Je mange pas, je me soigne !

lu 6371 fois

Aliments qui guérissent, médicaments qui nourrissent : le séculaire dicton anglais « An apple a day leaves the doctor away », que l’on peut traduire par « Une pomme chaque jour évite le docteur toujours » serait aujourd’hui impitoyablement classé parmi les allégations santé mensongères et durement sanctionné. N’est pas aliment santé qui veut !

« Je mange pas, je me soigne ! » - Crédit photo : www.biensur-sante.com Le principe est simple : d’un côté, il y a les aliments, dont la vocation première n’est pas de soigner. De l’autre, il y a les médicaments dont c’est précisément la fonction. A priori, donc, pas d’ambiguïté, mais dans les faits, il n’en va pas de même.

Tout le monde le sait depuis longtemps : nos comportements nutritionnels ont un impact direct sur notre santé. Certains aliments ou familles d’aliments ont d’ailleurs des vertus que la science reconnaît formellement. Et que les responsables de santé publique promeuvent avec enthousiasme : nos fameux cinq fruits et légumes à absorber quotidiennement en sont une parfaite illustration.

De là à mélanger les genres, il y a un pas que bon nombre de profiteurs ont voulu franchir un peu trop allègrement en exploitant par exemple le terme « d’alicament », subtil néologisme né de la contraction d’aliment et de médicament. La vague nutritionnelle est si forte depuis le début des années quatre-vingt, que le législateur a eu bien des difficultés à en contrôler l’usage. Il faut dire que le marché des aliments santé, c'est-à-dire ceux qui revendiquent un bénéfice sur une fonction de l'organisme, est estimé à 35 milliards d'euros dans le monde en 2009, avec une croissance moyenne de 5 % à 7 % par an.

Vous avez dit « allégation » ?

Le règlement européen distingue désormais 3 types d’allégations autorisées sur les emballages de produits alimentaires :
  • Les allégations nutritionnelles. Elles mentionnent simplement la présence, l'absence ou le niveau d'un nutriment dans un aliment (« sans sucre ajouté », « riche en fibres »...)
  • Les allégations fonctionnelles. Elles décrivent ou mentionnent le rôle d'un nutriment. Pour les allégations « génériques », l'existence de preuves scientifiques généralement admises suffit (« Le calcium peut contribuer à améliorer la densité osseuse »). Les allégations « nouvelles » doivent au contraire s'appuyer sur des preuves scientifiques récemment établies (« Contient des acides gras essentiels nécessaires pour bien grandir »).
  • Les allégations relatives à la réduction d'un risque de maladie, ou au développement et à la santé des enfants. Elles doivent s'appuyer sur des publications et des preuves solides concernant le produit. Exemple : « Le DHA (oméga 3) contribue au développement visuel des nourrissons.»

1 produit alimentaire = 1 argument santé ?

Foisonnement de docteurs miracles, de produits enrichis à la poudre de perlimpinpin, de régimes minceur à base d’extraits de n’importe quoi. C’est un peu la rançon du succès remporté par la politique de santé publique qui a trouvé dans le marketing des producteurs, des industriels et des distributeurs, un allié dont l’empressement est parfois un peu suspect...

Les professionnels de l’alimentation acceptent aujourd’hui d’autant mieux les contraintes dont on les accable qu’ils ont depuis belle lurette compris que les consommateurs sont motivations de bien-être. On estime d’ailleurs qu’aujourd’hui, un produit alimentaire sur quatre est lancé sur le marché grâce à un argument santé. La folie de la santé est-elle pour autant de la folie furieuse ? Loin de là. En France, le consommateur a le privilège de ne pas être considéré comme un gogo absolu et ce qu’il peut lire sur l’étiquette ne rime pas avec sornette.

Alors qu’aux Etats-Unis ou au Japon vous pouvez acheter des boissons censées prévenir le cancer ou des chewinggums réputés combattre le rhume, vous ne trouverez à l’Hyper de votre coin que des produits présentant des allégations dûment vérifiées et autorisées.

Même s’il y a un peu d’hypocrisie dans l’air et sur les packagings, on n’essayera pas de vous faire acheter des vessies pour des lanternes. Ne pas être pris pour un imbécile est sans doute la première allégation revendiquée par les consommateurs.

Le podium des aliments santé

Probiotiques : objectif retour à l’ordre Les probiotiques sont des micro-organismes vivants qui agissent sur le côlon. Il s’agit de ferments lactiques qui aident à la digestion des fibres, peuvent stimuler le système immunitaire et aident à rééquilibrer la flore intestinale.

Oméga 3 : le coeur à carreau Les Oméga 3 sont des acides gras essentiels, uniquement disponibles dans l’alimentation (notre organisme n’en produit pas). Présents dans les huiles de colza, de soja ou de noix, mais également dans les poissons gras (saumon, maquereau, sardine...), ils enrichissent aujourd’hui bon nombre de yaourts, de laits, d’oeufs ou de margarines et aident notamment à prévenir les maladies cardio-vasculaires.

Stérols et stanols végétaux : tartines anti-cholestérol Les stérols et stanols végétaux, que l’on trouve habituellement dans le soja, le colza et le sésame, viennent aujourd’hui enrichir bon nombre de margarines, de laits et de yaourts. Ils bloquent l’assimilation dans l’intestin d’une partie du mauvais cholestérol et sont un allié non négligeable des régimes alimentaires prescrits dans le cadre d’un excès de cholestérol LDL.

(BIENSÛR Santé Magazine n°17)

SOURCE : BIENSÛR Santé

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s