Il n’y a pas d’âge pour le petit déjeuner

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Indispensable chez les enfants, même si pas mal d’entre eux le négligent à mesure qu’ils grandissent, il est aussi tout aussi important chez les adultes et chez les seniors. De plus en plus d’études montrent que le petit déjeuner est bon pour le poids, le profil lipidique, l’insulinémie, la tension artérielle… Bref qu’il est associé à un moindre risque de maladies cardiovasculaires et de diabète.

D’après une cinquantaine d’études, réalisées aux Etats-Unis et en Europe, 10 à 30 % des enfants et des adolescents sont en manque de petit déjeuner [1]. Soit qu’ils le sautent carrément, soit qu’ils le réduisent à des apports glucidiques, tout à fait insuffisants sur le plan nutritionnel.

Et pourtant ! Il y a aussi presque une cinquantaine d’études, publiées ces 60 dernières années [1], qui montrent l’importance d’un petit déjeuner digne de ce nom. Avec produit céréalier, produit laitier, fruit ou jus de fruit, beurre, confiture, etc. Un petit déjeuner incontournable pour la croissance, l’équilibre alimentaire, les apports de nutriments (glucides, protéines, lipides) et de micronutriments : calcium, potassium, phosphore, vitamines A, C, E, B6, B12…

Bénéfique aussi pour l’humeur et les résultats scolaires. Les effets positifs du petit déjeuner sur les performances cognitives sont reconnus : il favorise notamment la mémoire et l’attention. Et permet de lutter contre la baisse de vigilance, courante en deuxième partie de matinée.)

Bon pour le poids

Le petit déjeuner permet par ailleurs une meilleure régulation des apports caloriques le reste de la journée. Avec des bénéfices dont témoigne par exemple l’étude américaine NHANES, qui a suivi 10.000 enfants et d’adolescents entre 1999 et 2006. Ceux qui sautent le petit déjeuner ont un indice de masse corporelle (IMC) plus élevé, un tour de taille plus important, un taux d’obésité supérieur.

Globalement, le petit déjeuner est associé à un mode de vie plus favorable à la santé. Quasiment à tout âge. De plus en plus d’études attirent l’attention sur son efficacité vis-à-vis des facteurs de risque de maladies cardiovasculaires et métaboliques. En plus de l’IMC et du tour de taille, il améliore le profil lipidique, l’insulinémie et la tension artérielle. Soit autant de paramètres qui éloignent le fameux syndrome métabolique.

Contre l’obésité, le diabète…

En témoignent les participants à l’étude CARDIA [2] : plus de 3.500 personnes suivies pendant 18 ans. Par rapport à celles qui ne petit-déjeunent jamais ou irrégulièrement (0 à 3 fois par semaine), celles qui prennent un petit déjeuner tous les jours n’ont qu’à s’en féliciter : presque 2 kg en moins sur 18 ans et 20 % d’obésité en moins. Moins 22 % d’obésité abdominale, moins 16 % d’hypertension artérielle, moins 18 % de syndrome métabolique. Un bénéfice observé aussi dans la célèbre étude des infirmières américaines [3] (Nurses’ Health Study). Parmi les 46.000 femmes dont l’état de santé a été suivi pendant 6 ans, celles qui ne prennent pas régulièrement de petit déjeuner ont un risque plus élevé de diabète de type 2. Même si elles mangent par ailleurs 4 fois ou plus par jour. Le risque le plus faible est pour celles qui petit-déjeunent quotidiennement et ne mangent pas plus de 3 fois par jour.

Les maladies cardiovasculaires et la dénutrition

Même constat avec le risque de maladies cardiovasculaires. Une étude menée chez près de 27.000 hommes américains de 45 à 82 ans suivis pendant 16 ans montre un risque de maladie coronarienne augmenté de 27 % chez ceux qui ne prennent pas de petit déjeuner [4]. Aux âges les plus avancés, quelques études suggèrent que le petit déjeuner pourrait aussi favoriser la fonction cognitive [1]. Il permet en tout cas un meilleur statut en nutriments, vitamines et minéraux. Chez les personnes âgées, si les apports nutritionnels du petit déjeuner viennent à manquer, ils ne sont pas compensés par les autres repas pris au cours de la journée. Le petit déjeuner joue donc un rôle pour limiter la malnutrition que l’on observe de plus en plus avec le grand âge.

Références

  1. Affinita A, et al. Ital J Pediatr 2013 ; 39:44 doi:10.1186/1824-7288-39-44.
  2. Odegaard AO, et al. Diabet Care 2013 ; doi:10.2337/dc13-0316.
  3. Mekary RA, et al. Am J Clin Nutr 2013 ;98 :436-443. doi:10.3945/ajcn.112.057521.
  4. Cahill LE, et al. Circulation 2013 ;128 :337-343. DOI:10.1161/CIRCULATIONAHA.113.001474.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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