Goût-Nutrition-Santé 2013 : l'occasion de faire le point sur les oméga 3

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Pour sa 8ème édition en mars prochain, le congrès VITAGORA Goût-Nutrition-Santé 2013 consacre une journée entière aux acides gras, et notamment aux oméga 3 : l'occasion pour faire le point de leurs propriétés avec des scientifiques de niveau international, et de travailler en synergie avec des formulateur et des nutritionnistes pour mieux mettre en pratique leurs atouts pour la santé des consommateurs, à travers des innovations vraiment pertinentes.

Ils sont sous les feux de l'actualité scientifique, médicale et nutritionnelle. Outre la graisse de palme qui fait la « une » des supports grand public, l'essentialité des acides gras polyinsaturés et leurs rôles importants dans la santé cardio-vasculaire, cérébrale et visuelle, semblent se confirmer, avec toutefois des modulations importantes.

Voici quelques unes des pistes explorées par les scientifiques : elles seront discutées au cours du focus sur les oméga 3, l'un des thèmes majeurs du 8ème Congrès VITAGORA, lors de la première journée du 19 mars 2013 à Dijon.

Le match : DHA, DPA ou EPA ?

Les travaux sur les acides sras polyinsaturés à longue ou très longue chaîne sont passionnants.

Une étude, la Physicians' Health Study, confirme un éclairage nouveau [1] étayé par les données de plusieurs équipes, à propos de la protection cardio-vasculaire liée à la consommation régulière de certains acides gras de la série oméga 3.

Le Docteur Serge Renaud récemment disparu l'avait déjà imaginé : il existe un lien inverse et non linéaire entre le risque d'insuffisance cardiaque et les concentrations plasmatiques en acide-linolénique (ALA) et en acide docosapentaénoïque (DPA). Mais pas de lien avec l'EPA (écosapentaénoïque) ni en DHA (docosahexaénoïque).

Les sujets de l'étude ayant des niveaux sanguins élevés en acide alpha-linolénique (ALA) et ceux ayant des niveaux élevés en acide docopentaénoïque (DPA) présentent une diminution de risque d'insuffisance cardiaque de respectivement 34% et 45%, par rapport aux personnes ayant un niveau faible en ces acides gras. Mais ces relations ne sont pas linéaires, les plus forts niveaux plasmatiques en ces deux acides gras ne présentant pas les risques les plus bas.

En revanche, aucune association entre les taux sansuins en acide eicosapentaénoïque (EPA) et en acide docosahexaénoïque (DHA) et le risque d'insuffisance cardiaque n'est constatée.

Les résultats montrent que la consommation d'au moins une portion de poisson par mois était associée à une réduction de 30 % du risque d'insuffisance cardiaque. Cependant, si l'association entre la consommation de poisson et une diminution du risque est établie, l'étude ne peut démontrer un lien de causalité entre ces deux paramètres. En effet, la consommation de poisson est peut-être également bénéfique du fait de sa composition en d'autres nutriments d'une part, et en contribuant à réduire la consommation d'aliments reconnus pour leurs effets délétères sur le système cardiovasculaire d'autre part.

Ces données suggèrent que les apports alimentaires (consommer du poisson) auraient une portée différente à la prise de complémentations nutritionnelles (compléments alimentaires à base de DHA et EPA).

Ces résultats sont cohérents avec les recommandations actuelles de lAmerican Heart Association (AHA) : deux portions de poisson gras par semaine (saumon, hareng, sardines, thon germon...). Le PNNS français recommande la consommation de poisson (bleu ou blanc) deux fois par semaine.

Importante déficience en acides gras à longue chaîne chez les enfants

Afin de déterminer si la supplémentation en acides gras à longue chaine durant la grossesse a une incidence sur la préexlapsie GDM ou pour confirmer l'impact d'une supplémentation en acides gras polyinsaturés LC sur les complications périnatales, cette étude [2] a investigué ces domaines.

Les résultats montrent qu'un apport de 800 mg par jour durant la 2e moitié de la grossesse ne réduit pas le risque de prééclampsie. Une supplémentation de DHA (22:6n-3 - acide docohexaénoïque) pendant la période périnatale est probablement impactante sur le neurodéveloppement de l'enfant à venir. Deux études [3] ont analysé ce phénomène : l'apport de DHA ex utero semble avoir plus d'effets que l'enrichissement durant la grossesse sur les enfants nés avant terme. Le traitement de significativité selon le sexe et le poids de naissance montre une différence sur ces deux critères.

