Formation des diététiciens : une réforme urgente...

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Dans le cadre du Programme National Nutrition Santé (PNNS), la Ministre de la Santé et des Sports, Madame Roselyne Bachelot-Narquin, a confié au Professeur Ambroise Martin, professeur des universités à la faculté de médecine de Lyon, une mission de réflexion sur la formation des professionnels de santé. Les conclusions rendues publiques en avril 2009 insistent sur l'urgence de rénover la formation des diététiciens.

« Formation des diététiciens : une réforme urgente... » - Crédit photo : www.afdn.org « Alors que la nutrition est au premier plan des préoccupations en matière de politique de santé, l’AFDN se félicite que la formation des diététiciens et l’urgence de sa réforme soient enfin mises en avant, souligne l’AFDN. En effet, qu’il s’agisse du PNNS, d’obésité, des plans cancer ou Alzheimer, pour ne citer qu’eux, le diététicien est de plus en plus reconnu comme un acteur incontournable du système de soin ».

Bientôt un diplôme d’état

Actuellement la formation initiale se fait hors du secteur de la santé par le biais des Instituts Universitaires de Technologie (IUT) de Génie Biologique ou des Lycées Techniques d’enseignement supérieur, filières dépendantes du Ministère de l’Education Nationale et du Ministère de l’Enseignement Supérieur. Les études sont sanctionnées par le brevet de technicien supérieur (BTS) en diététique et le DUT de génie biologique, option diététique.

Les candidats sont admis après examen des dossiers scolaires et/ou entretien de motivation. Ils doivent être titulaires d’un Bac scientifique (S), technique (STL) ou d’un diplôme reconnu équivalent (Examen Spécial d’Entrée en Université, ESEUB, par ex.). Cette formation peut être ensuite complétée par des Diplômes Universitaires, notamment au sein de facultés de Médecine. A l’issu de sa formation, le diététicien doit avoir acquis des connaissances qui vont de la physiologie à la technologie culinaire en passant par la psychologie, l’épidémiologie, l’éducation thérapeutique et l’éducation à la santé.

Un grand pas a été franchi en ce sens le 11 janvier 2007, avec l’adoption par le Parlement du projet de loi de ratification de l’ordonnance du 26 août 2005 sur les professions de santé. Ce texte contient un article essentiel pour la profession puisqu’il crée le diplôme d’Etat de diététicien et définit l’exercice du métier avec la mise en place de sanctions en cas d’exercice illégal, et intègre les diététiciens salariés et indépendants parmi l’ensemble des professionnels répertoriés dans le champ de la santé, par l’obligation d’enregistrement de leurs diplômes.

Une seule formation pour un seul métier

Le rapport présenté par le Professeur Ambroise Martin insiste sur l’importance de la diététique qui est un rouage essentiel dans le soin supportif des malades et les stratégies de prévention de la population générale. Pour améliorer la formation des diététiciens, ce rapport préconise de : prolonger la durée des études à 3 ans pour permettre ainsi de répondre aux standards européens, en impliquant les UFR de médecine et les écoles d’ingénieur agroalimentaire ou équivalent. ouvrir la formation vers des Master permettant de définir de nouvelles qualifications ouvrant en particulier des champs d’action plus médicalisés et/ou tournés vers l’éducation ou l’industrie.

Si l’AFDN est favorable à ces propositions, elle défend sa position : une seule formation pour un seul métier de diététicien. « De l’hôpital à l’industrie, en passant par la restauration collective, être diététicien aujourd’hui c’est un seul métier avec plusieurs champs d’exercice, explique Florence Rossi, de l’AFDN. C’est pourquoi nous, les diététiciens de l’AFDN, voulons qu’il y ait 1 seule filière de formation initiale qui mène au DE de diététicien. Les spécialisations dans une filière ou une autre (soins, agro-alimentaire, recherche, management, ...) ne doivent être envisagées qu’après le DE de diététicien, donc en niveau Master voire Doctorat ».

L’expérience montre que dans une vie professionnelle, le diététicien peut travailler en milieu hospitalier, en libéral ou dans l’industrie agro-alimentaire. Une formation de base grade licence (Diplôme d’Etat de diététicien) avec les mêmes unités d’enseignement semble donc indispensable. Par la suite, les diététiciens ont la possibilité de compléter leur parcours avec un master puis doctorat en ciblant plus un secteur qu’un autre.

L’AFDN travaille en partenariat avec les formateurs pour l’élaboration des référentiels de compétences et de formation basés sur les compétences à acquérir pour être diététicien aujourd’hui, c’est-à-dire le référent paramédical de la nutrition et des troubles qui s’y rapportent.

(Communiqué du 15 juin 2009)

SOURCE : AFDN

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