Fruits, légumes et pouvoir d'achat : solutions à un « faux problème »

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A force de niveler le prix de tout par le bas... plus particulièrement celui des denrées alimentaires, notamment des fruits et légumes, on a totalement « faussé » le coût réel des aliments de bonne qualité et favorisé bien évidemment les produits de moindre qualité nutritionnelle et organoleptique, au détriment également du développement vraiment durable !

Fruits, légumes et pouvoir d’achat : solutions à un « faux problème » Les producteurs Français doivent respecter des contraintes de plus en plus lourdes pour être en accord avec la législation française et européenne - ce qui a un impact sur le prix réel de leur production et les empêche souvent d’être concurrenciel avec des productions « moins bien contôlées », qui viennent des 4 coins du monde en dépis du bon sens et du vrai développement durable et qui, faute de suffisamment de moyens de la part de la DGCCRF arrive sur le marché français sans forcément respecter les mêmes règles...

La grande distribution, qui a pour vocation première à gagner de l’argent, ne l’oublions pas, fait tout pour s’assurer de « confortables marges » et met donc par voie de conséquences les producteurs les plus respecteux d’une certaine qualité dans l’impossibilité de suivre...

Résultat : pour le même prix en grande distribution - c’est aussi valable aussi pour la plupart des « revendeurs » de plus en plus présents sur les marchés -, on peut donc avoir un produit de très haute qualité (de plus en plus rare et pas forcément « labélisé ») ou une « cochonnerie infame », mais qui présente bien quand même, c’est le but... C’est cela que le consommateur doit surtout bien comprendre.

Le pouvoir d’achat alimentaire subit une baisse « relative » car les ménages, compte tenu des offres devenues pléthoriques dans tous les domaines de (sur)consommation, doivent maintenant faire des arbitrages entre toutes leurs dépenses, et c’est justement là que commence le véritable problème, avec le budget alimentation devenu l’un des principaux dernier tampon du pouvoir d’achat.

En effet, c’est quand même plus facile de dire qu’un légume ou un fruit, ou la baguette de pain, le lait, etc... est cher plutôt que de s’interroger sur le coût réel des multiples crédits bancaires où à la consommation, l’utilité du forfait super SMS et d’être abonné à 453 chaines de TV avec l’écran super-plat XYZ... ou encore d’aller travailler à 143 km... tout en laissant en veille l’ensemble des appareils électroménager et en continuant à avoir encore 2 voitures dans le même foyer... (c’est la fameuse théorie du bouc-émissaire).

Le problème, c’est que justement que l’alimentation n’est pas assez chère ! Elle devrait être globalement 30 % plus chère (cette part supplémentaire devant être au profit quasi exclusif des producteurs respectant des normes de qualité de type Label rouge, AOC, IGP, Bio, etc.). Manger étant une nécessité, l’arbitrage du pouvoir d’achat se ferait forcément un peu au détriment d’autres postes de consommation. Cette situation vient déjà d’apparaître avec une baisse historique des achats en grande distribution en avril, conséquence directe de la hausse du prix des carburants.

Pour favoriser plutôt la consommation d’aliments de « meilleure qualité », ceux qui sont recommandés par le PNNS, il suffit par exemple de faire un différenciel sur la TVA (un peu comme les différences de prix entre le diesel - qui était jusque là avantagé en France - et l’essence qui se sont totalement estompées récemment et qui va faire que les consommateurs vont - enfin - y réflechir à deux fois avant de choisir leur prochain véhicule diesel). La publicité alimentaire pourraît également n’être limitée qu’aux « enceintes de distribution » et / ou ne pas se faire sur le prix.

Ainsi par exemple avec une TVA à 0 ou 2.1 % comme la presse pour les aliments « bruts », 5.5 % sur ceux « peu ou pas transformés », et 19.6 % pour tous les autres - la majorité en fait -, la réorientation alimentaire se ferait rapidement dans le sens souhaité par le PNNS, et les fruits et légumes seraient certainement plus consommés, avec plaisir et « incitation indirecte » positive, tout en favorisant le « manger local » et le développement durable...

Concernant les classes défavorisées me direz-vous, il me semble qu’à travers les banques alimentaires et les différentes aides et associations, elles n’achètent de toute façon pas au prix du marché, donc ne seraient ni concernées ni touchées directement par un changement de cette nature, n’en déplaise à certain, car c’est un faux problème... Au contraire, cela favoriserait plutôt, avec ces mêmes aides et associations pour les plus défavorisés, l’apprentissage à faire mieux les courses, cuisiner différemment tout en se régalant.

Source : Alexandre Glouchkoff, Diététicien - Nutritionniste

SOURCE : Toute la diététique !

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