on fera une bonne place aux glucides complexes (pain, riz, pâtes, légumes secs...), aux fruits et aux légumes, au détriment des aliments gras sucrés. Et, bien sûr, on encouragera l’activité physique.

Comment lui faire aimer la viande ?

Si un enfant dit ne pas aimer la viande, on peut toujours (avant que son goût évolue) lui trouver d’autres sources de protéines animales : poisson, oeufs, produits laitiers. Ou encoreassocier protéines végétales et animales, dans des gratins de pâtes au fromage, des tartes aux légumes avec oeuf ou crème, etc...

Faut-il donner des compléments alimentaires aux enfants, par exemple des oméga 3 ou des vitamines ?

Les acides gras essentiels oméga 3, nécessaires au développement du cerveau et du système nerveux, se trouvent dans l’alimentation. Ils sont apportés d’abord par le lait maternel, mais aussi, plus tard, par des aliments comme les poissons gras (dont la consommation est recommandée au moins deux fois par semaine), les huiles de colza ou de noix...

En principe, une alimentation variée et équilibrée suffit à éviter toute déficience en acides gras, vitamines ou minéraux. On peut adapter cette alimentation aux besoins et aux saisons : en hiver, par exemple, période propice aux rhumes, donner régulièrement des agrumes pour la vitamine C... Mais sauf prescription médicale particulière, il n’est pas besoin de comprimés : pensez qu’un comprimé de 500 mg de vitamine C apporte l’équivalent d’un kilo d’oranges ! C’est manifestement trop !

(*) Dr Jean-Michel Lecerf, avec Bernadette Ragot. « Mieux nourrir mon enfant » aux Éditions de l’Atelier / Éditions ouvrières, Paris, 2006.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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