Le déficit périnatal de DHA dans le cerveau peut être traité préventivement pour réduire le risque de neurodéveloppement déficitaire et l'émergence subséquente de psychopathologies. Les données [4] suggèrent qu'une réduction d'apports d'acide palmitique et de l'index de saturation dans le cerveau pourraient être associés à une amélioration des performances cognitives [2].

Lorsque l'enfant est né, les apports en acides gras essentiels ont un important impact sur le développement du cerveau, la cognition et le comportement. De nombreuses études d'observation [5] ont montré un lien entre les désordres de développement durant l'enfance et les déséquilibres alimentaires en Oméga 6/Oméga 3. Par exemple, les désordres cognitifs comme le déficit d'attention ou l'hyperactivité, la dyslexie, la dyspraxie ou l'autisme sont souvent associés avec des déficiences en Oméga 3.

L'huile de krill, meilleure que celle de poisson ?

C'est un travail norvégien mené par Pedersen [6], qui sera présent à Dijon le 19 mars prochain pour le détailler.

L'huile de krill et l'huile de poisson présentent des effets comparables en acides gras polyinsaturés n-3, même si le contenu en EPA et DHA de l'huile de krill n'est que de 62,8% des taux de l'huile de poisson. Les auteurs ont cherché à comprendre pourquoi. 130 sujets avec un taux normal ou légèrement augmenté de cholestérol et/ou de triglycérides ont été divisés en deux groupes randomisés, certains recevant une capsule d'huile de krill (EPA + DHA = 543 mg/jour) les autres de l'huile de poisson (EPA + DHA = 864 mg/jour) durant 7 semaines. Un groupe témoin ne recevait rien.

Une augmentation significative de EPA et DHA du plasma a été observée chez les sujets supplémentés par rapport au contrôle, mais sans différence significative entre ceux recevant de l'huile de krill ou celle de poisson.

Aucune différence significative n'a été décelée sur les lipides sanguins ou les marqueurs du stress oxydatif ou de l'inflammation entre les deux groupes.

demain : les Oméga 3 dans la formulation alimentaire

Les travaux sont abondants et riches d'enseignements. Gageons que les débats seront animés entre les experts qui viennent pour certains de très loin pour évoquer le fruit de leurs recherches et voir comment il est possible d'améliorer le statut nutritionnel de tous.

Une table ronde (le 19 mars après-midi) sera dédiée à la délicate opération qui consiste à incorporer plus d'Oméga 3 dans certaines formulations alimentaires, sans en altérer les fonctionnalités. Un enjeu important pour les professionnels et pour les consommateurs.

Pour en savoir plus, consulter le site du 8ème Congrès VITAGORA

Références

  1. Plasma and dietary omega-3 fatty acids, fish intake, and heart failure risk in the Physicians' Health Study. Wilk JB et al., Am J Clin Nutr. 2012 Oct;96(4):882-8.
  2. Fish-oil supplémentation in presnancy does not reduce the risk of sestational diabètes or preeclampsia. Zhou SJ, Yelland L, McPhee AJ, Quinlivan J, Gibson RA, Makrides M. Am J Clin Nutr. 2012 Jun;95(6>1378-84. Epub 2012 May 2.
  3. DHA supplémentation durins the périnatal period and neurodevelopment: Do some babies benefit more than others? Makrides M. Prostaslandins Leukot Essent Fatty Acids. 2012 Jun 12.
  4. Effects of diet and behavioral enrichment on free fatty acids in the ased canine brain. Snisdha S, Astarita G, Piomelli D, Cotman CW. Neuroscience. 2012 Jan 27;202:326-33. Epub 2011 Dec 13.
  5. Sisnificance of lons-chain polyunsaturated fatty acids (PUFAs) for the development and behaviour of children. Schuchardt JP, Huss M, Stauss-Grabo M, Hahn A. EurJ Pediatr. 2010 Feb;169(2>149-64. Epub 2009 Aus 12.
  6. Metabolic effects of krill oil are essentially similar to those of fish oil but at lower dose of EPA and DHA, in healthy volunteers. Ulven SM, Kirkhus B, Lamslait A, Basu S, Elind E, Haider T, Berse K, Vik H, Pedersen Jl. Lipids. 2011 Jan;46(1):37-46. 3

SOURCE : VITAGORA

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