L'alcool et les idées reçues

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Cinq millions de Français font un usage régulier excessif d'alcool, c'est-à-dire une consommation moyenne supérieure aux seuils fixés par l'OMS (soit deux verres par jour pour les femmes, trois pour les hommes et quatre par occasion de boire). La nouvelle campagne de communication de l'Inpes s'adresse à eux et, plus spécifiquement, aux hommes de 35-49 ans, cible très exposée.

Chaque année, près d'un décès par cancer sur neuf (1) est attribuable à l'alcool. En moyenne, la consommation excessive est à l'origine de 14 % des décès masculins et de 3 % des décès féminins. La France est ainsi au onzième rang mondial de la consommation moyenne d'alcool par habitant. À l'échelle européenne, le pays détient la plus forte sur- mortalité masculine liée à l'alcool, de 30 % supérieure à la moyenne de l'Europe. De plus, outre les décès qui lui sont directement attribuables, l'alcool agit comme "facteur associé" dans l'apparition de pathologies, dans les accidents de la route ou encore les violences...

Une consommation globalement masculine

La consommation d'alcool moyenne par habitant est en baisse depuis les années 70. Elle a continué à diminuer entre 2000 et 2005 sur deux plans : la fréquence et les quantités bues (2). Pour la première, le nombre de consommateurs quotidiens a chuté de 27 % chez les hommes et de 34 % chez les femmes. Pour les quantités, les résultats passent de 2,5 verres en moyenne en 2000 à 2,2 en 2005. Cependant, les hommes restent encore trois fois plus nombreux que les femmes à avoir bu tous les jours et deux fois plus nombreux plusieurs fois par semaine. Et la proivresses est trois fois plus élevée chez eux (21,6 % contre 7,5 %), culminant à 48,3 % pour les 20-25 ans.

La convivialité, facteur d'excès

Contre toute attente, les modes de consommation des buveurs excessifs sont assez banals et les prises d'alcool sont concentrées lors des repas. Ainsi, plus de 85 % des hommes et plus de 80 % des femmes ayant dépassé les seuils de consommation à risque dans la journée ont bu de l'alcool pendant le dîner. Viennent ensuite les moments d'apéritif, où les femmes sont proportionnellement plus nombreuses à consommer de l'alcool avant le dîner (55,1 % contre 50,4 % pour les hommes). Le week-end est sans conteste le moment de la semaine où les excès sont le plus fréquemment constatés, et plus précisément le samedi. Non pas à l'occasion des fêtes nocturnes de fin de semaine, mais au cours des repas familiaux, à domicile.

Le plan de campagne

Un film, 5 millions de Français ont un problème avec l'alcool. Et si les autres c'était vous ?, est programmé du 30 avril au 20 mai sur l'ensemble des chaînes. L'idée-force s'appuie sur un comportement observé chez les hommes : c'est toujours l'autre qui est censé trop boire et jamais soi-même. Des situations de consommation quotidiennes et anodines mettent en scène une galerie de portraits où chacun se défausse sur l'un de ses amis.

Cinq spots radio, diffusés du 27 avril au 24 mai, complètent la campagne. Quatre tentent de désamorcer les idées reçues les plus répandues - Je tiens bien l'alcool / Je ne suis jamais ivre / Je ne bois jamais d'alcool fort... -et martèlent les seuils à risque. Puis, une voix off rappelle les risques encourus et invite les auditeurs à parler de leur consommation avec leur médecin. Le cinquième spot énonce, lui, un message simple : Zéro alcool pendant la grossesse.

Soucieux de relayer efficacement l'information et de faciliter le dialogue pendant les consultations, l'Inpes a envoyé aux généralistes le dépliant Alcool, votre corps se souvient de tout, accompagné d'un courrier rappelant les grandes lignes de la campagne et les outils mis à leur disposition.

Références

  1. Catherine Hill, Alcool et risque de cancer, Actualités et dossier en santé publique n° 30. La Documentation française, mars 2000.
  2. Baromètre santé 2005. Premiers résultats. Éditions Inpes, mars 2006.

SOURCE : INPES

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