Intolérance au lactose : ce qui est vraiment recommandé

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Intolérance au lactose : ce qui est vraiment recommandé

L’intolérance au lactose n’est généralement pas une contre-indication absolue à la consommation de lait et de produits laitiers. Inquiètes des conséquences de l’éviction des produits laitiers de l’alimentation courante, les autorités sanitaires - notamment aux Etats-Unis - répètent sans relâche le message depuis plusieurs années. Finira-t-il par être entendu ?

L’intolérance au lactose n’est pas aussi répandue qu’on le croit. Elle est d’ailleurs souvent plus supposée que réelle. Quand elle est réelle, il s’agit dans la plupart des cas d’une déficience en lactase - l’enzyme qui permet de digérer le lactose ou sucre du lait. Déficience qui est rarement importante au point d’empêcher complètement la consommation de lait et de produits laitiers. La majorité des personnes dite s intolérantes n’ont pas de symptômes indésirables après avoir consommé de petites quantités de lactose dans leur alimentation.

Ces constats font aujourd’hui l’objet d’un consensus de la part des autorités sanitaires et des sociétés scientifiques les plus prestigieuses. Soit, aux Etats- Unis, rien de moins que l’Institut national de la santé (NIH), l’Académie américaine de pédiatrie ou l’Association médicale américaine... L’objectif est d’éviter que les personnes qui se perçoivent « intolérantes au lactose » se mettent à exclure les produits laitiers ou à restreindre exagérément leur consommation. Et se privent d’un groupe d’aliments indispensable, pilier d’une alimentation saine et équilibrée.

Vouloir éviter les produits laitiers n'est pas anodin

Ce sont en effet des préoccupations d’ordre nutritionnel et de santé publique qui, année après année, ont amené les sociétés savantes à tirer la sonnette d’alarme. Eviter le lait et les produits laitiers revient à se priver de la principale – mais surtout de la plus accessible - source de calcium de l’alimentation.

Chez les enfants et les adolescents, le risque est de ne pas atteindre le pic maximum de masse osseuse, qui constitue une garantie pour l’avenir de la santé des os.

Chez les adultes et les personnes âgées, c’est tout simplement l’augmentation du risque d’ostéoporose et de fractures qui est redoutée.

Exclure les produits laitiers, poursuivent les experts, signifie aussi se priver de nombreux nutriments importants : protéines, magnésium, potassium, vitamines B6 et B12, acides gras à chaines courtes bénéfiques... Les diverses boissons de remplacement, même enrichies en calcium, ne sont pas sur ce plan de bons substituts du lait.

Enfin, il est recommandé de ne pas oublier les bénéfices du lait et des produits laitiers vis-à-vis de l’hypertension artérielle, du cancer colorectal et du diabète. Une enquête américaine montre des taux élevés d’hypertension artérielle et de diabète chez des personnes qui se croyaient intolérantes au lactose.

Les stratégies qui aident à digérer sont nombreuses

Face au risque de symptômes gastro-intestinaux liés à une réelle intolérance, on préconise aujourd’hui plusieurs stratégies qui permettent de continuer à consommer des produits laitiers :

  • Prendre de petites quantités de lactose tout au long de la journée. Il suffit d’étaler et de modérer la consommation des aliments qui en contiennent. De nombreuses études confirment que jusqu’à 12 g de lactose par prise (soit environ un bol de lait), on ne constate généralement pas de symptôme indésirable. En particulier lorsque d’autres aliments sont consommés en même temps. D’après les autorités de santé, la majorité des intolérants, y compris les enfants, peut tolérer jusqu’à deux tasses de lait par jour si elles sont réparties en plusieurs petites prises.
  • Consommer le lait et les produits laitiers en même temps que d’autres aliments. Ils sont mieux tolérés associés à un repas ou incorporés à un plat. Le lait est digéré plus lentement et la libération du lactose dans l’intestin grêle est moins rapide. La charge de lactose à assimiler d’un coup est mieux répartie.
  • Privilégier des produits laitiers comme les yaourts et les fromages, qui contiennent peu de lactose. La fermentation transforme une partie du lactose en acide lactique. Les yaourts sont bien tolérés du fait de cet appauvrissement de leur teneur en lactose. De même, les fromages à pâte dure et les fromages vieillis contiennent peu de lactose. Même le lait au chocolat serait mieux toléré, sans qu’on en connaisse encore vraiment l’explication.
  • Une stratégie adoptée par certains spécialistes consiste à adapter graduellement l’intestin au lactose en augmentant peu à peu les doses consommées et les fréquences de consommation. La flore intestinale peut ainsi devenir plus efficace pour digérer le lactose.
  • Enfin, il existe des produits laitiers à teneur réduite en lactose ou dépourvus de lactose. De même que des comprimés de lactase, pour favoriser la digestion du lait.

En somme, face à une intolérance au lactose réelle et dûment diagnostiquée, il existe de nombreuses solutions pour ne pas mettre sa santé en danger et continuer à consommer des produits laitiers dans le cadre d’une alimentation équilibrée...

(D'après Savoir laitier (Canada). Intolérance au lactose : les recommandations des autorités de santé. www.savoirlaitier.ca)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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