Générations Futures souligne les limites des résultats de l'étude EAT 2

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L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (ANSES) vient de rendre publique les résultats de la deuxième étude de l'alimentation totale, portant sur l'exposition des consommateurs aux contaminants présents sous forme de résidus dans l'alimentation (EAT 2). Générations Futures, membre du Réseau santé Environnement (RES), prend acte de cette publication mais souligne toutefois les limites de cette étude.

Cette étude, dite de l'alimentation totale (EAT 2 2006-2010), couvre plus de 250 aliments, 20 000 produits disponibles sur le marché, pour lesquels près de 361 contaminants potentiels auraient été recherchés, afin de permette d'évaluer l'exposition des consommateurs et d'en exploiter les résultats au regard des seuils réglementaires.

Une étude qui a le mérite d’exister. Nos organisations prennent note de cette publication qui tente de déterminer l’exposition à de nombreuses substances chimiques dans l’alimentation. Des inquiétudes pour certaines substances. Au regard de la réunion publique de restituions de l’étude qui a eu lieu ce jour, nous avons pu noter que dans certaines catégories de substances il y avait des dépassements de la valeur toxicologique de référence surtout pour des métaux lourds ce qui ne manque pas d’éveiller nos craintes.

Nous notons aussi que pour un certain nombre de substances (15% des substances étudiées l’ANSES) l’Agence n’écarte pas un risque toxicologique potentiel (notamment pour ce qui est du cadmium, de certaines dioxines, des PCB, de l’acrylamide ou encore du pesticide diméthoate etc.). Nous sommes en outre très étonnés de l’augmentation de la teneur en cadmium de certains aliments. Sachant que certains engrais agricoles et ou des boues d’épandage peuvent être des sources de contamination au cadmium, nous recommandons de surveiller ce points et de limiter leurs utilisations.

Des limites remarquables Au-delà des conclusions de l’ANSES, nous tenons à signaler les limites de ce travail. En effet, l’étude ne nous dit rien du risque réellement couru par le consommateur. Ainsi :

  • les valeurs d’exposition sont comparées à des valeurs toxicologiques de référence dont on voit qu’elles ne sont parfois pas protectrices des populations.
  • L’étude ne prend pas en compte l’interaction des molécules entre elles. En ce sens elle ne répond pas aux questions que Générations Futures (GF) posaient en décembre dernier sur les effets combinés des 47 substances suspectées d’être cancérigènes et 37 perturbateurs endocriniens ingérés dans une journée dans le menu analysé par GF et ses partenaires (voir : www.menustoxiques.fr)
  • L’étude ne prend pas en compte le mode d’action particulier des perturbateurs endocriniens
  • Enfin, certains contaminants et substances de synthèse ne sont pas étudiés (ex BPA, Aspartame, antibiotiques...)

« Nos organisations admettent que cette étude permet de fournir à l’ANSES la nature de nombreux mélanges chimiques ingérés par les consommateurs. Nous demandons à l’Agence de rechercher très activement tous effets de synergie entre les substances de ces mélanges et ce de manière systématique en utilisant les méthodes scientifiques les plus récentes et notamment celles de toxicogénomique » déclare François Veillerette, porte-parole de Générations Futures.

« C’est un rapport utile mais peu utilisable dans la pratique et surtout je regrette qu’il ne donne pas suffisamment de recommandations pour encadrer les pratiques des industriels de l’agro-alimentaire qui sont en partie à revoir. » déclare le Docteur Laurent Chevallier, consultant en nutrition.

Pour de plus amples informations, consulter le dossier de presse complet des « Résultats de l’étude nationale de surveillance des expositions alimentaires aux substances chimiques »(Etude de l’Alimentation Totale 2 - 2006-2010)

SOURCE : Générations Futures

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