Je mange... mais je me soigne !

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« An apple a day keeps the doctor away » : le séculaire dicton anglais qu'on pourrait traduire par « Une pomme chaque jour évite le docteur toujours » ou encore « Une pomme chaque jour éloigne le médecin » serait aujourd'hui classé parmi les allégations santé mensongères et durement sanctionné. N'est pas aliment santé qui veut : « Manger pour se soigner ? Pas facile à avaler ! »

« Je mange... mais je me soigne ! » - Crédit photo : www.biensur-sante.com Le principe est simple : d’un côté, il y a les aliments, dont la vocation première n’est pas de soigner. De l’autre, il y a les médicaments dont c’est précisément la fonction. A priori, donc, pas d’ambiguïté, mais dans les faits, il n’en va pas de même. Tout le monde le sait depuis longtemps : nos comportements nutritionnels ont un impact direct sur notre santé. Certains aliments ou familles d’aliments ont d’ailleurs des vertus que la science reconnaît formellement. Et que les responsables de santé publique promeuvent avec enthousiasme : nos fameux cinq fruits et légumes à absorber quotidiennement en sont une parfaite illustration.

De là à mélanger les genres, il y a un pas que bon nombre de profiteurs ont voulu franchir un peu trop allègrement en exploitant par exemple le terme « d’alicament », subtil néologisme né de la contraction d’aliment et de médicament. La vague nutritionnelle est si forte depuis le début des années quatre-vingt, que le législateur a eu bien des difficultés à en contrôler l’usage. Malgré la création d’agences nationales en France, malgré une réglementation européenne plus contraignante, on ne compte plus les abus, commis par des margoulins de tous horizons.

1 produit alimentaire = 1 argument santé ?

Foisonnement de docteurs miracles, de produits enrichis à la poudre de perlimpinpin, de régimes minceur à base d’extraits de n’importe quoi. C’est un peu la rançon du succès remporté par la politique de santé publique qui a trouvé dans le marketing des producteurs, des industriels et des distributeurs, un allié dont l’empressement est parfois un peu suspect... Les professionnels de l’alimentation acceptent aujourd’hui d’autant mieux les contraintes dont on les accable qu’ils ont depuis belle lurette compris que les consommateurs sont devenus ultrasensibles aux motivations de bien-être. Une étude du CREDOC affirme que 77% des Français seraient prêts à payer plus cher un produit ayant une valeur ajoutée en termes de santé. On estime d’ailleurs qu’aujourd’hui, un produit alimentaire sur quatre est lancé sur le marché grâce à un argument santé.

La folie de la santé est-elle pour autant de la folie furieuse ? Loin de là. En France, le consommateur a le privilège de ne pas être considéré comme un gogo absolu et ce qu’il peut lire sur l’étiquette ne rime pas avec sornette.

Alors qu’aux Etats-Unis ou au Japon vous pouvez acheter des boissons sensées prévenir le cancer ou des chewing-gums réputés combattre le rhume, vous ne trouverez à l’Hyper de votre coin que des produits présentant des allégations dites « fonctionnelles ». Même s’il y a un peu d’hypocrisie dans l’air et sur les packagings, on n’essayera pas de vous faire acheter des vessies pour des lanternes. Si notre seul souci est de faire la part des « produits enrichis » et de ceux « naturellement riches », alors, pas de quoi se rendre malade.

Sur le podium des aliments santé

Probiotiques : objectif retour à l’ordre

Les probiotiques sont des micro-organismes vivants qui agissent sur le côlon. Il s’agit de ferments lactiques qui aident à la digestion des fibres, peuvent stimuler le système immunitaire et aident à rééquilibrer la flore intestinale.

Oméga 3 : le coeur à carreau

Les Oméga 3 sont des acides gras essentiels, uniquement disponibles dans l’alimentation (notre organisme n’en produit pas). Présents dans les huiles de colza, de soja ou de noix, mais également dans les poissons gras (saumon, maquereau, sardine...), ils enrichissent aujourd’hui bon nombre de yaourts, de laits, d’oeufs ou de margarines et aident notamment à prévenir les maladies cardio-vasculaires.

Stérols et stanols végétaux : tartines anti-cholestérol

Les stérols et stanols végétaux, que l’on trouve habituellement dans le soja, le colza et le sésame, viennent aujourd’hui enrichir beaucoup de margarines, de laits et de yaourts. Ils bloquent l’assimilation dans l’intestin d’une partie du mauvais cholestérol et sont un allié non négligeable des régimes alimentaires prescrits dans le cadre d’un excès de cholestérol LDL.

Cosmetofood : la belle et l’assiette

Il y avait le mariage de la carpe et du lapin, de l’eau et du feu. Il y a aujourd’hui celui de la beauté et de l’assiette. Avec plus de réussite puisque la « cosmetofood », surfant sur la vague du lien entre alimentation saine et apparence, fait une percée remarquée dans toute l’Europe. Avant même que soient connues les données scientifiques permettant d’en démontrer totalement l’efficacité, elle est déjà plébiscitée par les consommateurs(trices).

Une enquête réalisée par l’institut IPSOS est à cet égard révélatrice : à la question de savoir « quelles actions sont susceptibles de vous rendre plus beau » (ou plus belle, bien sûr !), 85% des personnes interrogées citent « manger sain » parmi leurs trois premiers choix !

(BIENSÛR Santé Magazine n°3 - Juin 2007)

SOURCE : BIENSÛR Santé

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