J'aime, j'aime pas grave ou pas ?

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Par goût, par nécessité, par conviction religieuse, par passion ou par défi, nous avons tous une façon personnelle de nous nourrir et tendance à laisser parfois de côté certains aliments. Comment alors manger « équilibré » ?

« J’aime, j’aime pas grave ou pas ? » - Crédit photo : www.biensur-sante.com Notre « empreinte nutritionnelle » nous serait-elle aussi spécifique que nos empreintes digitales ? Au-delà des modes culinaires, des standards sanitaires et des diktats hygiénistes, nous avons tous une façon bien personnelle de nous nourrir. Lorsque nos goûts, nos habitudes et notre style de vie risquent de faire craquer les coutures d’un prêt-à-porter nutritionnel étriqué, que faire pour atteindre quand même l’Assiette du Graal et son sacro-saint équilibre ?

Réponse rassurante : rien ou, en tout cas, pas grand-chose. Mais, comme on ne supprime bien que ce que l’on remplace bien, il faut quand même trouver, soit des aliments de substitution, soit un mode de préparation susceptible de rendre agréables les produits qui nous déplaisent ou nous dégoûtent (ça existe...).

Quand les remplaçants valent les titulaires

Exemple le plus banal qui soit : je n’aime pas certains aliments et je n’ai envie, ni de m’imposer une vie de martyr en me forçant à les consommer, ni de mettre en danger ma santé en les bannissant systématiquement de mes menus. J’arrête tout de suite de pleurer parce que, la plupart du temps, je n’aurai pas à chercher midi à quatorze heures pour trouver l’aliment proche de celui que j’exclus, avec des propriétés nutritionnelles proches ou équivalentes. Il existe une telle variété de produits pour une même famille d’aliments que le tour de passe-passe devient souvent un jeu d’enfant.

Des exemples valables pour toutes et tous ? Allons-y : au rebuté de la viande rouge, on proposera de la viande... blanche évidemment, mais aussi de la volaille, des oeufs et du poisson qui fourniront les protéines nécessaires sans aucun problème.

Qui l’eut cuit ?

Au fatigué des pâtes, on donnera du riz, du maïs et du pain pour répondre du tac au tac, féculent pour féculent. Au dégoûté du lait « nature », on le proposera mélangé à d’autres aliments, dans des plats salés (gratins, flans de légumes...), ou sucrés (crèmes puddings...), ou encore sous forme de fromages et de yaourts pour que les apports en calcium soient assurés et contribuent ainsi correctement au renforcement des os. Un avertissement quand même pour les - nombreux - gourmands de mauvaise foi : le beurre et la crème fraîche, bien qu’issus du lait, sont pauvres en calcium et en protéines mais suffisamment riches en graisses pour être rangés parmi les matières grasses... dont il ne faut pas abuser !

Le mode de préparation suffit souvent à réintégrer dans la catégorie des « j’aime » des aliments qu’on avait tendance à reléguer dans celle des « j’aime pas ». Ainsi, à l’étranger du cru, on proposera du cuit - à la vapeur, au four, au grill, nature ou accompagné de différentes sauces, épicé ou pas.

On peut également, pour lutter contre des aversions tenaces vis-à-vis de certains aliments, tout bêtement faire quelques associations, mélanger des légumes à des féculents, ajouter des dés de fromage aux salades.

Famille, je vous hais

Tout est possible (presque), même de se passer de toute une famille d’aliments, grâce à la complémentarité. Si l’on mange peu de viandes, mais aussi peu de poissons et d’oeufs, l’association « aliments céréaliers et légumes secs » s’avère intéressante pour améliorer la qualité des protéines végétales. C’est le cas de la semoule associée aux pois chiches (vive le couscous !), du maïs mélangé aux haricots rouges ou du riz aux lentilles (vive l’imagination débridée !).

Attention, toutefois : les produits carnés, c’est-à-dire la viande sous toutes ses formes, permettent de couvrir naturellement les besoins en fer des enfants et des femmes, de la puberté à la ménopause. De même, si vous consommez peu de produits laitiers, buvez, pour compenser, de l’eau minérale riche en calcium et pauvre en sodium (en lisant les étiquettes, vous découvrirez que toutes les eaux ne se ressemblent pas). Bref, soyez vous-même mais, en continuant à ne ressembler à personne, évitez les erreurs de tout le monde !

Fruits et légumes : halte à la dictature !

Si vous ne le savez pas encore, c’est que vous ne vivez pas en France depuis longtemps ! Le Plan National Nutrition Santé recommande de consommer quotidiennement au minimum 5 fruits et légumes. Pas facile, surtout lorsque l’on n’est pas un amateur passionné ou que notre fibre écolo nous conduit prioritairement à la consommation des produits frais de saison. Mais les nutritionnistes ont réponse raisonnable à tout...

Il est vrai que, hormis les nombreuses variétés existantes, fruits et légumes peuvent revêtir des formes différentes avec un bénéfice reconnu comme équivalent. Frais, en conserve, surgelés, tout est bon pour trouver son mode de consommation préféré. Et puis, on n’est heureusement pas classé comme hérétique s’il nous prend l’envie de favoriser les fruits aux dépens des légumes, ou vice versa. Si cela nous convient mieux, pas d’hésitation, la Faculté de médecine est de notre côté !

De même, il n’est nullement interdit de privilégier outrageusement les légumes ou les fruits que nous préférons, même si la diversité est souhaitable. En matière nutritionnelle (notamment), la stratégie du « mieux que rien » est-elle plus efficace que celle du « tout, tout de suite » ?

(BIENSÛR Santé Magazine n°5 - Octobre 2007)

SOURCE : BIENSÛR Santé

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