Fruits & légumes, c'est maintenant ou jamais !

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D'accord, d'accord, tout le monde le sait : cinq par jour. Tout le monde le sait, mais qui le fait ? Les cinq fruits et légumes que nos autorités sanitaires nous recommandent de consommer quotidiennement sont encore loin d'être la règle. Même en été ?

« Fruits & légumes, c’est maintenant ou jamais ! » - Crédit photo : © bilderbox - Fotolia.com Lorsque les enjeux de santé publique rejoignent les enjeux économiques, s’exprime généralement ce que l’on appelle une « volonté politique ». On l’aura remarqué depuis quelques années, le PNNS (Plan National Nutrition Santé) et la PAC (Politique Agricole Commune), ont conjugué leurs efforts pour nous pousser à une consommation importante et régulière de fruits et de légumes. Cette consommation est quasiment devenue une priorité nationale, une idée fixe, une obsession sanitaire.

Il y a plus grave, moins inspiré, plus malvenu et, surtout, moins agréable pour que l’on s’en plaigne. On ne s’en plaindra donc pas, sauf pour constater que les incitations raisonnables à manger sainement s’accompagnent hélas également de flambées tarifaires irraisonnées, diminuant sensiblement la portée des messages sanitaires dans la vraie vie de tous les jours...

Les racines du mal

Lorsque le cours de l’abricot ou du melon au marché du coin semble s’aligner sur celui du baril de pétrole à Rotterdam, on hésite légitimement à faire le plein. Au lieu d’avaler d’une seule traite la belle route de santé qu’on nous promet, on s’arrête en chemin, on s’accorde des étapes sur des sentiers de traverse... Bref, on s’éloigne des 400 grammes quotidiens recommandés conjointement par l’OMS et la FNSEA.

Alors que la saison estivale nous inciterait plutôt aux digressions poétiques, c’est l’implacable vérité des chiffres qui impose sa loi. Et pas seulement sur les étiquettes des maraichers. Ainsi, selon les enquêtes les plus sérieuses, il semble que la proportion d’adultes dégustant chaque jour la quantité optimale de fruits et de légumes recommandée oscille entre 40 et 45%.

C’est peu, et d’autant plus préoccupant que subsistent par ailleurs de fortes disparités au sein de la population. Des disparités socio-économiques, mais aussi d’âge puisque la consommation de fruits et de légumes atteint un maximum entre 55 et 65 ans, alors que les achats chutent vertigineusement chez toutes les générations plus récentes, nées à partir de la fin des années cinquante. Conclusion, tout semble annoncer une baisse durable de la consommation...

Et pourtant, c’est bon !

On l’a déjà tellement dit, on l’a déjà tellement entendu, vu ou lu qu’il est presque indécent de le rappeler... Tant pis, allons-y : manger des fruits et des légumes, de préférence chaque jour et pas en doses homéopathiques, est vraiment bénéfique. Pour ne pas en rester au stade de l’incantation, on avance en général trois arguments qui font l’unanimité du monde scientifique (une fois n’est pas coutume) :

  • Une contribution aux apports en micronutriments (vitamines, sels minéraux, oligo-éléments), nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme.
  • Un effet protecteur contre les grandes pathologies chroniques que sont les maladies cardiovasculaires, neurodégénératives et métaboliques (diabète) et les cancers (vive les antioxydants).
  • Un contenu énergétique faible, point essentiel dans un contexte de développement rapide du surpoids et de l’obésité.

Les fruits et les légumes sont consommables, avec les mêmes avantages, sous toutes les formes possibles, frais, appertisés, en conserve, surgelés... Les produits transformés assurent une bonne préservation des teneurs en micronutriments dont les niveaux initiaux s’avèrent même souvent supérieurs, en raison d’une récolte effectuée à plus grande maturité (et parce que les produits « frais » ont souvent subi un stockage de plusieurs jours). Mais, entre voler trois cerises dans le plat et les faire décongeler, il est vrai que le plaisir n’est pas le même. Allez, cet été, mangez-les ces fameux cinq fruits et légumes !

Fruit ou légume ?

Le fruit est l’organe comestible des plantes à fleurs, qui contient les graines et succède à la fleur. Le légume est la partie d’une plante potagère qui se consomme : le fruit, la graine, la fleur, la tige, le bulbe, la feuille, le tubercule, le germe ou la racine de la plante.

Conclusion n°1 : tous les fruits sont des légumes, mais tous les légumes ne sont pas des fruits.

Conclusion n°2 : vous allez pouvoir briller dans les dîners !

Marions-les

L’été, c’est la saison des barbecues et, comme chaque été, la terrible et angoissante même question va revenir : mes merguez, chipolatas et autres saucisses, côtelettes et brochettes sont-elles cancérigènes ? Réponse, comme chaque été, non mais.

Non, pas plus qu’en cas de fritures ou de rôtissages. Non mais, parce qu’effectivement la cuisson au barbecue donne naissance à des composés toxiques dénommés « hydrocarbures aromatiques » et, en particulier, de benzopyrène. Les hydrocarbures aromatiques sont suspectés d’être cancérigènes, mais certainement pas si vous vous régalez de barbecues pendant quelques semaines de vacances ou en week-end.

Pour joindre la précaution à l’agréable, évitez simplement de consommer les parties noircies et carbonisées des aliments et accompagnez vos grillades d’un bon plat de légumes dont les fibres élimineront la toxicité potentielle des hydrocarbures aromatiques.

Le top 5 fruité de l’été

Ils sont beaux, ils sont beaux mes fruits ! L’été, il y a les incontournables des marchés, avec leurs avantages nutritionnels respectifs. 5 ex aequo.

L’ABRICOT. Riche en provitamine A, il vous aide à prévenir le vieillissement de la peau alors même que son carotène naturel favorise votre bronzage. Riche en potassium, l’abricot combat les crampes. Il est peu calorique (mais sera cher cette année en raison des gelées tardives...)

LA FRAISE. C’est une vedette estivale et une championne de la vitamine C (100 g de fraises = 50% des apports journaliers recommandés). Rafraichissante car gorgée d’eau (90%), elle est aussi pauvre en calories... tant que vous ne la saupoudrez pas de sucre.

LA TOMATE. Elle contient une substance protectrice (lycopène) qu’elle libère dès qu’on l’accompagne d’un filet d’huile d’olive, est composée de 65% d’eau, ne délivre que 15 calories et on en trouve parfois qui ont du goût... Vous aurez en outre noté que la tomate est un fruit.

LE MELON. Comme la tomate, le melon est un fruit. Comme l’abricot, il est riche en provitamine A et en carotène : belle peau et bronzage harmonieux. Le melon permet aussi un apport en acide folique (vitamine B9), recommandé aux femmes enceintes et en potassium qui s’oppose à l’augmentation de la tension artérielle.

LE RAISIN. Si l’on prétend que le vin a des vertus cardiovasculaires... c’est d’abord parce que le raisin contient des polyphénols. Il contient aussi des flavonoïdes, antioxydant notoire. En revanche, attention aux calories : le raisin en compte 72 pour 100 g.

(BIENSÛR Santé Magazine n°9 - Juin / Juillet 2008)

SOURCE : BIENSÛR Santé

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