L’activité physique, oui, mais ça ne suffit pas !

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L’activité physique, oui, mais ça ne suffit pas !

D’après les estimations de l’OMS, environ deux tiers à plus de trois quarts des adultes européens – mais seulement 10 à 20 % des enfants et des adolescents - ont un niveau d’activité physique conforme aux recommandations. L’activité physique régulière est indiscutablement bonne pour la santé, dans la mesure où elle diminue de nombreux facteurs de risque. Mais si l’on en croit trois chercheurs travaillant en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et en Afrique du sud, elle semble impuissante à lutter efficacement contre l’obésité... et donc son cortège de risques. Dans un éditorial voué à stimuler le débat, les chercheurs soulignent le rôle prépondérant de l’alimentation.

C’est un rapport récent des collèges de l’Académie royale de médecine du Royaume-Uni qui l’affirme : trente minutes d’exercice physique modéré cinq fois par semaine seraient plus efficaces que beaucoup de médicaments pour prévenir les maladies chroniques. On diminuerait ainsi d’environ 30 % le risque de maladie cardiovasculaire, de diabète de type 2, de démence, de certains cancers...

Néanmoins, l’activité physique n’est pas censée favoriser automatiquement la perte de poids. D’après les trois chercheurs internationaux qui citent ce rapport, on assiste depuis 30 ans à une explosion de l’obésité sans qu’il y ait eu beaucoup de changement dans le niveau d’activité physique des populations occidentales.

Ce qui oriente plutôt vers la responsabilité d’une alimentation déséquilibrée et malsaine qui, estiment-ils, entraîne bien plus de maladies que la sédentarité, l’alcool et le tabac réunis ! Sans oublier que, même avec un poids normal, beaucoup de personnes présentent des troubles en rapport avec l’obésité : hypertension artérielle, anomalies du bilan lipidique sanguin, surcharge lipidique du foie, maladies cardiovasculaires...

S’interroger sur la source des calories...

Le public est bombardé de messages sur le maintien d’un poids de santé qui passerait par le décompte des calories et la promotion de l’exercice physique. Les chercheurs voient dans ces messages fortement relayés la main des marchands de sodas et des promoteurs de glucides. Car on oublie souvent un problème crucial : la source des calories. Et la promotion du sport va souvent de pair avec celle de la consommation de boissons glucidiques.

Or, explique l’éditorial, les calories des glucides favorisent le stockage des lipides et la faim. Alors que celles des protéines et des lipides entraînent sensation de plénitude et satiété. Comparées à 150 calories en provenance de ces nutriments, 150 calories de glucides en excès (soit une canette de cola) multiplieraient par 11 la prévalence du diabète. Et cela quels que soient le poids et le niveau d’activité physique. Une récente revue des études estime que la diminution des apports de glucides est la mesure phare pour agir favorablement sur les composants du syndrome métabolique et aussi la première approche dans le traitement du diabète.

... et rompre l’association du sport et de la junk food !

Concernant les sportifs, le problème des régimes riches en glucides est aussi posé. D’après certains travaux récents, des régimes pauvres en glucides et riches en lipides entraînent des taux très élevés d’oxydation des graisses durant l’exercice et fournissent un carburant suffisant pour beaucoup de sports. Ce qui éviterait un problème que l’on observe de plus en plus chez les athlètes : une augmentation de l’insulinorésistance et du risque de diabète.

Des sportifs célèbres prêtent leur concours à la promotion de boissons sucrées et de produits de faible valeur nutritionnelle. Des clubs de gym ou de mise en forme mettent en vente ces produits. Dans leur article, les chercheurs avancent l’idée que l’environnement alimentaire est plus important encore que le conseil et l’éducation. Il faut notamment, selon eux, rompre l’association du sport et de la « junk food », et tout le monde s’en portera mieux.

(Malhotra A, et coll. Br J Sports Med 2015 ; 49(15) :967-968.DOI :10.1136/bjsports-2015-094911.)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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