Hyperphagie boulimique et grignotage nocturne

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Contrairement à l'anorexie et à la boulimie, bien identifiées en tant que troubles du comportement alimentaire (TCA) et pathologies à part entière, l'hyperphagie boulimique, ou binge eating disorder, d'une part, le grignotage nocturne, ou night eating syndrome, d'autre part, sont encore peu connus.

L'hyperphagie boulimique, décrite depuis peu dans le manuel américain des troubles psychiatriques (dont font partie les TCA), s'observe fréquemment chez les sujets obèses et notamment chez 30 % de ceux qui pratiquent un régime amaigrissant. Elle survient au moins deux fois par semaine avec une sensation de perte de contrôle de soi, mais contrairement à la boulimie, qui se rencontre plutôt chez des patients de poids normal, elle ne s'accompagne pas de phénomènes compensatoires de type vomissements, prise de laxatifs, etc. Les études réalisées montrent que le stress, via la libération du cortisol, constituerait l'un des mécanismes déclencheurs de la prise alimentaire, la taille de l'estomac influerait sur le volume d'aliments consommés au cours de l'épisode d'hyperphagie.

Comme l'hyperphagie boulimique, le grignotage nocturne survient plus fréquemment chez des obèses et notamment des hommes, dans un contexte dépressif. Des modifications hormonales sont observées : diminution du taux de mélatonine, hormone régulatrice du sommeil, du taux de leptine, impliquée dans l'inhibition de la prise alimentaire, et élévation du taux de cortisol, qui accroît la sensation de faim.

La compréhension de ces deux TCA, fréquemment associés à l'obésité, mérite de plus amples investigations.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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