Influence de la taille des portions sur la prise alimentaire

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L'obésité ne cesse de croître dans le monde et le constat est d'autant plus alarmant qu'elle survient chez des individus de plus en plus jeunes. De nombreux facteurs se conjuguent pour expliquer ce phénomène. Raphaël Gruman, diététicien, s'est intéressé ici à l'offre alimentaire et plus particulièrement à la taille des portions des plats proposés aux consommateurs.

« Influence de la taille des portions sur la prise alimentaire » - Crédit photo : © Irina Belousa - Fotolia.com L’augmentation de la taille des portions a débuté dans les années 70 et s’est accentuée dans les années 80 et 90. Les raisons de cette augmentation sont d’ordre économique. Nous sommes partis de l’hypothèse qu’il existait un lien direct entre la taille des portions, l’augmentation des ingesta et la prise de poids.

Une première étude permet de mettre en évidence la relation entre la réponse alimentaire et la taille des portions en fonction de l’âge. En effet, les jeunes enfants apprennent à se nourrir d’après des paramètres externes à leurs sensations de satiété. Ils sont influencés par l’environnement et leur éducation. Il en est de même pour les jeunes adultes qui consomment davantage lorsque la portion qui leur est proposée augmente.

La consommation d’un plat est variable et tient compte de la taille de la portion proposée. Une assiette, un plat, un paquet fait état de référence et constitue la quantité optimale à consommer.

Afin de prouver que l’augmentation de la taille des portions est un des paramètres dans la prévalence de l’obésité, il est nécessaire de vérifier si des phénomènes de compensation peuvent être observés. Grâce à des études menées sur des populations adultes, nous avons pu constater qu’aucun comportement de ce type ne peut être observé 2 jours après une surconsommation alimentaire.

Pour compléter cette analyse, nous avons également étudié les effets combinés de la taille des portions et de la densité énergétique (kcal/g). Nous avons relevé que ces deux facteurs sont indépendants et ont des effets additifs.

Au terme de cette étude, nous jugeons urgent que non seulement les entreprises de l’agroalimentaire mais aussi la restauration collective, s’engagent à mieux adapter la taille des portions aux besoins réels des consommateurs, en visant également à diminuer les taux de sucres et de matières grasses qui sont très élevés dans de nombreux plats.

Enfin, une éducation nutritionnelle dès le plus jeune âge apparaît comme la meilleure solution pour prévenir les formes d’obésité.

(Raphaël Gruman, diététicien, Paris - 46e Journées d’Etudes de l’AFDN - Juin 2008)

SOURCE : AFDN

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