L'activité physique régulière limite la prise de poids au cours de la vie

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L'obésité et l'activité physique dépendent l'une et l'autre du capital génétique et de l'environnement pendant l'enfance. Le capital génétique de l'humanité se modifiant lentement, les causes de l'épidémie actuelle d'obésité seraient principalement environnementales. L'activité physique semble réduire la prise de poids au cours de la vie, mais les données prospectives à long terme manquent.

« L’activité physique régulière limite la prise de poids au cours de la vie » - Crédit photo : www.quotidien.uqam.ca Cette étude issue de la "Finnish Twin Cohort" (5663 paires de jumeaux, de même sexe, nés avant 1958) s’est intéressée aux jumeaux dont le niveau d’activité physique était discordant lors des évaluations de 1975 et 1981 : 146 paires répondaient à ces critères et furent contactées en 2005. Quatre vingt neuf paires (72 dizygotes, 17 monozygotes) furent finalement inclues et interrogées sur leur niveau d’activité physique entre 1981 et 2005.

Lors du suivi sur 30 ans, 42 paires de jumeaux restèrent discordantes pour leur niveau d’activité physique, et 49 ne le restèrent pas. Alors que les jumeaux étaient comparables (sauf pour l’activité physique) en 1975, une différence persistante de niveau d’activité physique les départagea ensuite. Chez les paires discordantes, les jumeaux "actifs" gagnèrent 5,4 kg de moins et 8,4 cm de tour de taille en moins. Chez les paires concordantes, il ne fut pas retrouvé de différences de poids ni de tour de taille après 30 ans de suivi.

Ces résultats n’étaient pas modifiés par le sexe, ni par le caractère monozygote ou dizygote des paires. De plus, les jumeaux "inactifs" avaient un risque relatif de devenir obèses de 4,5 par rapport aux jumeaux "actifs". Le faible nombre de paires monozygotes discordantes pour le niveau d’activité physique confirme que ce dernier a un fort déterminisme génétique. La confirmation d’une relation entre niveau d’activité physique et prise de poids chez les jumeaux dizygotes élimine un effet de l’environnement pendant l’enfance.

Au total cette étude montre donc que le niveau d’activité physique est un facteur protecteur important contre la prise de poids et ses risques métaboliques. N’en déplaise à certains de nos patients l’obésité n’est pas une "fatalité génétique" !

Sources et références :

  • Associations between longterm physical activity, waist circumference and weight gain: a 30-year longitudinal twin study, Waller K., Kaprio J. and Kujala UM. International Journal of Obesity, 2008, 32 : 353-361

(Objectif Nutrition n°88 - Mai 2008)

SOURCE : Institut Danone

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