Guérir l’anorexie mentale chez les adolescentes passe par le rétablissement de leur réseau social

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Pour la plupart des filles, le passage à l’adolescence se déroule sans trop de heurts. D’autres vivent toutefois très mal cette transition, en raison de facteurs parfois très complexes. Certaines adolescentes sont ainsi touchées par l’anorexie mentale, ce trouble alimentaire qui les amène à ne plus s’alimenter normalement. Très souvent, elles ont tendance à se couper de leur réseau social. Pour les sortir de leur isolement et les aider à guérir, des spécialistes de la question ont mis sur pied une intervention visant à réactiver leur réseau d’amies et d’amis.

Cette intervention donne d’excellents résultats: après quelques mois, les jeunes filles reprennent non seulement du poids, mais elles gagnent en assurance sur le plan social.

« Durant l’année précédant l’apparition de la maladie, les jeunes anorexiques sont portées à s’isoler, dit Robert Pauzé, intervenant, psychologue et professeur à l’École de service social. Le midi, à l’école, elle ne mange pas avec les autres à la cafétéria, préférant se retirer aux toilettes ou faire de grandes marches en solitaire. Elles ne sont en relation avec personne. En consultation, quand on leur demande si elles ont des amis, elles répondent souvent par la négative. » De leur côté, les parents, eux-mêmes démunis face à cette maladie, semblent trouver peu important que leur fille entretienne des relations amicales avec les autres, note encore Robert Pauzé.

Cette « rencontre de réseau » où l’intervenant va tenter de réactiver le réseau social de l’adolescente a lieu après l’établissement d’un bilan familial. La rencontre se tient généralement le samedi matin, où quelques amies, choisies par la jeune fille, sont invitées. Les parents, à qui on a demandé de préparer un goûter, quittent la maison. « L’idée est de briser le malaise qui s’est installé entre l’ado et les autres filles, affirme Robert Pauzé. Il y a toutes sortes de non-dits qui vont s’exprimer au grand jour, en quelque sorte. Je cible une fille qui a de la facilité à s’exprimer et je lui demande de parler de la difficulté de prendre sa place dans un groupe et à l’école. Les filles discutent aussi de la façon dont elles s’arrangent pour faire face à l’échec. » La principale intéressée est évidemment invitée à parler de ce qu’elle ressent. Cette opération consiste à lui permettre de renouer avec ses pairs.

Après cette rencontre destinée à briser la glace, les filles se reparlent et les relations recommencent tout doucement, dit Robert Pauzé. « Globalement, elles se disent soulagées de mieux comprendre la conduite de leur amie. Elles se montrent aussi plus réceptives et plus accueillantes envers elle. »

(Par Renée Larochelle - Journal de la communauté universitaire - Volume 49, numéro 4 - 19 septembre 2013)

SOURCE : Université Laval

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