Grossesse et foetus : l'importance des Oméga 3

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On ne le sait pas assez, les femmes enceintes aujourd'hui ne consomment pas suffisamment d'Oméga-3 ! Et pourtant, de nombreuses études scientifiques viennent confirmer combien ces acides gras essentiels sont indispensables à l'équilibre alimentaire de la future maman mais aussi indispensables à la croissance et au bon développement du foetus, tout particulièrement à la formation de son système cérébral.

« Grossesse et foetus : l’importance des Oméga 3 » - Crédit photo : © rgbspace - Fotolia.com Un véritable enjeu de santé publique pour le Professeur Alexandre Lapillonne, du service de Néonatologie et Nutrition de l’Hôpital Saint-Vincent de Paul à Paris, qui explique qu’un apport équilibré en Oméga 3 avant et pendant la grossesse est nécessaire pour Maman comme pour Bébé, lors d’une interview questions / réponses.

Dans un contexte où notre alimentation est aujourd’hui riche et très diversifiée, pourquoi s’intéresser particulièrement aux oméga 3 ?

Depuis ces deux derniers siècles, notre alimentation a changé du fait des modifications de nos pratiques d’élevage et de nos habitudes alimentaires. Force est de constater qu’aujourd’hui, notre consommation de matières grasses a évolué vers une consommation excessive en graisses d’origine animale et en Oméga 6 au détriment des Oméga 3, dont les rôles bénéfiques sont incontestables et incontestés. Enrichir notre consommation alimentaire en Oméga 3 pour avoir le bon équilibre entre Oméga 6 et Oméga 3 est donc devenu un réel enjeu de santé publique.

Il existe diverses sources d’oméga 3 dans l’alimentation. Sont-elles toutes aussi intéressantes pour notre santé ?

Notre alimentation ne permet aujourd’hui de couvrir que 30 à 40% de nos besoins en Oméga 3. Enrichir notre alimentation en Oméga 3 est donc essentiel. Dans ce contexte, toutes les sources d’Oméga 3 contribuent à ce rééquilibrage : graines de lin, légumes à feuille verte (notamment mâche et pourpier), huile de colza, poissons gras (maquereau, sardine, saumon, thon, anchois, hareng) et matières grasses à base de colza.

Les Oméga 3 sont importants à tous les âges de la vie mais tout particulièrement au cours d’une période clé chez la femme : la grossesse. Pendant cette période, les Oméga 3 sont préférentiellement transférés au foetus. Les Oméga 3 sont très importants pour la croissance foetale et en particulier pour la croissance et la maturation cérébrales. La mise en place de ses fonctions cérébrales peut être altérée en cas d’apport insuffisant en Oméga 3 et une augmentation de tous les apports alimentaires en Oméga 3 pendant la grossesse est donc tout particulièrement justifiée et importante.

Peut-on parler de "capital oméga 3" ?

Les Oméga 3 sont essentiels à notre organisme et ils doivent être apportés par notre alimentation, et ce à tous les âges de la vie. Chez la femme, les réserves adipeuses en Oméga 3 jouent un rôle particulier pendant la grossesse. Elles sont en effet mobilisées pendant le dernier trimestre de la grossesse et le foetus va ainsi puiser ses Oméga 3 directement de l’alimentation maternelle mais également des réserves que sa mère aura constituées bien avant la grossesse.

Chez la femme, le métabolisme favorise la transformation des Oméga 3 alimentaires d’origine végétale en Oméga 3 disponibles pour la construction du cerveau du foetus. C’est donc à partir d’une alimentation riche et équilibrée en Oméga 3 que va progressivement se constituer chez la femme un capital Oméga 3 qui sera utilisé au cours de chaque grossesse.

Quels risques pour le foetus et pour la mère en cas de surconsommation ou de déficit en Oméga 3 ?

Une surconsommation en Oméga 3 est improbable dans le registre alimentaire. En revanche, les enquêtes alimentaires françaises montrent que notre alimentation actuelle ne couvre pas l’ensemble de nos besoins en Oméga 3 nous sommes donc bien dans une situation de sous-consommation chronique. Ce déséquilibre alimentaire peut avoir un lien avec les maladies dites de société telles que les maladies cardiovasculaires, les maladies inflammatoires ou les troubles de l’humeur.

Une sous-consommation en Oméga 3 chez la femme enceinte peut également avoir des répercussions sur le devenir de la grossesse et plus particulièrement sur sa durée et donc sur le risque de prématurés ainsi que sur le développement foetal et postnatal.

Enrichir son alimentation en Oméga 3 est donc un réel enjeu de santé publique que l’ensemble des Autorités de Santé Publique s’accorde à reconnaître en mettant en place des actions visant à promouvoir une alimentation riche en Oméga 3.

Dans le cadre d’un bon équilibre alimentaire et d’apports suffisants en Oméga 3, la nouvelle matière grasse allégée de St Hubert, St Hubert Léger riche en Oméga 3, est intéressante car elle permet d’être attentif à ses apports en lipides tout en profitant avec plaisir des bienfaits des acides gras essentiels Oméga 3, dans un contexte de déficit global de la population française en Oméga 3.

(Professeur Alexandre Lapillonne, pédiatre nutritionniste, expert au CES « Nutrition Humaine » et au groupe de travail « Acides gras polyinsaturés et santé : apports nutritionnels conseillés et allégations » à l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA), expert auprès de la Food and Agricultural Organisation (FAO) des Nations Unies et de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) - Dossier scientifique St Hubert)

SOURCE : St HUBERT

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