Intolérance au lactose : halte à la confusion

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La fréquence de l’intolérance au lactose (le sucre du lait) est très surestimée. Parce qu’elle est souvent confondue avec d’autres pathologies digestives. Mais surtout pour une question de définition, comme le rappellent les experts réunis par l'Institut de santé américain (NIH) qui vient d’organiser une conférence sur « intolérance au lactose et santé ».

« Intolérance au lactose : halte à la confusion » - Crédit photo : iqa.vendee.fr On confond souvent déficit en lactase et intolérance au lactose. Le déficit en lactase peut-être assez fréquent. Mais déficit ne signifie pas maladie car il reste toujours une activité lactasique variable selon les sujets. En effet, l'activité de la lactase est maximale chez le nourrisson nourri exclusivement au lait, puis diminue ensuite.

En revanche, en cas de manifestations cliniques, on parle d’intolérance au lactose, qui est une situation beaucoup plus rare ; et qui dépend bien sûr de la quantité de lait ingéré. En France, on estime que 6 à 10 % des adultes sont intolérants pour 240 ml de lait, soit 12 g de lactose, ingéré en une fois. Il suffit donc d’adapter la quantité de lactose à chacun. Certains peuvent boire deux litres de lait (96 g de lactose) sans problème, d’autres seulement 100 ml par prise alimentaire.

D'après l’Institut national de la santé américain (NIH), toutes les études publiées entre 1967 et 2009 ont été passées au crible. En Europe du Nord, indique le rapport, la fréquence de l’intolérance est faible chez les enfants et le demeure à l’âge adulte. On se croit souvent intolérant alors qu’on ne l’est pas ! Et la majorité des gens qui absorbent mal le lactose n’ont même pas de symptômes.

Il est par ailleurs établi que de petites doses de lactose sont bien tolérées dans la plupart des cas : 12 à 15 g de lactose par jour (soit une tasse de lait) « passent » plutôt bien. Et parfois jusqu’à 24 g, en fractionnant les prises de laitages au cours de la journée. Les symptômes, quand ils doivent apparaître, surviennent le plus souvent après 24 g et surtout 50 g/jour.

L’exclusion des produits laitiers n’est donc pas justifiée. D’autant moins qu’elle comporte des risques de carence en calcium et autres nutriments utiles à la santé osseuse.

En pratique, le lait est mieux digéré lorsqu’il est fractionné en plusieurs fois ou intégré dans des plats comme la purée, les gratins ou le riz au lait ; on peut aussi recourir à des laits délactosés. Les yaourts, dont les bactéries se chargent de digérer le lactose, et les fromages qui n’en contiennent plus, sont parfaitement tolérés. Inutile donc de se priver de produits laitiers et de mettre son squelette en péril pour de mauvaises raisons.

(Par le Docteur M.-C. Bertière, Directrice du CERIN, d'après « Lactose Intolerance and Health ». Agency for Healthcare Research and Quality. février 2010)

SOURCE : NUTRINEWS MENSUEL

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