Je mange moins salé, c'est bon pour ma santé

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En France, nous consommons trop de sel. Alors que notre organisme n'aurait besoin chaque jour que d'environ 1 à 2 grammes de sel, nous en ingérons entre 8 et 12, jusqu'à 15 grammes pour certains ! Or s'il est essentiel à notre organisme, son excès présente des dangers pour notre santé. Pourquoi ? Joël Ménard, professeur de Santé Publique à l'Université Paris-Descartes nous l'explique.

« Je mange moins salé, c’est bon pour ma santé » - Crédit photo : www.fmcoeur.qc.ca Ne croyez pas que la simple disparition de la salière de table suffira à y remédier. Le sel ajouté à table ou durant la préparation d’un plat ne représente que 10% de notre consommation quotidienne. La plus grosse partie provient à 70% des produits transformés (pain, viennoiseries, fromages, charcuteries, certaines soupes et conserves, plats pré-cuisinés...) dont la quantité de sel n’est pas réglementée. Les derniers 10 % se trouvent dans les aliments à l’état naturel.

Pas question pour autant de tirer un trait sur la consommation de sel qui est une substance vitale pour notre organisme. En effet, il permet non seulement de retenir dans notre corps, l’eau qui le constitue principalement, mais il est indispensable à notre influx nerveux, à la contraction de notre coeur ou encore à l’élimination des déchets par les reins. Malheureusement, c’est l’excès quotidien de sel qui "tue lentement". Comment ? Joël Ménard explique le mécanisme : " Le sodium a pour principal effet de contracter nos vaisseaux sanguins, et donc, d’augmenter la tension artérielle. Celle-ci augmente d’autant plus au fur et à mesure de l’âge et que le régime est plus salé. Plus le coeur et le rein travaillent, plus ils se fatiguent. Le sel peut aussi agir directement sur certains organes, coeur, reins, vaisseaux, indépendamment du niveau tensionnel. Si l’hypertension artérielle a des effets à long terme, chez les insuffisants cardiaques, l’excès de sel provoque rapidement des oedèmes des poumons ou des jambes."

Comment limiter sa consommation de sel ?

Danièle Hermann, auteure de Cuisinez moins salé ou sans sel (Éd.JC Lattés) et fondatrice de la Fondation Recherche Cardio-Vasculaire - Institut de France, nous apprend à être plus vigilant et à remplacer le sel tout en gardant le plaisir de manger.

Ne pas ajouter de set en cuisine ou dans l’assiette, c’est déjà pas mal, mais cela ne suffit pas. Dans son livre, Danièle Hermann propose de le remplacer par des épices, des condiments, des aromates ou des légumes aromatiques (oignons, échalotes, ail, poivrons...), mais également de varier les huiles (de colza, de pépins de raisin...) et les vinaigres que l’on peut aussi remplacer par le jus de citron ou de pamplemousse. Mais la plus grosse source de sel se trouve dans les produits transformés. "Savez-vous, par exemple, qu’une boite de haricots verts contient dix fois plus de sel que des haricots frais, prévient la spécialiste ? Alors, un conseil à donner aux patients : rincez-les plusieurs fois à l’eau courante et si possible, mangez plus de produits frais ou de plats que vous avez préparés.

" En étudiant les étiquettes, il est possible de veiller aux excès, même si elles ne sont pas toujours très explicites. C’est en modifiant un peu leurs habitudes alimentaires que vos patients parviendront à réduire leur consommation de sel. " Le midi, poursuit Danièle Hermann, il faut éviter à tout prix le sandwich qui contient la quantité de sel nécessaire pour toute une journée. Le choix doit plutôt se porter sur une salade et si le repas a lieu au restaurant une omelette, des frites sans sel ou de la viande ou du poisson grillé seront parfaits." Il est également souhaitable de veiller à ce que mangent nos enfants. " Au goûter, le chocolat ou les fruits secs non salés sont pleins de nutriments et bien moins gras et sucrés que la plupart des biscuits, recommande la spécialiste."

Ces aliments qu’il faut particulièrement surveiller

Pains, biscottes (25% de l’apport journalier) - Charcuterie (13%) - Soupes prêtes à consommer (10%) - Fromages (9%) - Plats cuisinés (8.5%) - Pizzas, quiches (4%) - Pâtisseries (4%) - Sandwiches (3%) - Viennoiseries (3%) - Condiments et sauces (3%).

Le livre de Danièle Hermann propose une table alphabétique des aliments et de leurs apports en sel.

Pour de plus amples informations, consulter :

SOURCE : pHmag n°7

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