Jus de soja : pas pour les enfants !

lu 3315 fois

De tous côtés les mises en garde se multiplient contre les produits et jus de soja. Elles visent en particulier leur consommation chez les jeunes enfants, à la place du lait...

« Jus de soja : pas pour les enfants ! » - Crédit photo : www.univ-rouen.fr On les appelle souvent improprement des « laits de soja » et ce n’est déjà pas innocent. La réglementation européenne est sans ambiguïté. Le terme « lait » est une appellation protégée et, quand le lait n’est pas de vache, il faut même préciser de quel animal il provient ! Il ne saurait s’agir en tout cas d’un jus de végétaux.

La confusion peut conduire à des comportements alimentaires erronés et adoptés en toute bonne foi. L’agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) a tenu à mettre en garde les consommateurs contre l’usage des produits au soja chez les enfants de moins de 3 ans. D’après des études américaines, les enfants nourris au jus de soja présentent davantage d’allergies. On évoque une action possible des phytoestrogènes du soja (les isoflavones, qui ont une action hormonale) sur le fonctionnement endocrinien et sur l’immunité…

Du côté des adultes, une étude parue dans les années 90 montre que la consommation de jus de soja peut retentir sur le cycle menstruel des femmes. Dans certaines communautés bouddhistes tibétaines, on ajouterait du tofu (jus de soja caillé et non fermenté) à la ration alimentaire pour diminuer la libido des moines, indique un article de la revue Biocontact. Chez les enfants des deux sexes, on peut craindre les effets d’un bombardement hormonal. Certains nutritionnistes américains n’hésitent pas à évoquer un risque de puberté précoce chez les filles et de maturité sexuelle retardée chez les garçons ! L’AFSSA recommande de ne pas dépasser 1 mg/kg/jour d’isoflavones, chez l’enfant comme chez l’adulte. Or, par rapport aux normes préconisées, un enfant de 4 mois nourri uniquement au soja pourrait recevoir entre 6 et 9 mg/kg/jour d’isoflavones !

Pendant ce temps, les autorités sanitaires, au premier rang desquelles l’OMS, continuent à prôner l’allaitement maternel - au moins jusqu’à 6 mois -, dont on ne discute pas les bénéfices ! Pour les pédiatres, le jus de soja ne saurait en aucun cas se substituer au lait maternel, aliment idéal du nourrisson. Ni se substituer aux différentes formules de lait ou de préparations mises au point pour les enfants. L’objectif est d’éviter tout risque de carence en fer, calcium, vitamines… Et de mettre les enfants à l’abri de ce que le Pr Patrick Tounian, à l’hôpital Trousseau à Paris, appelle la « maltraitance nutritionnelle » !

(Recommandations de l’AFSSA - Biocontact, avril 2008)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s