L'actualité de la recherche sur l'obésité

lu 1820 fois

L'obésité menace la santé et la qualité de vie d'un nombre croissant d'Européens. Pour cette raison, les gouvernements des différents pays de l'Union et la Commission européenne ont engagé des ressources appréciables pour trouver les moyens d'inverser cette tendance.

Même si nous avons considérablement enrichi nos connaissances sur les mécanismes de contrôle du poids et que nous savons que le poids est influencé par les caractéristiques génétiques, l'augmentation actuelle de l'obésité en Europe est considérablement influencée par le mode de vie, l'alimentation et l'activité physique. Il importe d'étoffer les connaissances sur les facteurs précis qui favorisent l'obésité, ce qui permettra de concevoir des politiques de santé publique préventives. Vous trouverez ci-dessous un aperçu des projets de recherche actuellement subventionnés par l'Union Européenne dans ce domaine.

Nutrition précoce

On pense que la nutrition pendant la gestation et la petite enfance influence la santé et le développement ultérieurs de l'enfant. Pas moins de trois projets s'intéressent à la nutrition maternelle et infantile afin de déterminer comment l'alimentation précoce agit sur le risque ultérieur d'obésité et (ou) de maladies invalidantes comme le diabète, les maladies cardiovasculaires, le cancer et la maladie mentale. Le projet EARNEST examine les mécanismes qui sous-tendent la programmation précoce de la santé adulte et cherche à savoir si celle-ci peut être modifiée, voire inversée. Le projet NUTRIX s'intéresse à la croissance fœtale dans des conditions (nutritionnelles) prénatales et postnatales défavorables et à l'influence de ces conditions sur le risque d'obésité à l'âge adulte ; l'European Childhood Obesity Group (groupe européen d'étude de l'obésité infantile) cherche pour sa part à savoir s'il existe un lien entre le contenu en protéines de l'alimentation des nourrissons et les déterminants précoces de l'obésité.

Adolescence

L'adolescence est une période de changement au cours de laquelle de nombreuses habitudes durables - tant saines que malsaines - se développent. C'est pourquoi l'adolescence est un moment privilégié pour acquérir des comportements sanitaires positifs et des modes de vie sains et pour les renforcer. Le projet HELENA est une étude sur trois années conçue pour comprendre et améliorer les habitudes nutritionnelles et le mode de vie des adolescents européens. Une meilleure connaissance de l'activité physique, des choix et des préférences alimentaires permettra d'élaborer des outils pédagogiques informatisés plus efficaces pour cette population.

Composition du régime alimentaire

La composition du régime alimentaire en macronutriments, son rôle dans le contrôle du poids et les interactions avec nos gènes continuent de mobiliser l'attention de nombreux chercheurs. Plusieurs projets sont actuellement en cours dans ce domaine comme par exemple DIOGENES qui porte sur le rôle des glucides et notamment sur l'indice glycémique (qui mesure l'augmentation de la glycémie sanguine après l'absorption d'un aliment donné par rapport à un aliment standard et fournit une indication de la vitesse à laquelle les glucides sont digérés et passent dans la circulation sanguine) et les protéines dans la prévention de la prise de poids et du non-maintien du poids perdu après un régime amaigrissant. LIPGENE pour sa part cherche à savoir si la composition des graisses alimentaires agit sur un des effets indésirables essentiels de l'obésité, à savoir la résistance à l'insuline, et si ce processus est affecté par les variations génétiques.

Comportement

Plusieurs de ces études comportent des volets psychologiques et (ou) comportementaux pour identifier les personnes qui courent un risque particulier de prise de poids. L'étude Factors in Healthy Eating entend pour sa part appréhender les caractéristiques sociales, psychologiques et génétiques qui prédisposent une personne donnée aux troubles de l'alimentation. Le projet a déjà identifié les facteurs de risque et de protection chez des sujets individuels et leurs familles, facteurs qui se rapportent à la perte de poids chez les jeunes patients obèses et aux gènes susceptibles de rendre une personne plus vulnérable aux troubles de l'alimentation.

Futures politiques

Les résultats de ces études auront des répercussions sur les futures mesures de santé publique. Les résultats de la recherche permettront notamment :

  • de nous aider à comprendre quelle alimentation conseiller aux mères et aux nourrissons pour que les enfants ne développent pas les phénotypes qui les prédisposent à trop s'alimenter et à l'obésité ;
  • de mieux comprendre l'équilibre optimal des apports énergétiques et de l'activité physique et les conditions qui empêchent la prise de poids et d'autres maladies chroniques ;

  • d'identifier les personnes à risque élevé de troubles de l'alimentation et les moyens à mettre en œuvre pour leur venir en aide ;

  • de mieux savoir comment motiver les adolescents à faire des choix de vie équilibrés.
En attendant et pour plus de renseignements sur chaque projet et leur évolution, veuillez visiter leur site Web respectif.

Pour plus de renseignements :

SOURCE : EUFIC

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s