L'Afssa réévalue les ANC pour les lipides : ni trop, ni trop peu

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Les nouveaux apports nutritionnels conseillés (ANC) pour les lipides et les différentes catégories d'acides gras viennent d'être redéfinis par l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) afin de couvrir les besoins physiologiques de la population mais aussi de prévenir certaines pathologies.

« L'Afssa réévalue les ANC pour les lipides : ni trop, ni trop peu » - Crédit photo : www.teteamodeler.com Pour prévenir les principales pathologies potentiellement liées aux habitudes alimentaires (maladies cardio-vasculaires, diabète, obésité, cancer), la règle première est d'équilibrer les apports et les besoins énergétiques. En l'absence d'excès d'apport énergétique, l'Afssa recommande aussi que la part de lipides atteigne 35 à 40 % (pour 30 à 35 % auparavant). Cette fourchette est naturellement globalement respectée par les consommateurs français même si 43 % des adultes et 34 % des enfants la dépassent.

Les acides gras saturés sont consommés en excès par la population française (16 % des apports énergétiques en moyenne alors que l'apport nutritionnel conseillé est inférieur à 12 %). Ils sont notamment constitués d'acides laurique, myristique et palmitique qui, en excès, sont athérogènes (*). Cependant les autres acides gras saturés à chaînes courtes et moyennes peuvent avoir des effets positifs sur la santé.

Parmi les acides gras polyinsaturés :

  • L'acide alpha-linolénique, précurseur de la famille des oméga-3 et l'acide linoléique, précurseur de la famille des oméga-6 sont indispensables à l'organisme mais l'apport d'acide linoléique ne doit pas se faire au dépend de l'acide alpha-linolénique pour lequel l'Afssa augmente l'apport conseillé à 1 % des apports énergétiques.

  • L'EPA, acide eicosapentaénoïque et le DHA, acide docosahexaénoique, sont des acides gras oméga-3 à longue chaîne. L'Afssa fixe l'apport nutritionnel conseillé en EPA en prévention des maladies cardiovasculaires. Elle augmente à 250 mg/jour celui du DHA, considéré dorénavant comme acide gras indispensable au même titre que l'acide linoléique et l'acide alpha-linolénique, et qui est essentiel pour le développement et le fonctionnement cérébral et visuel.

L'Afssa recommande donc de consommer ni trop ni trop peu de lipides !

« Ni trop peu » car les lipides ont des effets bénéfiques sur la santé à condition de diversifier les apports en graisses végétales et animales pour respecter l'équilibre des apports entre les différents acides gras. A l'exception de l'huile de palme (très riche en acide palmitique et présente dans de nombreux produits manufacturés), il est conseillé de consommer et de diversifier les huiles végétales (les huiles de colza et de noix sont les sources principales d'acide alpha-linolénique). Parmi les deux portions de poissons recommandées par semaine, il ne faut pas oublier ceux qui sont gras car ils sont une source presque exclusive de DHA et EPA.

Ces différents éléments permettront d'affiner les orientations et objectifs du Programme National Nutrition Santé (PNNS). Ils conduiront l'Afssa à analyser précisément la composition des principaux aliments vecteurs en acide gras et à traduire, dans le cadre d'un travail scientifique complémentaire, ces données en recommandations alimentaires pour la population.

(*) Athérogène : se dit d'une substance qui favorise le dépôt de plaques riches en cholestérol sur la paroi interne des artères.

Pour de plus amples informations, consulter l'Avis du 1er mars 2010 relatif à l’actualisation des apports nutritionnels conseillés pour les acides gras.

SOURCE : AFSSA

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