Fumer aggrave les effets néfastes du cholestérol

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Il n'y a pas d'interaction directe entre le tabagisme et l'excès de cholestérol. Et pourtant, avec un même taux de cholestérol dans le sang, le fumeur court plus de risques cardiovasculaires que le non fumeur.

« Fumer aggrave les effets néfastes du cholestérol » - Crédit photo : www.imagier.net Le tabac est la deuxième cause la plus importante de décès dans le monde et l’excès de cholestérol sanguin est la troisième. Ces deux facteurs jouent un rôle très important dans la survenue de l’infarctus et de l’accident vasculaire cérébral. Mais tout le cholestérol n’est pas mauvais : il en existe une fraction, le HDL-cholestérol ou « bon » cholestérol, qui exerce au contraire des effets protecteurs. Par contre, le « mauvais » cholestérol, appelé LDL-cholestérol, est celui qui nous fait courir des risques pour notre coeur, notre cerveau et nos artères. La somme du « bon » et du « mauvais » cholestérol, plus d’autres formes de cholestérol encore, donne le cholestérol total, dont l’excès est nuisible aussi.

Des populations différentes

On soupçonnait déjà que le tabagisme pouvait aggraver les effets néfastes du mauvais cholestérol et du cholestérol total. C’est une chose bien connue : quand deux facteurs de risque s’additionnent, leur effet global est souvent supérieur à la somme des effets de chacun pris séparément. C’est ce qu’on appelle une synergie. En Asie, les gens ont en général des taux de cholestérol moins élevés que dans les pays occidentaux. Mais en Europe et aux Etats-Unis, certaines tranches de la population fument peu ou ne fument pas. Il y a donc moyen de faire des comparaisons entre populations pour tenter de dégager l’impact de ces deux facteurs de risque et leurs effets additionnels chez les personnes qui ont un taux élevé de cholestérol et qui fument en même temps.

Le coeur et les vaisseaux

Une équipe internationale de chercheurs a passé en revue une série de 34 études concernant comprenant au total plus de 350.000 personnes de plus de 20 ans. Leurs caractéristiques cardiovasculaires, leur taux de cholestérol des différents types (total, bon et mauvais), ainsi que leurs habitudes tabagiques ont été étudiés. En quatre ans, il y a eu parmi ces personnes 3298 cas de maladie coronaire (apparentée à l’infarctus) et 4318 cas d’accident cérébro-vasculaire. Mais chaque augmentation d’une unité de cholestérol dans le sang entraînait une augmentation plus forte du risque cardiovasculaire chez les fumeurs que chez les non-fumeurs. Et chaque unité de bon cholestérol en moins augmentait plus le risque chez les fumeurs que chez les non-fumeurs. Mais on ne trouvait pas cette différence entre fumeurs et non-fumeurs pour le risque d’accident vasculaire cérébral.

L’un ne va pas sans l’autre

Mais si le coeur est menacé par des maladies potentiellement mortelles, à quoi bon avoir un cerveau intact ? Par conséquent, le mieux est de ne pas fumer et d’avoir le moins de cholestérol total possible, avec un bon taux de bon cholestérol. Ainsi, le coeur et le cerveau seront mieux protégés tous les deux.

SOURCE : Diffu-Sciences

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