Faut-il interdire les acides gras trans ?

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On a cru longtemps que l'épidémie d'obésité épargnerait la France, pays de la gastronomie. Il n'en est rien. Depuis une vingtaine d'années, notre pays est touché de plein fouet. L'obésité progresse, et même de façon inquiétante. Problème majeur de santé publique, elle provoque le développement du diabète, de l'hypertension, des maladies cardio-vasculaires et de certains cancers. Nous mangeons trop riche, trop gras, trop sucré et trop salé, et nous ne nous dépensons pas assez.

« Faut-il interdire les acides gras trans ? » - Crédit photo : www.60millions-mag.com Selon les chiffres repris dans le rapport d’information sur la prévention de l’obésité, présenté par la députée Valérie Boyer fin septembre 2008, 53 % des habitants de l’Union européenne sont en surpoids ; pour la France, 49,3 % des adultes (16,9 % sont obèses), deux fois plus qu’il y a quinze ans. Ainsi en France, un adulte sur deux est en surpoids, soit 25 millions de personnes, et un enfant sur cinq de moins de 15 ans, soit 1,7 million.

L’épidémie s’accélère, tout particulièrement chez les enfants : 450 000 sont obèses. Ce sont les résultats de l’Étude nationale nutrition santé (ENNS), publiée en décembre 2007. En France comme partout, l’obésité constitue un marqueur des inégalités sociales. Les plus pauvres sont les plus touchés. Le prix est l’un des freins essentiels à une bonne alimentation. Pour les produits alimentaires transformés, qui représentent aujourd’hui 70 à 80 % de notre alimentation, la question se pose encore plus précisément : les produits à bas prix sont-ils moins bons sur le plan nutritionnel, voire mauvais ? Nous tentons d’apporter une réponse à chacun de nos essais.

C’est encore le cas avec notre nouveau dossier sur les viennoiseries : croissants et brioches. Aujourd’hui, les nutritionnistes ne stigmatisent plus ce genre d’aliments "plaisir’: Ils ne les interdisent plus, ils recommandent de bien les choisir et surtout de ne pas en abuser. Car c’est bien de matières grasses dont il s’agit, tant en quantité qu’en qualité. Il en existe, en effet, des bonnes et des mauvaises. Sont pointés du doigt les acides gras trans : acides gras insaturés obtenus par hydrogénation partielle d’huiles végétales. Ils sont utilisés dans l’industrie pour éviter le rancissement des produits. Leur consommation régulière, même à faibles doses, augmente le risque de maladies cardio-vasculaires et de cancer du sein.

La Commission de la santé publique du Parlement européen a préconisé, en mai 2008, l’interdiction des acides gras trans. Dans certains pays, leur présence doit être mentionnée sur l’étiquette. Ce n’est pas encore le cas en France et on peut le regretter. Les résultats de nos nouveaux essais ont de quoi surprendre : les croissants se révèlent beaucoup plus gras que les brioches. Ce sont les croissants ordinaires des boulangeries artisanales qui posent le plus de problèmes, trop chargés en acides gras trans. Ces résultats prouvent, une fois de plus, qu’il faut se méfier des idées simplistes.

Pour de plus amples informations, retrouvez chez votre marchand de journaux le dossier « Viennoiseries : sus au mauvais gras ! » dans le dernier magazine de 60 millions de Consommateurs (n°435 - février 2009) ou consulter le sur le site www.60millions-mag.com.

SOURCE : Institut National de la Consommation

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